« Je suis un peu en colère » : Yannick Bru pointe du doigt l’attitude de ses joueurs après Gloucester

« Je suis un peu en colère » : Yannick Bru pointe du doigt l’attitude de ses joueurs après Gloucester

Le samedi 17 octobre 2026 à 0:37 par David Demri

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L’Union Bordeaux-Bègles a vu sa série de seize victoires consécutives en Champions Cup s’interrompre vendredi soir sur la pelouse de Gloucester (36-36). Un résultat qui laisse Yannick Bru partagé entre colère et satisfaction.

Si le manager girondin reconnaît la supériorité des Anglais durant la première période, il a apprécié la réaction de ses joueurs après la pause. Le technicien est également revenu sur une initiative risquée de Maxime Lamothe et sur la dernière mêlée de la rencontre, qui aurait pu offrir une pénalité décisive à Bordeaux.

Les Bordelais espéraient prolonger leur impressionnante série européenne en Angleterre. Mais face à une équipe de Gloucester particulièrement entreprenante, ils ont rapidement été confrontés à une intensité qu’ils n’ont pas su maîtriser.

Dominée dans la possession, l’occupation et les duels durant les quarante premières minutes, l’UBB a néanmoins retrouvé ses qualités après la pause pour arracher un match nul spectaculaire.

Une prestation contrastée qui n’a pas totalement satisfait Yannick Bru.

« On était dépassé dans l’engagement »

Au moment d’analyser la rencontre, le manager bordelais estime que le partage des points reflète assez justement la physionomie du match.

Mais il n’a pas caché son agacement concernant l’attitude de son équipe en première période.

Yannick Bru reconnaît dans Midi Olympique que le résultat final lui semble équitable, tout en soulignant les difficultés rencontrées par ses joueurs.

« Le sentiment est à l’équilibre. Si j’exclus la dernière mêlée, je pense qu’il y a une certaine justice sur ce match. Il y a une première période au cours de laquelle on a vraiment été dépassé : Gloucester avait toute la possession, toute l’occupation, je crois qu’on est à plus de 25 % de plaquages manqués… On était dépassé dans l’engagement. »

Un chiffre particulièrement préoccupant pour une formation qui ambitionne de conserver son titre européen. Le manager girondin estime que ses joueurs n’ont pas suffisamment répondu au défi physique imposé par leurs adversaires.

Il insiste également sur la qualité du jeu développé par Gloucester, tout en regrettant le manque de résistance de l’UBB.

« Je suis un peu en colère par rapport à ça même si c’était aussi dû à la qualité de cette équipe qui n’est pas première d’Angleterre pour rien. Les Anglais ont réussi à mettre en place leur jeu offensif, fait de vitesse, de cellules de jeu bien animées et nous n’avons pas pu rivaliser. »

Une deuxième période qui rassure Yannick Bru

Malgré ces difficultés initiales, Bordeaux a su réagir après la pause. Plus agressifs dans les duels et davantage présents sur la ligne d’avantage, les Girondins ont progressivement retrouvé leur efficacité offensive.

Une réaction qui a permis aux hommes de Yannick Bru de revenir à hauteur de Gloucester.

Le technicien a particulièrement apprécié le changement d’attitude observé durant les quarante dernières minutes.

« En revanche, notre deuxième mi-temps a été bien meilleure dans le tempérament, dans l’agressivité, dans la présence sur la ligne d’avantage. Et comme par hasard, on est revenu au score. On est toujours dans la course pour la qualification. Bien sûr, on aurait aimé une 17e victoire nette et sans bavure mais il faut féliciter Gloucester pour la qualité de son match. »

Même si la série de victoires prend fin, Bordeaux-Bègles reste donc invaincu et conserve ses ambitions dans cette campagne européenne.

« Si Louis attrape le ballon, peut-être qu’il perce sur 80 mètres »

Interrogé sur une initiative de Maxime Lamothe dans les 22 mètres bordelais, Yannick Bru a refusé de désigner son talonneur comme responsable des difficultés rencontrées.

La combinaison tentée par le joueur de l’UBB a pourtant permis à Gloucester de récupérer une possession dangereuse. Mais le manager bordelais préfère défendre la liberté d’initiative de ses joueurs.

Il rappelle que ce type de prise de risque fait partie de la philosophie offensive de son équipe.

« C’est une option qu’on a, c’est un choix qui se discute… On est plutôt une équipe qui encourage l’initiative. Si Louis attrape le ballon, peut-être qu’il perce sur 80 mètres… Je n’ai pas pour habitude de blâmer ce genre de choix. »

Pour Yannick Bru, une erreur technique ou une initiative manquée reste acceptable lorsque l’engagement collectif est au rendez-vous.

En revanche, il se montre beaucoup moins indulgent lorsque l’attitude ne correspond pas aux exigences du plus haut niveau européen.

« Les équipes qui reçoivent l’UBB aujourd’hui veulent son scalp »

Le manager bordelais a profité de cette analyse pour adresser un message clair à son groupe.

Désormais installée parmi les références européennes, l’UBB est particulièrement attendue par ses adversaires. Chaque déplacement représente un défi supplémentaire pour une formation que toutes les équipes souhaitent faire tomber.

Yannick Bru insiste sur la nécessité de répondre à cette nouvelle réalité avec davantage d’engagement.

« Ce qui me dérange, c’est plus quand les efforts et l’attitude ne sont pas là. En première mi-temps, on était en dessous des standards de la Champions Cup en termes d’engagement. Il faut avoir à l’esprit que les équipes qui reçoivent l’UBB aujourd’hui veulent son scalp. »

Un avertissement destiné à rappeler que le statut de Bordeaux ne suffira pas pour continuer à obtenir des résultats sur la scène européenne.

La dernière mêlée fait réagir Yannick Bru

La rencontre aurait également pu basculer dans les derniers instants.

Sur une ultime mêlée, les Bordelais espéraient obtenir une pénalité qui leur aurait donné l’occasion d’arracher la victoire. Mais l’arbitre a laissé le jeu se poursuivre, au grand regret de plusieurs joueurs girondins.

Interrogé sur cette décision, Yannick Bru a choisi une réponse mesurée, sans masquer totalement son incompréhension.

Le manager bordelais évoque l’expérience de l’arbitre, tout en reconnaissant la déception de ses joueurs.

« Disons que l’arbitre a fait preuve de toute son expérience en ne prenant pas de décision sur cette dernière mêlée. Je peux comprendre son envie de manager ce match mais je peux comprendre aussi que nos joueurs soient déçus de ne pas avoir été récompensés par une pénalité sur cette dernière mêlée. »

Malgré cet épisode, le technicien refuse de réduire la rencontre à une seule décision arbitrale.

Il estime finalement que les deux équipes méritaient de repartir avec un résultat similaire.

« A l’arrivée, le résultat est équilibré si on prend en compte toutes les forces en présence. »

Pour Bordeaux-Bègles, ce premier rendez-vous européen laisse donc un double enseignement : une capacité de réaction rassurante après la pause, mais également la nécessité de retrouver immédiatement les standards d’engagement qui ont fait sa force ces dernières saisons.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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