Sous mandat d’arrêt international, Rocky Elsom sort du silence et accuse

Sous mandat d’arrêt international, Rocky Elsom sort du silence et accuse

Le mercredi 23 septembre 2026 à 22:37 par David Demri

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Sous le coup d’un mandat d’arrêt international et condamné en mars 2025 à deux ans de prison ferme dans l’affaire liée à son passage à la présidence de Narbonne, Rocky Elsom contre-attaque. L’ancien capitaine des Wallabies clame toujours son innocence et affirme désormais que certains auraient cherché à l’écarter durablement du monde du rugby.

L’ancien troisième-ligne australien de 41 ans et 75 sélections s’est longuement exprimé auprès de la radio australienne 2GB. Reconnu coupable d’abus de biens sociaux par le tribunal de Narbonne, avec une relaxe partielle concernant les faits de faux et usage de faux, il avait également été condamné à 100 000 euros d’amende, dont 50 000 avec sursis, ainsi qu’à verser 240 000 euros au liquidateur judiciaire du club.

« Ce procès est en grande partie illégal »

Rocky Elsom conteste d’abord les conditions dans lesquelles il a été jugé. Il soutient n’avoir jamais reçu de convocation lui permettant de se présenter et de se défendre devant la justice française.

L’Australien remet directement en cause la procédure dans des propos relayés par Rugby Pass :

« Bien qu’il soit possible en France de mener des procès en l’absence de l’accusé, le fait de le faire sans défense est contraire aux droits de l’homme au sein de l’Union européenne. »

Il affirme notamment n’avoir toujours reçu aucune information du parquet :

« Ce procès est en grande partie illégal, car on ne peut pas omettre d’informer l’accusé de la tenue du procès ; et deux ans plus tard – je l’ai dit dès le début, mais c’était difficile à croire -, deux ans plus tard, toujours pas un mot de la part du procureur. »

Ces affirmations constituent la version défendue par Rocky Elsom. La justice française l’a, elle, reconnu coupable d’abus de biens sociaux.

Elsom conteste les accusations financières

L’ancien international australien s’attaque également au fond du dossier et minimise fortement les préjudices qui lui sont reprochés.

Rocky Elsom conteste la portée des faits retenus contre lui :

« Ensuite, il y a les chefs d’accusation. Au pire, ceux-ci représentent potentiellement des centaines de dollars, voire des centaines d’euros, de préjudice, ce qui est ridicule. Ils sont désormais revenus sur la quasi-totalité de ces chefs d’accusation, mais il reste celui de détournement de fonds ; or, pour prouver ce détournement, ils doivent affirmer que le club se trouvait dans une situation financière précaire et qu’il n’a pas pu s’en remettre. Deux ans plus tard, c’est une affirmation ridicule. »

Cette présentation est contestée par la procédure judiciaire française : Elsom a été mis en cause pour des sommes sans commune mesure avec les quelques centaines d’euros qu’il évoque.

« Pourquoi y a-t-il toujours une accusation ? »

Pour défendre son innocence, l’ancien président du Racing Club Narbonnais avance désormais les données financières du club au moment de son départ.

Selon lui, ces documents auraient été déposés par ses successeurs et montreraient que Narbonne se trouvait dans une situation bien meilleure qu’à son arrivée.

Elsom affirme que les chiffres démontrent selon lui l’absence de fondement des accusations :

« Les rapports financiers datant de la période où j’ai quitté le club – qui n’ont pas été déposés par moi, mais par mes successeurs après mon départ – montrent que le club se trouvait dans la meilleure situation financière de son histoire, avec un solde positif supérieur d’au moins trois millions d’euros à celui que j’avais trouvé à ma prise de fonction. Or, ces chiffres sont incontestables ; alors pourquoi y a-t-il toujours une accusation ? »

« Je n’avais aucun moyen de me défendre »

Au-delà des conséquences judiciaires, Rocky Elsom estime que cette affaire a profondément dégradé son image depuis une décennie, notamment en Australie et dans le rugby français.

L’ancien Wallaby assure avoir longtemps été incapable de répondre publiquement :

« Depuis 10 ans, cette rumeur circulait, celle d’une enquête policière et d’un détournement de fonds, et je n’avais aucun moyen de me défendre. Mais maintenant, j’en ai un. »

Il veut désormais obtenir la clôture définitive de l’affaire :

« Ça durait depuis longtemps, surtout dans le milieu du rugby, et pas seulement chez les Français. Les Australiens le disaient aussi, affirmant que toutes ces choses s’étaient produites. Il est désormais clair qu’il n’existe aucune preuve pour étayer ça, mais ce que je dois faire maintenant, c’est m’assurer que cette affaire soit définitivement classée, car c’est ce qui devrait se passer : elle n’a aucun fondement. »

Cette dernière affirmation correspond là encore à la position d’Elsom et se heurte à la condamnation prononcée en première instance.

« Ils ne voulaient pas que je retravaille dans le rugby »

Mais l’ancien capitaine de l’Australie va encore plus loin. Il affirme que les poursuites et accusations dont il a fait l’objet auraient eu pour objectif de l’empêcher de retrouver des fonctions dans le rugby.

Rocky Elsom formule une accusation particulièrement forte :

« Ils ne voulaient pas que je retravaille dans le rugby, et c’est très bien, mais ce n’était pas pour rien que ça a été fait. »

Pour soutenir sa thèse, il évoque le cas d’un autre ancien président australien de Narbonne, ancien salarié de Rugby Australia et proche de Michael Cheika, qui aurait lui aussi été visé par une accusation de détournement portant sur 300 000 euros avant que celle-ci ne soit abandonnée faute de preuve.

Elsom estime que ces événements seraient liés à un même groupe de dirigeants, présent durant près de vingt-cinq ans avant son arrivée et qu’il présente comme hostile aux changements qu’il souhaitait mettre en place.

L’affaire doit désormais être examinée par la cour d’appel de Montpellier, sans date fixée à ce stade. En attendant cette nouvelle étape judiciaire, Rocky Elsom demeure sous le coup d’un mandat d’arrêt international.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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