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Jonny Wilkinson sur la santé mentale : « Mon expérience à Toulon m’a beaucoup aidé »

Jonny Wilkinson sur la santé mentale : « Mon expérience à Toulon m’a beaucoup aidé »

Le mercredi 25 mars 2026 à 17:24 par David Demri

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Pour célébrer plus de deux décennies de partenariat autour de l’opération « Terrains Favorables », la Ligue Nationale de Rugby et Société Générale ont réuni un plateau de légendes : Thierry Dusautoir, François Trinh-Duc, Marjorie Mayans et l’icône absolue, Jonny Wilkinson.

Entre deux ateliers avec des jeunes licenciés émerveillés, « Wilko » (46 ans et 91 sélections) s’est confié avec une sincérité rare auprès de Midi Olympique.

Loin de l’image du buteur robotique, l’Anglais livre un regard profond sur sa reconstruction, la santé mentale et l’actuelle hiérarchie des ouvreurs du XV de France.

Le combat invisible : la santé mentale comme moteur de performance

Retiré des terrains depuis 2014, Wilkinson n’a jamais vraiment quitté le rugby. S’il intervient auprès des numéros 10 du XV de la Rose, c’est son engagement pour la santé mentale qui occupe désormais une place centrale dans son existence. Pour lui, la performance pure ne peut être dissociée d’un équilibre intérieur qu’il a mis des années à trouver.

Le champion du monde 2003 décrit sa transition professionnelle actuelle comme une continuité de sa carrière de joueur, désormais orientée vers le coaching et le bien-être psychologique. Extrait :

« Je me vois toujours comme un joueur mais je porte un maillot différent, voilà tout. Je m’occupe des ouvreurs du XV de la Rose, je fais un peu de médias et en parallèle, je suis très impliqué dans le domaine de la santé mentale. »

Revenant sur les périodes sombres de son parcours, il explique comment ses propres crises personnelles lui permettent aujourd’hui d’aider les athlètes à mieux gérer le stress et l’obsession de la perfection. Extrait :

« Cela existait mais c’était assez déconnecté de la performance. Moi, je joins aujourd’hui les deux aspects. Les crises mentales que j’ai traversées dans ma carrière m’ont en effet permis de me connecter ensuite à moi-même, de vivre mon sport de façon plus authentique, plus libérée. Quand on est trop impacté par le stress et l’obsession du contrôle, on se perd. Il faut donc apprendre à travailler avec soi-même, et faire de sa personnalité le meilleur des coéquipiers. »

La libération toulonnaise et l’instinct de survie

Si l’Angleterre l’a fait roi, c’est sur la Rade, sous le soleil du Var, que Jonny Wilkinson dit avoir enfin trouvé la paix. Il évoque ce basculement psychologique opéré lors de son passage au RC Toulon (2009-2014), un moment charnière où il a choisi de lâcher prise pour retrouver le plaisir simple du jeu.

L’ancien demi d’ouverture reconnaît que son expérience dans le sud de la France a été le déclencheur d’une profonde transformation intérieure, bien au-delà du simple cadre de vie. Extrait :

« En ce sens, mon expérience à Toulon (2009-2014), m’a beaucoup aidé. Avant ça, j’allais dans une direction difficile. […] Dans le Var, il n’y avait pas que le soleil, le ciel bleu et la mer. Il y a surtout eu une prise de décision, en moi. J’ai décidé de ne plus vouloir tout contrôler. J’ai pris de la distance avec mon sport et j’ai aussitôt joué plus libéré. »

Wilkinson se remémore avec une honnêteté désarmante l’état de détresse psychologique dans lequel il se trouvait après 2003, au point d’espérer secrètement des malheurs pour ses adversaires afin d’échapper à la pression. Extrait :

« Avant de quitter Newcastle, soit juste après la Coupe du monde 2003, j’étais un peu perdu. Dans le vestiaire, avant les matchs, je souhaitais que le bus de l’équipe adverse tombe en panne ou que leur meilleur joueur déclare forfait. Je voulais simplement survivre, en fait. Je ne voulais plus être challenged. Or, ce qui fait avancer un joueur, c’est la mise en danger, l’exploration de ses limites. C’est là qu’on découvre plus de nous-même. En ce sens, le dernier Crunch a été génial parce que le XV de France a challengé l’Angleterre et celle-ci a hissé son niveau pour répondre. Ce Crunch, c’était le match des dieux. »

À 46 ans, Jonny Wilkinson semble avoir achevé sa mue. L’homme qui craignait la confrontation est devenu celui qui prône l’exploration de ses propres limites. S’il reste une voix écoutée pour sa technique de buteur, c’est désormais son plaidoyer pour une « performance libérée » qui résonne le plus fort dans le paysage du rugby mondial.


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