L’agent Miguel Fernandez se confie sur le transfert de Cheslin Kolbe à Toulon !

L’agent Miguel Fernandez se confie sur le transfert de Cheslin Kolbe à Toulon !

2 septembre 2021 - 10:19

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L’agent de joueurs Miguel Fernandez est l’un des plus connus en France.

Ce-dernier est notamment à l’origine des arrivées de Bakkies Botha, Dan Carter ou encore Ma’a Nonu en Top 14.

Interrogé via l’émission Poulain Raffûte diffusée sur Rugbyrama, ce-dernier est revenu sur le transfert de Cheslin Kolbe qui a décidé de quitter le Stade-Toulousain pour le Rugby Club Toulonnais.

Dans un premier temps, il explique que le Springbok n’est en aucun cas le premier joueur à ne pas aller jusqu’au terme de son contrat. Extrait:

« Cheslin Kolbe n’est pas le premier joueur à ne pas aller au terme de son contrat. Cela a toujours existé. Ce qui est un peu différent, même si ce n’est pas le premier dans ce cas-là, à 95% quand un joueur n’allait pas au terme de son contrat, c’était à l’initiative du club. C’était le club qui souhaitait se séparer d’un joueur. Il faut donc remettre cela dans le contexte. Quand effectivement il y avait mutation, généralement les clubs s’accordaient pour indemniser à la hauteur du contrat dû. On n’est pas dans une notion de football où il y a une négociation de gré à gré avec une valorisation supposée du joueur. Avec Cheslin, c’est différent car il y a une valorisation supposée qui est sportive, qui est marketing et autre. Louis Picamoles a eu la même chose lorsqu’il a quitté Northampton pour Montpellier. Donc ce n’est pas quelque chose de nouveau. Ce qui est intéressant en revanche, c’est que les clubs vont être déclencheurs de ce phénomène-là car c’est une source de revenus. Pas mal de clubs vont se dire que c’est un moyen de rééquilibrer les comptes tout en réorientant le projet sportif. »

Il rappelle cependant que ce genre de transferts restent encore très rares dans le rugby. Extrait:

« Il ne faut pas faire d’un grain de riz une paella. Là, on parle de deux cas sur 100 mutations par an. C’est quand même très limité. Ensuite, si ces deals se font, c’est que tout le monde y trouve son compte, c’est-à-dire le club qui libère le joueur, celui qui le reçoit et le joueur. C’est du win, win, win pour parler Anglais. On n’est pas dans un côté mercantile où on donne la valeur à un être humain. Les joueurs de rugby ne sont pas des actifs comptables comme le sont les footballeurs. Un club de foot va se valoriser par la potentielle vente de la valeur de ses joueurs. Les footballeurs sont vraiment des actifs comptables, chose qui n’est pas le cas dans le rugby. Puis on n’a pas les moyens car le rugby c’est une petite économie et un petit marché. On aura donc quelques cas où la mutation va faire la UNE des médias spécialisés. Mais il faut raison garder. En revanche, je pense que certains clubs vont être à l’écoute de ce genre d’opération à l’avenir. Comme dans toute transaction, il faut un vendeur et un acheteur. Aujourd’hui, les clubs qui ont les moyens d’acheter, à savoir lâcher une indemnité entre 400 000 et 700 000 euros, ils ne sont pas nombreux. Ils sont cinq ou six. »

D’ailleurs, il tient à faire taire les mauvaises langues : le joueur qui quitte son club va défendre les couleurs de son maillot à 100% jusqu’à son départ du club. Extrait:

« Quand les mecs changent de club, jusqu’au moment où ils vont changer de maillot, ils sont à 100% avec leur club. Un transfert dans le rugby ça a toujours existé, même en amateur ! Je ne connais pas un joueur, bien qu’en sachant qu’il va changer de club la saison d’après, mette le frein à main pendant la saison. Honnêtement, je n’en connais pas car c’est un sport de combat ! Si tu ne vas pas sur cette notion de solidarité et de sacrifice, t’es mort et tu ne peux pas te cacher au rugby. Le rugby, c’est le seul sport collectif où tu as vraiment besoin de tout le monde. »

Dans la foulée, il rappelle qu’un joueur qui quitte sa famille pour jouer à 15 000 kilomètres de son pays arrive en France surtout pour rendre sa vie meilleure. Extrait:

« Quand tu vas dans un pays, c’est pour rendre ta vie meilleure pour toi et pour ta famille. Quand tu viens d’Argentine, de Nouvelle-Zélande ou d’Australie, tu viens en France aussi pour cela. Les mecs laissent tout à 15 000 bornes, sauf femme et enfants. Mais ils laissent tout et ils veulent faire en sorte que demain soit meilleur. Car une carrière de rugby, en moyenne c’est 8 ans. Et tu ne gagneras jamais assez d’argent en tant que joueur pour arrêter de travailler après. J’en ai connu quatre en 21 ans qui pourraient potentiellement arrêter de bosser comme Richie McCaw, Jonny Wilkinson, Dan Carter… »

Miguel Fernandez rappelle ensuite comment est construit le budget d’un club du Top 14 pour expliquer qu’à terme, les clubs pourraient provoquer ce genre de transferts pour générer une nouvelle source de revenus. Extrait:

« Comment est construit le budget d’un club ? