Jean Pierre Elissade et les étrangers ( Source Rugby Connection )

Jean Pierre Elissade et les étrangers ( Source Rugby Connection )

19 mars 2010 - 14:50

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DIVERS_ELISSALDE_301008On pourrait reprocher à Toulon et au Racing-Métro de faire jouer beaucoup d’étrangers. C’est vrai qu’ils en alignent beaucoup chaque week-end : 11 sur 15 titulaires en moyenne pour le RCT sur les 22 journées de Top 14 déjà jouées, c’est considérable ; 9 pour le Racing, ça se rapproche d’autres équipes qui en utilisent aussi (voir plus bas). Mais peut-on leur jeter la pierre pour autant ? Je ne le crois pas, même si cela peut paraître étonnant pour quelqu’un comme moi, assez conservateur en la matière. Ils le font car ils n’ont pas d’autre choix… pour satisfaire leurs ambitions : s’installer rapidement, c’est-à-dire atteindre une des six premières places dès leurs premières saisons dans l’élite. Pourquoi n’ont-ils pas d’autres choix ?
D’abord, les bons joueurs français, jeunes ou moins jeunes, qui ambitionnent de jouer au niveau international refusent de prendre le risque d’évoluer dans un club a priori moins exposé que les grandes écuries. Les exemples du Toulonnais Yoann Maestri et du Montpelliérain Louis Picamoles sont éloquents. Ces deux jeunes joueurs ont préféré, comme bien d’autres avant eux, l’antériorité, l’attraction et l’exposition toulousaine à l’incertitude d’une équipe et d’un club en reconstruction, même si leur épanouissement immédiat n’était pas assuré pour autant. Ces jeunes français sont des pièces très recherchées. A l’opposé, Lionel Nallet et Sébastien Chabal s’engageant au Racing sont deux contre-exemples : d’une certaine manière, leur carrière était déjà faite, ils n’étaient déjà plus en recherche de « lumière ».
Cela veut donc dire que, pour ne pas recourir à l’apport de joueurs étrangers, les clubs nouveaux arrivants en Top 14 et ambitieux devraient prendre le risque d’engager des jeunes pas encore mûrs donc à former ou des joueurs français un peu moins performants avec l’objectif de construire un groupe et une identité sportive tout en soutenant la pression du Top 14… Depuis le début des années 2000, seuls Montpellier, Bayonne, Brive et Montauban (tous montés dans une première division à 16 clubs) y sont parvenus, mais sans jamais vraiment décoller (une sixième place pour Brive en 2009). Et encore, Montpellier, Bayonne et surtout Brive se sont appuyés et s’appuient encore sur de nombreux étrangers.
Les autres promus récents Auch, Albi, Mont-de-Marsan, Dax (repêché administrativement après sa première saison) et Toulon une première fois en 2005-2006, du fait de leurs moyens financiers, n’ont pas recruté massivement, à l’étranger ou en France d’ailleurs, et sont tous montés pour redescendre quasi aussi sec ; deux saisons ayant été leur durée de vie maximum en élite, certains ayant fait plusieurs fois l’ascenseur avec la Pro D2.
Ce choix de faire appel à des talents étrangers semble donc bien un passage obligé. Il faut espérer qu’il soit une première étape avant un retour à une « certaine préférence nationale », grâce à une meilleure exposition sportive et médiatique (phases finales de Top 14, participation à la Coupe d’Europe), donc à une meilleure attractivité. Si tel est le cas, on risque alors de les qualifier de pilleurs… N’oublions pas qu’ils ont, un jour, été pillés. A Toulon, la liste non exhaustive des joueurs ayant quitté le club depuis le début du professionnalisme est longue : Delaigue, Dominici, Comba, De Rougemont, Loppy, Orsoni, Emmanuelli, Mignoni, Hueber, Collazo, Le Corvec, Gérard et plus récemment Dridi, Maestri ou Andreu. Au Racing, je citerai Audebert, Macurdy, Thion, Lombard, Jéchoux, Le Roux.
Que faudrait-il faire pour que le recours aux étrangers ne soit pas systématique parce que seule voie possible, je le répète, à constituer un effectif suffisamment solide pour prétendre rapidement aux premières places du Top 14 ? On en revient toujours au même combat pour la diminution du nombre de clubs dans l’élite. Moins d’équipes, plus de Français pour les constituer. Moins de clubs, moins de descentes en division inférieure, donc moins de pression et plus de temps pour construire. C’est un vœu pieux, je sais. Mais imaginons que Bayonne ou Montpellier descendent, je ne leur souhaite pas évidemment, voyez le nombre de joueurs de qualité qui se retrouveraient sur le marché.

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  2. julien 19 mars 2010 at 16h

    Bravo Mr Elissade !!! certains feraient mieux d'en prendre de la graine !!!

  3. Magik 19 mars 2010 at 16h

    Et ben, tout arrive … Cette analyse me parait plus juste que les positions rigides de ceux qui dénoncent la présence massive des étrangers sans reconnaitre les défauts de notre Top14.

    S'il faut changer quelque chose, c'est réduire à 12 clubs avec une seule relégation.

  4. Fab 19 mars 2010 at 17h

    Superbe analyse qui reflète bien la réalité ! Merci monsieur. Pour une fois que l'on comprends ce que notre président fait !

  5. Tourdre 19 mars 2010 at 17h

    Voilà un analyse qu'elle est bonne (lol)

    Les clubs de renoms se sont servis à bras raccourcis dans les clubs en difficultés ou moins fortunés. Combien de joueurs sont issus de leur propre formation à : Toulouse, Montferrand, Paris, Biarritz .. ??????

    Je dois vous dire un grand merci M. Elissade de cette analyse; Pas souvent en accord avec vos idées pourtant; Je vous écouterai d'une oreille plus attentive désormais.

  6. julien 19 mars 2010 at 18h

    les "grands" clubs (ou gros) critiquent le fait que les clubs plus petits n'ont pas de joueurs francais. Ils n'ont cas pas les recruter !!! Maestri et Picamoles a toulouse, Para a clermont, et j'en passe. Ils critiquent un fait dont ils sont issus !!!! Bravo!!!

  7. guy 19 mars 2010 at 19h

    Analyse trés pertinente, et trés juste, bravo.

  8. Nesly 19 mars 2010 at 19h

    Effectivement voilà une bonne analyse, les "petits" sont obligés de recruter à l'étranger car les valeurs sures (françaises) du rugby ne prennent pas le risque de jouer chez eux.

    C'est le cas de Toulon.

    Par contre, devenant un club réputé……le R.C.T. fait comme les autres et commence à récupérer les bons joueurs français.

    Conclusion : le sport professionnel (avec l'argent comme nerf de la guerre) engendrera toujours ce phénomène…..si tu peux payer tu achètes et tu survis sinon, tu végètes avant de plonger! ! !

  9. cesar,lorenzo,paolo 20 mars 2010 at 15h

    m elissalde est il en train de retournee sa veste en debut de saison il critquer beaucoup notre rct et notre president dans les specialiste en voyant que cela reussi pour toulon avec ses etranger il change son analyse

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