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La colère de Damien Neveu, le manager de Niort : « Comment les dirigeants ont pu cacher l’ampleur des dégâts ? »

La colère de Damien Neveu, le manager de Niort : « Comment les dirigeants ont pu cacher l’ampleur des dégâts ? »

Le lundi 9 mars 2026 à 16:13 par David Demri

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Cinq jours après l’annonce brutale du dépôt de bilan du Niort Rugby Club, le manager sportif Damien Neveu est toujours sous le choc.

Alors que ses joueurs réalisaient une saison exemplaire, une septième place en Nationale, le couperet est tombé mardi dernier, plongeant tout un club dans une précarité immédiate.

Pour le technicien arrivé en juillet dernier, c’est le sentiment de trahison qui domine.

Il s’est confié via Midi Olympique :

« Il y a un mélange de beaucoup d’émotions et, pour l’instant, on a encore du mal à comprendre comment on a pu en arriver là. Comment, surtout, les dirigeants ont pu nous cacher l’ampleur des dégâts sans scrupule. »

Une gestion opaque et déconnectée du terrain

Pourtant, rien ne semblait prédire une telle issue, si ce n’est quelques signes avant-coureurs que le staff a voulu interpréter comme des incidents isolés. Il y a trois semaines, des retards de salaire avaient commencé à poindre, suscitant les premières inquiétudes au sein du vestiaire. Mais face aux interrogations, la direction a préféré verrouiller le discours.

« Le président nous a démenti ces informations droit dans les yeux, en m’assurant que cette rumeur était vraiment infondée. Il nous a affirmé que le déploiement du projet club avait pris un peu de retard mais absolument pas l’exploitation. »

La violence de la chute n’en a été que plus forte, 72 heures après une victoire épique contre Massy, devant 4 000 spectateurs en communion avec leur équipe.

Le lundi, le staff était exclu d’un bureau directeur décisif ; le mardi à 10 heures, la sentence était prononcée devant des joueurs « K.-O. debout ». « Il y avait peut-être moyen de freiner avant de prendre le mur, là on est arrivé à 150 km/heure dans le mur », déplore le manager.

Un drame social avant tout

Au-delà de la déception sportive, Damien Neveu veut alerter sur la réalité humaine de ce naufrage. Loin des clichés sur les salaires mirobolants du rugby pro, il dresse le portrait d’un effectif aux contrats précaires, où la majorité des joueurs émarge au minimum fédéral, entre 1 400 et 1 500 euros par mois.

« Derrière cette annonce, il y a des vies qui ont basculé dans la précarité avec des gamins qui vont peut-être se retrouver sans logement car nous sommes en cessation de paiement », insiste-t-il, qualifiant la situation de véritable « drame social ».

Le manager sportif fustige également l’indifférence de certains acteurs du championnat, davantage préoccupés par l’impact comptable du forfait des Niortais sur le classement que par la détresse de la soixantaine de salariés et licenciés du club.

« J’ai du mal à comprendre qu’il n’y ait même pas, à un moment donné, une pensée sur les potentielles 60 personnes de notre club, comme peut-être 60 à Tarbes, qui, eux, se retrouvent dans une situation de précarité extrême », lâche-t-il, amer.

Le rugby, un environnement qui interroge

Alors que le tribunal de commerce doit statuer ce mardi, les chances de reprise semblent illusoires au regard du manager sportif.

« Monter un projet en une semaine, ça me paraît utopique, quasi impossible », concède-t-il. Si les dirigeants trouvaient un financement miracle, Damien Neveu se dit prêt, par solidarité, à consulter ses joueurs pour terminer les quatre derniers matchs de la saison, une manière de finir « sur une note de sport ».

Pour lui, l’heure est surtout à la reconstruction personnelle. « Au-delà de la déception sportive, il y a une vraie blessure. Quand on donne sans compter pour être à la hauteur de la mission qu’on nous confie, et qu’elle se termine comme ça, alors que je pense que nous, on a été professionnels et à la hauteur de l’enjeu, on se sent profondément blessé », confie-t-il.

Une blessure qui l’amène aujourd’hui à remettre en question ses convictions sur son avenir dans un milieu qui lui semble désormais, à bien des égards, déconnecté de ses valeurs.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

3 Commentaires

  1. bfi 9 mars 2026 at 16h- Répondre

    rude, en effet. Une histoire d’hommes, mais certains n’ont pas assurés !!!

  2. Ramos The Best 9 mars 2026 at 17h- Répondre

    La majorité émarge à 1400 euros. Et la moyenne des rémunérations du dernier 15 de départ, c’est combien ?
    Pour ma part, ça ne me fait pas pleurer. Combien en avons nous connu qui vivaient avec ces revenus en jouant en F1 ou F2, et qui n’ont jamais cherché à apprendre un métier à côté ou à reprendre des études ? A 35 balais, ils voulaient tous devenir entraîneur ou prepa physique parce qu’ils ne connaissaient rien d’autre.
    Déjà, si deux divisions peuvent faire vivre pleinement des joueurs uniquement par le rugby, c’est très largement suffisant. Pas besoin d’en avoir 4. Et de créer autant de précarité.

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  3. Deep 10 mars 2026 at 09h- Répondre

    Dommage que cette émotion ne soit pas aussi intense lorsqu’on recrute 60 jeunes en centre de formation en privilégiant le championnat à la formation et en négligeant leur avenir (doubles projets bidons), voire de leur présent (20 contrats CDF et 40 pigeons).
    Tel est la réalité de la plupart des centres de formation pro D2.
    Tel est pris celui qui croyait prendre plus.