L’agent de Bielle-Biarrey raconte les coulisses de sa prolongation et confirme un salaire XXL
L’agent de Bielle-Biarrey raconte les coulisses de sa prolongation et confirme un salaire XXL
Le mardi 8 septembre 2026 à 10:32 par David Demri
Publicité
L’Union Bordeaux-Bègles a réussi à conserver Louis Bielle-Biarrey jusqu’en juin 2029. Une prolongation accompagnée d’une importante revalorisation salariale, négociée sans mettre les clubs concurrents en concurrence.
Invité de l’émission « 100 % UBB » sur Ici Gironde, l’agent du joueur, Jérôme Chabran, a dévoilé les coulisses de cet accord. Il a confirmé que l’ailier international figure désormais parmi les joueurs bénéficiant des rémunérations les plus élevées du Top 14.
Une relation commencée à Grenoble
Jérôme Chabran accompagne Louis Bielle-Biarrey depuis le début de sa jeune carrière. Il a notamment négocié les différents contrats signés par l’ailier avec l’UBB et son président Laurent Marti.
L’agent du joueur est revenu sur cette relation de confiance vieille de six ans :
« J’ai la chance de suivre Louis Bielle-Biarrey depuis ses débuts à Grenoble. Donc cela fait maintenant six ans que je l’accompagne et qu’il me fait confiance sur les différents contrats que nous avons pu conclure avec l’UBB et Laurent Marti. »
Sous contrat jusqu’en juin 2027, Bielle-Biarrey pouvait attendre le début de la saison pour écouter les propositions d’autres formations. Cette possibilité n’a jamais réellement été envisagée puisque le joueur souhaitait poursuivre son aventure à Bordeaux.
Les discussions ont commencé dès le mois d’avril à l’initiative de Laurent Marti :
« On n’a fait aucun mystère : Louis était en fin de contrat en juin 2027. Les discussions ont été entamées par Laurent Marti en fin de saison dernière, vers le mois d’avril. Il en avait le droit et la possibilité. Dès le départ, il y avait l’envie commune et la volonté de trouver un accord pour prolonger et de pouvoir s’engager sur une durée supplémentaire. Donc nous n’avons pas eu besoin ni l’envie d’attendre le début de la saison actuelle pour avoir une quelconque proposition d’ailleurs. Louis était très bien à Bordeaux, il ne s’en est pas caché. On a joué la franchise et l’honnêteté pour pouvoir discuter sereinement par rapport au club et par rapport à ce qu’il était possible de faire. »
Une revalorisation difficile à intégrer au salary cap
Arrivé en Gironde avec un contrat Espoir, Louis Bielle-Biarrey a complètement changé de dimension au cours des dernières saisons. Ses performances avec l’UBB et le XV de France rendaient une revalorisation salariale inévitable.
Le principal obstacle concernait le salary cap. Bordeaux devait rémunérer son ailier conformément à son nouveau statut tout en conservant suffisamment de moyens pour construire un effectif compétitif autour de lui.
Jérôme Chabran explique pourquoi la négociation a été techniquement complexe :
« Ce qui a été compliqué, c’est que Louis termine sa cinquième saison avec Bordeaux. Même s’il est arrivé très jeune à Bordeaux, ça fait déjà cinq ans qu’il grandit avec l’UBB. C’est un parcours hors norme, notamment sur ses deux ou trois dernières saisons, avec deux titres de champion d’Europe, deux titres du Tournoi des Six Nations, des titres de meilleur marqueur et de meilleur joueur. Donc il était normal et nécessaire d’envisager une revalorisation des conditions de Louis. Mais il fallait le faire dans les règles que nous impose le salary cap.
La volonté de Laurent Marti et de Louis Bielle-Biarrey était de respecter le cadre qui nous est proposé d’un point de vue réglementaire. Donc ça compliquait les choses pour pouvoir trouver l’accord qui allait être le bon compromis pour les deux parties. Ce salary cap a le mérite d’exister, mais en même temps il impose des contraintes qui rendent certaines discussions et certains sujets un peu plus compliqués et difficiles. Il y avait peu de mystère sur le fait que Louis voulait prolonger et que l’UBB voulait conserver sa pépite. Mais ça a demandé techniquement de pouvoir trouver les compromis dans le cadre réglementaire du salary cap. »
Un salaire qui ne correspondait plus à son statut
La progression extrêmement rapide de Louis Bielle-Biarrey avait créé un décalage entre son statut sportif et son niveau de rémunération. Six mois après son arrivée au centre de formation bordelais, Christophe Urios lui avait déjà offert ses premières apparitions professionnelles.
L’ailier avait ensuite explosé au plus haut niveau, jusqu’à participer à la Coupe du monde 2023 et devenir l’un des joueurs majeurs du XV de France.
Son agent reconnaît que l’UBB bénéficiait jusqu’alors de conditions avantageuses :
« Son salaire à ses débuts à Bordeaux est incomparable. Il est arrivé à Bordeaux à 18 ans avec un contrat Espoir pour s’installer dans le projet du centre de formation. Et six mois plus tard, Christophe Urios lui faisait confiance sur un match de Top 14 à Brive puis ensuite en Coupe d’Europe, où il marque trois essais. Il n’a cessé de grandir, il est devenu international pour le Mondial 2023 et donc forcément, son statut évoluant, il était toujours un peu en retard par rapport à ce qu’il devait peut-être mériter.
Mais ça fait partie du jeu. Le fait que l’UBB l’ait recruté très tôt faisait que le club avait un peu d’avance par rapport aux conditions de rémunération de Louis. Mais il était important de pouvoir rétablir la situation et trouver ce compromis de manière à ce que la rémunération de Louis soit beaucoup plus en adéquation avec ce qu’il mérite, tout en respectant les contraintes budgétaires et salariales de l’UBB. »
Un engagement réellement négocié sur trois saisons
Officiellement, Louis Bielle-Biarrey a prolongé son contrat de deux années supplémentaires, jusqu’en juin 2029. Dans les faits, les négociations ont porté sur trois exercices puisque la saison 2026-2027, déjà couverte par son précédent bail, a été intégrée au nouvel accord.
La durée relativement courte de la prolongation ne traduit donc pas une hésitation du joueur. Elle doit lui permettre d’effectuer un nouveau point sur son avenir après huit saisons passées à Bordeaux.
Jérôme Chabran n’exclut absolument pas que son joueur effectue toute sa carrière à l’UBB :
« Il faut prendre en compte que la saison 2026-2027 est entrée dans les négociations. Réellement, on peut considérer un engagement de Louis sur trois saisons et non pas deux. Certes, il prolonge de deux années, mais l’accord a été discuté sur trois saisons. Donc c’est un premier sujet. Le deuxième sujet : Louis est à l’UBB depuis déjà cinq saisons. Autant il était évident qu’il poursuive son aventure sur les trois prochaines saisons, dont une qui était déjà actée.
Rien n’empêche qu’il fasse toute sa carrière à l’UBB, comme l’a fait Aurélien Rougerie à Clermont. À l’issue de son contrat avec l’UBB, Louis aura passé huit saisons à Bordeaux. Je pense que c’est bien de prendre des étapes intermédiaires et de prendre le temps de réfléchir à la suite. S’il doit s’engager encore et renouveler une prolongation de bail, on pourra alors envisager des durées un peu plus longues. Il y a aussi le staff de l’UBB qui est engagé sur une certaine durée, le projet de l’UBB est engagé sur une certaine durée. Donc il nous a paru pertinent d’acter jusqu’en 2029. Et rien n’empêche qu’avant 2029, une réflexion soit menée pour se réengager et re-signer, en ayant le contrôle de la situation. »
« Parmi les rémunérations les plus hautes du Top 14 »
Jérôme Chabran ne révèle aucun montant précis et refuse d’établir une comparaison avec Thomas Ramos ou Antoine Dupont, dont il ne connaît pas les contrats. Il confirme néanmoins que le Bordelais appartient désormais au cercle des joueurs les mieux rémunérés du championnat.
Bielle-Biarrey aurait pu attendre d’éventuelles propositions concurrentes pour provoquer une surenchère. L’ailier a préféré trouver directement un compromis avec l’UBB.
Son agent confirme très clairement le nouveau statut financier de l’international français :
« Je ne connais pas les termes du contrat de Thomas Ramos à Toulouse et ce qu’il a signé avec le Racing 92, ni le contrat d’Antoine Dupont. Mais ce qui est sûr, c’est que Louis a un certain statut. Il a franchi un cap reconnu, que ce soit à l’international ou avec le club de l’UBB. Donc il était logique et légitime de rediscuter de ces éléments avec une revalorisation salariale qui paraît pertinente. Certes, la stabilité se paye pour Louis. On aurait pu attendre le début de la saison et essayer de regarder une surenchère, mais ça n’a pas été l’envie et la volonté de Louis. C’est tout à son honneur. Après, il y a des contraintes dans tous les clubs, donc vouloir continuer dans un projet, c’est un signe de confiance et de stabilité.
Il y a d’autres critères que le seul aspect financier. Mais forcément, la rémunération de Louis Bielle-Biarrey se situe parmi les rémunérations les plus hautes des joueurs du Top 14 et des joueurs internationaux. L’équilibre trouvé entre le club et Louis paraît légitime et acceptable. On n’a pas cherché à faire de surenchère ni à pousser les choses trop loin, car on sait que, pour que l’UBB soit compétitive, il faut que Louis soit entouré de joueurs performants et de haut niveau. Et c’était l’enjeu que de trouver un bon compromis. »
Les Jeux olympiques déjà prévus dans son contrat
La durée du nouveau contrat de Louis Bielle-Biarrey couvre également une Coupe du monde et les prochains Jeux olympiques. Le Bordelais ne cache pas son intérêt pour le rugby à VII et pourrait rêver de participer à l’aventure olympique.
Une éventuelle mise à disposition nécessiterait toutefois l’accord de l’UBB, qui reste son employeur. Cette possibilité a donc été anticipée au cours des négociations.
Jérôme Chabran confirme que le contrat prévoit déjà cette éventualité :
« L’équipe de France de rugby à VII effectue un gros travail. Elle est championne olympique en titre, donc ça fait rêver. Louis peut rêver des Jeux olympiques. On verra s’il est éligible et si sa candidature rentre dans les plans de l’équipe de France à VII, avec les contraintes qui y sont liées. Il ne faut pas oublier que Louis est salarié de l’UBB, même s’il est mis à disposition de l’équipe de France ou s’il est mis à disposition de l’équipe de France à VII. À partir du moment où la négociation du contrat couvre une période de Coupe du monde et de Jeux olympiques, il était normal et nécessaire de réfléchir avec l’UBB pour avoir son accord, car ça va demander une gestion et une organisation adaptées. En conséquence, il nous fallait envisager les conditions contractuelles adaptées. Donc oui, tout est prévu par rapport à la situation si elle doit se présenter. »
« Il ne recherche pas le côté bling-bling »
Malgré son changement de dimension sportive et médiatique, Louis Bielle-Biarrey conserverait un fonctionnement particulièrement posé. Son agent insiste sur la capacité du joueur à étudier les différentes possibilités avant de prendre ses décisions.
Jérôme Chabran décrit un jeune homme brillant et particulièrement réfléchi :
« Louis est quelqu’un de remarquable, de brillant et d’intelligent depuis le départ. Il réfléchit, il est posé, il a la tête sur les épaules. Tout cela est lié à une éducation de qualité de ses parents. Mais en même temps, il appréhende cela avec beaucoup de calme et toutes ses qualités lui servent dans ses réflexions et ses décisions. Il est encore jeune, il fait partie des meilleurs mondiaux à son poste et il a encore de belles choses à écrire dans ce sport. Il gère tout cela de manière brillante. Il prend le temps d’écouter, de se renseigner, d’analyser et ensuite il décide. Une fois qu’il a décidé, il est convaincu de la décision prise. C’est agréable de travailler comme ça. »
En parallèle de sa carrière, l’international français poursuit sa formation dans une école de commerce. Il prépare également plusieurs projets personnels qui devraient être dévoilés au cours des prochains mois.
Son agent annonce notamment des nouveautés susceptibles d’intéresser les supporters :
« Louis a mené d’une main de maître ses premières années dans une école de commerce. Il veut continuer ses études et valider d’ici la fin de l’année certains modules. Ensuite, il pourra continuer à son rythme. Il a en tête de continuer à se former. Il a d’autres projets qui vont sortir dans l’année, il réfléchit à certaines choses sympathiques qui vont sortir dans les mois à venir et ça devrait ravir les supporters. Il y a pas mal de choses qui sont en gestation et il met en œuvre tout son temps libre pour travailler sur des projets personnels. »
La notoriété grandissante de Bielle-Biarrey ne l’aurait pas davantage poussé à changer son mode de vie. Le joueur remplirait ses obligations médiatiques et commerciales sans chercher à attirer l’attention.
Jérôme Chabran décrit finalement un joueur éloigné du fonctionnement de certaines vedettes :
« Louis, c’est quelqu’un de tranquille, de posé. Il ne recherche pas le côté bling-bling. Il vit très bien sans. Il répond aux obligations qui sont les siennes, car il les assume et il sait qu’il fait face à une attractivité et une notoriété. Il assume cela pleinement. À côté de cela, il vit très simplement. Il accepte les contraintes liées à tout cela, mais c’est aussi important d’être disponible pour les partenaires et les supporters. Il ne va pas chercher la lumière ni chercher à se mettre en avant. »


3 des plus gros salaires du top14 27 inters il est fort ce Marti avec le SC.
Bah alors ? Qu’est ce qu’il t’arrive mon lapin ? Tonton Didou, il n’a plus assez « d’amour du maillot » et de « d’envie de gagner des titres » en stock pour rémunérer l’effectif de ces dernières saisons ?