Joan Caudullo fait son mea culpa sur un joueur : « Je l’ai enterré, j’avais fait le trou, mais il est resté là »
Joan Caudullo fait son mea culpa sur un joueur : « Je l’ai enterré, j’avais fait le trou, mais il est resté là »
Le lundi 22 juin 2026 à 17:06 par David Demri
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La démonstration du Stade Toulousain contre le Racing 92 a marqué les esprits. Pas ceux de Joan Caudullo.
À six jours de la finale du Top 14, le manager montpelliérain refuse de modifier son approche. Malgré l’ampleur du défi qui attend le MHR au Stade de France, le technicien veut maintenir le même cap que depuis plusieurs mois.
Une philosophie simple : rester fidèle à ce qui a permis à Montpellier d’enchaîner 23 victoires lors de ses 26 derniers matches.
Une semaine la plus normale possible
Au lendemain de la qualification obtenue face au Stade Français, la priorité est claire du côté montpelliérain : récupérer.
Joan Caudullo ne veut surtout pas transformer cette semaine en événement exceptionnel.
« On va essayer de faire une semaine normale, en travaillant ce qu’on a l’habitude de faire, ce qui nous a permis d’être second au classement. Je pense qu’il faut avoir de la fraîcheur parce qu’on a un jour de moins de récupération par rapport à Toulouse. »
Le manager reconnaît d’ailleurs que la fatigue est présente.
« C’est important de se régénérer parce que nous, même le staff, on se sent un petit peu fatigué. »
L’idée sera donc de limiter la charge physique.
« On va parler beaucoup de la stratégie. Mais physiquement, je vais les laisser tranquilles pour qu’ils soient aptes à faire un match de rugby samedi. »
« Si on regarde Toulouse, on est morts »
Pour Caudullo, le principal danger serait de focaliser toute son attention sur l’adversaire.
Le manager estime que le Racing 92 est tombé dans ce piège vendredi soir.
« Si on commence à regarder Toulouse, on va faire comme a fait le Racing. »
Le technicien préfère regarder ce que son équipe réalise depuis plusieurs mois.
« Nous, c’est l’erreur à ne pas faire, c’est vraiment se concentrer sur nous-mêmes, et arriver à faire ce qu’on fait de bien depuis le mois de décembre maintenant. »
Toulouse ne lui fait pas peur
Contrairement à de nombreux observateurs, Joan Caudullo n’a pas été surpris par la démonstration toulousaine.
Pour lui, le Stade Toulousain n’a rien montré de nouveau.
« Moi, elle ne me fait pas peur parce que je le savais. »
Avant d’ajouter :
« Les grands joueurs, ils sont là dans les grands moments. Les grands joueurs qui ont été là contre le Racing, ça s’est vu. »
Le manager montpelliérain sait parfaitement ce qui attend son équipe.
« On sait que ça va être compliqué. Parce que c’est une finale Top 14 et ils seront là. »
La vraie force du Stade Toulousain
Selon Caudullo, beaucoup d’observateurs se trompent lorsqu’ils analysent Toulouse.
Le danger principal ne vient pas forcément du jeu de mouvement.
« J’entends beaucoup de choses sur le fait que Toulouse déplace le ballon. Toulouse va mettre du jeu de mouvement, qu’ils vont nous faire péter. »
Pour lui, la réalité est ailleurs.
« Toulouse, avant tout, en phase finale, c’est une équipe qui domine l’adversaire physiquement et surtout devant. »
C’est donc là que se situera la clé de la finale.
« On a un gros combat à mener là-dessus pour ne serait-ce que rester dans le match jusqu’à la 80e. »
Le plan anti-Dupont ?
Interrogé sur Antoine Dupont, étincelant face au Racing, Joan Caudullo se montre lucide.
Pas question de bâtir toute une stratégie autour du demi de mêlée toulousain.
« Je trouve que les joueurs jouent bien avec lui, donc obligatoirement, un plan anti-Dupont, ça va laisser de la place aux autres. »
Pour autant, le manager du MHR ne minimise pas l’importance du capitaine des Bleus.
« C’est toujours un grand joueur, c’est toujours le meilleur de notre championnat, voire plus. »
« On va faire la guerre »
Même si peu de monde voit Montpellier l’emporter samedi prochain, le discours du manager est clair.
Les Héraultais n’ont aucune intention de se présenter en victimes.
« Oui, bien sûr. Après, bien sûr que ce match fait peur et que je n’ai pas envie qu’on finisse comme le Racing, comme Bordeaux. »
Puis vient cette phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit du MHR avant cette finale.
« Maintenant, on va se préparer à faire la guerre. On verra si ça marche ou pas. Mais en tout cas, on est déterminés à ça et on a envie d’y arriver. »
Miotti, symbole de la renaissance montpelliéraine
Au moment d’évoquer la progression de son équipe, Joan Caudullo a également rendu un vibrant hommage à Domingo Miotti.
Le manager reconnaît volontiers s’être trompé sur l’ouvreur argentin.
Une confession rare à ce niveau.
« Je ne pensais pas que ce joueur-là allait réaliser une saison comme ça, et j’avais zéro confiance en lui l’année dernière, pour être très clair. »
Mais le joueur a fini par le convaincre.
« Je l’ai enterré, j’avais fait le trou, mais il est resté là, et aujourd’hui c’est notre meilleur 10, c’est un de nos meilleurs joueurs. »
Une trajectoire qui ressemble finalement beaucoup à celle du MHR.
Peu attendu il y a encore quelques mois, Montpellier s’apprête désormais à défier le grand favori du championnat pour tenter de décrocher un nouveau Bouclier de Brennus.
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