« Je sais qu’on passe pour des buses aux yeux de tout le monde » : Un entraineur du Top 14 déjà au bout du rouleau ?
« Je sais qu’on passe pour des buses aux yeux de tout le monde » : Un entraineur du Top 14 déjà au bout du rouleau ?
Le jeudi 8 octobre 2026 à 9:56 par David Demri
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La défaite contre un Stade Toulousain profondément remanié et rajeuni a fait très mal à Castres. Battu 8-7 à Pierre-Fabre, le CO occupe la 11e place après cinq journées et compte déjà trois défaites. Xavier Sadourny ne cherche pas à minimiser les dégâts : en termes d’image, il juge la situation « catastrophique ». Le manager Castrais refuse néanmoins de tout remettre en cause et assure que son équipe dispose encore de nombreux indicateurs encourageants.
Son visage après la rencontre n’était pas passé inaperçu. Quelques minutes après la défaite contre Toulouse, Xavier Sadourny semblait particulièrement marqué.
Quelques jours plus tard, le technicien Castrais a retrouvé son humour.
Interrogé par L’équipe sur son apparence particulièrement abattue samedi soir, il a préféré en plaisanter.
« Non, ça va. Si je paraissais atteint, c’est parce que j’étais mal rasé. Ma femme m’a d’ailleurs dit que je devais me raser. Je l’ai fait, et je suis plus pétillant aujourd’hui. »
Mais derrière le sourire, le constat sportif demeure beaucoup moins réjouissant.
14 entrées dans les 22 mètres pour si peu de résultats
Xavier Sadourny a évidemment revu la rencontre.
Et son analyse n’a pas réellement évolué. Castres a eu des opportunités, mais n’est jamais parvenu à suffisamment les concrétiser.
Le manager regrette particulièrement l’inefficacité de son équipe dans les 22 mètres Toulousains.
« On y est rentré 14 fois. »
Il repense notamment aux occasions obtenues sur mêlée en première période.
« On en a trois de suite, et la dernière, tu ne la maîtrises pas et le ballon qui ressort… »
Pour autant, Sadourny refuse de considérer que tout est mauvais dans le contenu proposé par son équipe.
Plusieurs données lui permettent encore de croire à un redressement.
« On est la quatrième équipe à rentrer le plus dans les 22 mètres adverses, on a la quatrième meilleure défense, on est bien en conquête, sur les ballons portés, ce sont des signaux positifs. »
Le problème est ailleurs : Castres ne parvient pas à transformer suffisamment ces éléments encourageants en victoires.
« En termes d’image, c’est catastrophique »
Et la nature de la dernière défaite rend la situation encore plus difficile à accepter.
Toulouse s’était présenté à Pierre-Fabre avec une formation considérablement rajeunie et remaniée. Autour du stade, certains allaient même jusqu’à parler de « l’équipe C de Toulouse ».
Castres devait donc s’imposer. Il a perdu.
Xavier Sadourny sait parfaitement ce que ce résultat renvoie comme image.
« Oui, et ça ne passe pas, c’est vrai, en termes d’image, c’est catastrophique. Je sais qu’on passe pour des buses aux yeux de tout le monde, et tout le monde nous tombe dessus car Toulouse, c’était très jeune, même si la plupart avaient déjà joué en Top 14 et donc ça exacerbe tout. C’est un match qu’on aurait dû gagner. »
Le constat est d’autant plus difficile que les ambitions étaient élevées après une précédente saison terminée à la dixième place.
« On est une équipe qui doute »
Le CO n’a plus disputé les phases finales depuis la saison 2024-2025 et voulait rapidement retrouver le haut du classement.
Après cinq journées, la dynamique est pourtant mauvaise.
Sadourny ne renonce pas aux ambitions affichées avant le début de saison, mais reconnaît ouvertement le doute qui s’est installé.
« Il faut accepter cela, c’est le monde professionnel. On est toujours ambitieux. OK, on n’est pas là où on aurait aimé être, la dynamique est négative et on est une équipe qui doute. »
Une situation qui entraîne forcément de nombreuses interrogations sur le jeu Castrais.
