« Je trouvais miraculeux qu’on soit encore en Top 14 » : la révélation forte de Piqueronies
« Je trouvais miraculeux qu’on soit encore en Top 14 » : la révélation forte de Piqueronies
Le samedi 13 juin 2026 à 21:52 par David Demri
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Pendant des années, la Section Paloise a regardé les phases finales du Top 14 de loin. Malgré quelques promesses et beaucoup d’espoirs, le club béarnais n’était jamais parvenu à franchir le cap. Jusqu’à aujourd’hui.
Ce samedi, Pau retrouve enfin les barrages du championnat. Une réussite qui porte largement la signature de Sébastien Piqueronies, arrivé en 2021 avec une mission claire : transformer durablement le club.
Le manager béarnais n’a d’ailleurs jamais oublié dans quel état il avait trouvé la Section lors de son arrivée.
Il s’est confié dans Sud-Ouest :
« Fin d’année 2021, souvenez-vous, je ne sais pas comment on s’en sort. On aurait très bien pu jouer l’access match face à Bayonne. »
Le constat dressé à l’époque était particulièrement sévère.
« Le premier audit ? Je trouvais miraculeux qu’on soit encore en Top 14. La matière humaine, au niveau de la gouvernance, du staff ou de joueurs était là. Sinon, il n’y avait que des axes d’amélioration : infrastructures, méthodologie d’entraînement, cohérence de la politique sportive, recrutement ciblé… »
Piqueronies a tout changé à Pau
Très vite, le technicien a imposé sa vision et insufflé une nouvelle dynamique à tous les niveaux du club.
L’entraîneur des avants Thomas Domingo mesure le chemin parcouru.
« On l’a tous vu : depuis que Sébastien est arrivé dans l’environnement du club, les choses ont changé. »
Une identité béarnaise devenue une force
Au fil des saisons, la Section Paloise a renforcé ses liens avec son territoire.
Pour Sébastien Piqueronies, cette proximité avec les supporters n’est pas le fruit du hasard.
« On est allés dans les Pyrénées, on met en valeur le drapeau en tribune, il y a cette arrivée à la béarnaise… Le club a semé les graines depuis un paquet d’années pour provoquer cette ferveur, cette fierté, ce sentiment d’appartenance. »
Parallèlement, le club a également poursuivi sa croissance économique.
Le budget est passé d’un peu plus de 17 millions d’euros lors du retour en Top 14 à plus de 30 millions aujourd’hui.
Une évolution qui permet notamment de financer le futur centre de performance.
« Mais aussi de supporter les 11 millions d’euros d’emprunts sans rien demander aux collectivités. »
Le manager n’oublie pas non plus le rôle essentiel des partenaires.
« Il faut aussi féliciter la gouvernance, qui a su prolonger l’engagement de TotalEnergies jusqu’en 2032. »
« On ne se prend pas pour d’autres »
Malgré cette progression impressionnante, Sébastien Piqueronies garde les pieds sur terre.
« Mais je reste lucide. Au meilleur de notre forme, on ne sera toujours que le 10e budget du championnat. On ne se prend pas pour d’autres, on sait qu’il faudra surperformer pour être avec Toulouse à la fin. Après, ce n’est pas grave d’être moins riche que l’autre, de ne pas avoir Antoine Dupont. On est fiers d’optimiser avec ce qu’on a. »
Une philosophie qui s’appuie aussi sur les années plus difficiles traversées par le club.
Thomas Domingo en témoigne.
« On s’est aussi construits là-dessus, dans cette adversité, ces moments compliqués. On travaillait moins en équipes, avec moins de structures, aussi. Même s’il y avait des joueurs de qualité. »
L’héritage des All Blacks continue de marquer Pau
Bien avant l’arrivée de Piqueronies, la Section Paloise avait déjà marqué les esprits avec le recrutement de stars néo-zélandaises comme Conrad Smith, Colin Slade ou Ben Smith.
Une période qui a profondément marqué le club.
« Les gens sont venus au stade pour voir ces joueurs. », rappelle Thibault Daubagna.
Puis il poursuit :
« La Section a aussi développé son image et son prestige là-dessus. Sous Simon Mannix, j’ai eu la chance de jouer avec ces tops joueurs mondiaux. Cela nous a beaucoup fait grandir, et ça nous a forgés aussi. »
Un héritage que reconnaît pleinement Sébastien Piqueronies.
« Cela a conféré à la Section sa légitimité en Top 14. Arriver à remonter sans faire le yo-yo (2015) était déjà une performance. Derrière, l’héritage All Black a aussi eu une influence forte qui a contribué à l’éclosion de cette matière humaine trouvée lorsque j’ai débarqué. »
Et pour résumer ce qui l’a frappé à son arrivée à Pau, le manager conclut avec une formule forte.
« Il y avait plein de choses moins bien que chez les autres, mais ici, il y avait aussi des gens mieux qu’ailleurs. »
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