Image par défaut

« J’étouffais à Paris » : les révélations poignantes de Johan Goosen sur son incroyable désertion du Racing

« J’étouffais à Paris » : les révélations poignantes de Johan Goosen sur son incroyable désertion du Racing

Le dimanche 26 avril 2026 à 17:03 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT

Publicité

C’est l’une des trajectoires les plus rocambolesques et mystérieuses de l’histoire récente du rugby professionnel. En 2016, alors qu’il est au sommet de son art avec le Racing 92, Johan Goosen décide de tout plaquer.

Entre mal-être parisien, procédures judiciaires et retour inattendu à Montpellier, Midi Olympique fait le récit d’un exil qui a fait beaucoup parler.

« J’avais l’impression d’étouffer »

Élu meilleur joueur du Top 14 lors de la saison 2015-2016 après le sacre du Racing, Johan Goosen semblait pourtant parfaitement intégré. Mais derrière les performances sportives, le Sud-Africain vivait un calvaire personnel, incapable de s’adapter à la vie urbaine de la région parisienne.

Il s’est confié : 

« Pour être clair, je ne me sentais pas bien à Paris. Je suis sud-africain, j’ai besoin d’espace et, en banlieue parisienne, les immeubles sont si proches les uns des autres que j’avais l’impression d’étouffer. J’avais la sensation désagréable de vivre dans une boîte. Le pire, c’est que mon fils était aussi très malheureux. Lui qui avait goûté à la ferme de Bloemfontein et aux grands espaces ne se faisait pas à cette vie. Il pleurait tout le temps. Et nous, on ne dormait plus », a-t-il confié plus tard.

Le divorce brutal avec Jacky Lorenzetti

Après une tournée d’automne avec les Springboks en 2016, Goosen ne remet jamais les pieds au Plessis-Robinson. Une désertion inacceptable pour le président Jacky Lorenzetti, d’autant que le joueur venait de prolonger son contrat jusqu’en 2020 pour un salaire annuel estimé à 400 000 €.

Le président du Racing 92 lance alors une offensive judiciaire totale, réclamant 5 millions d’euros : « Il y a trois procédures en cours : une au civil, une au pénal et une aux prud’hommes. Les gens qui ont conduit à cette situation sont des irresponsables. »

De star du rugby à ouvrier agricole

Pendant que les avocats s’activent, Johan Goosen change radicalement de quotidien. Il abandonne son salaire de star pour devenir vendeur de selles et transporteur de chevaux dans sa région natale, pour environ 4 000 € par mois.

« J’ai directement rejoint Murraysburg, où l’on m’avait offert un contrat chez Newline Saddle. Et puis, j’ai commencé à travailler. J’ai réellement travaillé. Tous les fermiers de ma région peuvent en attester. Quatre jours par semaine, j’étais sur les routes, de Bloemfontein à Kimberley en passant par Murraysburg. Je transportais des chevaux, vendais des selles. J’avais la vie d’un ouvrier lambda », explique celui qui s’est maintenu en forme en chassant et en jouant au squash durant ses seize mois loin des pelouses.

Il rajoute : 

« On vivait tous les trois difficilement sur mon seul salaire. Heureusement, j’avais la ferme de mes parents. J’y travaillais tous les week-ends. Et mon père m’aidait aussi un peu. »

Concernant son aventure avec le Racing 92, il fait une mise au point : 

« Encore une fois, je n’ai rien contre ce club et cette équipe. Je pense même y avoir beaucoup progressé puisque j’ai été élu meilleur joueur du Top 14. J’aimais travailler avec Laurent Labit. Il m’écoutait, me guidait, me grondait aussi, parfois. Bon… Les dirigeants du Racing ont proposé une somme (400 000 € la saison, N.D.L.R.), j’ai pensé que le deal était très correct et j’ai signé. Voilà… Peut-être ai-je fait une erreur à ce moment-là de ma vie. Parce que j’étais très malheureux hors des terrains. Je n’aurais pu rester cinq années de plus. »

Le retour en France par la porte montpelliéraine

Le dénouement de l’affaire intervient en 2018. Mohed Altrad, président de Montpellier, réussit à rapatrier le prodige sud-africain en payant une indemnité de 1,4 million d’euros au Racing 92 pour clore le litige.

Goosen portera les couleurs du MHR pendant trois saisons. Un passage marqué par des éclairs de génie et conclu en apothéose le 21 mai 2021 : un titre en Challenge Cup face à Leicester, assorti d’un essai lors de sa toute dernière apparition sous le maillot des Cistes.

Une fin de chapitre française bien plus apaisée que la première.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. loule 26 avril 2026 at 18h- Répondre

    La vie parisienne, quand on vient des grands espaces sudaf, je le comprends 1000 fois.

    • Thebeast 26 avril 2026 at 18h- Répondre

      Enzo Hervé valide ….

      2
      1