Après la défaite à Clermont, Sadourny avait déjà élevé le ton. Il ne reprochait pas à ses joueurs leur engagement, mais plutôt leur utilisation du ballon.
« Les joueurs ne parlent pas toujours le même rugby »
C’est probablement l’un des constats les plus préoccupants formulés par le manager.
Sadourny reconnaît qu’il existe parfois un véritable décalage dans les intentions de ses joueurs.
« Oui, on a vraiment l’impression que les joueurs ne parlent pas toujours le même rugby. Soit tu baisses les bras, soit tu repars, et tu travailles. Ce qu’on fait depuis dimanche. Tout le monde est touché, et c’est normal car on en prend plein la gueule. Et personne ne se cache. »
Louis Le Brun symbolise en partie cette période compliquée.
De retour après une longue blessure, l’ouvreur n’a pas réussi son match contre Toulouse. Son manager refuse cependant de l’accabler.
Sadourny compte sur lui pour retrouver son niveau avec le reste du groupe.
« Il est dans le dur, il en a conscience, il va rebondir car il est ambitieux et sait où il veut aller. Il va prendre de la hauteur, mais il est comme les autres, il ne se voile pas la face. On va s’en sortir ensemble. Tous ensemble. »
« Ça chauffe, ça pète et ça repart »
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Xavier Sadourny affirme apprécier ce type de défi.
La pression augmente, les critiques pleuvent et Castres se retrouve déjà dans l’obligation de réagir.
Le manager espère justement voir certains caractères se révéler dans cette période difficile.
« Tout le monde nous tire dessus, dit qu’on est des buses. On est encore une fois loin de ce qu’on veut faire, on est loin d’être à 100 %. On va se retrousser les manches. Ça chauffe, ça pète et ça repart… Dans ces périodes, c’est une histoire d’hommes, des garçons se révèlent, des leaders se redressent. »
Mais Sadourny connaît aussi parfaitement les règles du métier.
Son président Pierre-Yves Revol attend des résultats et un entraîneur reste nécessairement exposé lorsque les victoires ne suivent pas.
« Je ne passe pas mes meilleures nuits »
Xavier Sadourny ne fuit d’ailleurs absolument pas cette responsabilité.
Le technicien sait que sa première mission reste de gagner des matches.
« Je suis en CDD depuis que j’ai 18 ans, mon premier boulot, c’est de remporter des rencontres. J’ai un profond respect pour ce métier d’entraîneur, il y a des hauts, et des bas. Là, on ne peut pas dire que je vis mes plus belles semaines et que je passe mes meilleures nuits. Je suis comme tous les entraîneurs, je cherche des solutions. »
Malgré les trois défaites déjà concédées et la pression née du revers face aux jeunes Toulousains, Sadourny refuse toutefois de céder à la panique.
Pour lui, cinq journées ne peuvent pas décider du destin d’une saison entière.
« On n’a joué que cinq matches. Le Top 14, c’est très long, et il faut faire preuve d’endurance mentale. »
Prochaine occasion de le démontrer pour Castres : le déplacement à Pau.


Il faut relativiser… Oui, le ST a débarqué avec 3/4 de jeunes dont certains ont joués pour le première fois en TOP14. Mais le niveau ST, même dans la formation est énorme! C’était un match à 50/50, ca5c’est joué à 1 point et Castres n’a pas eu de chance ce jour là..
Niveau enorme dans la formation arrete les espoirs de l asm les ont battu en finale et pourtant ils y etaient tous les rapetti bonard martin ,etc ..
Les espoirs ne gagnent pas tout les matchs, non… le ST non plus! Et pourtant…
« On est la quatrième équipe à rentrer le plus dans les 22 mètres adverses, on a la quatrième meilleure défense, on est bien en conquête, sur les ballons portés, ce sont des signaux positifs. »
Et ils ont joué 2 fois à 15 contre 14 …..
Mais si les stats sont bonnes alors ca n’est pas la peine de s’inquiéter ……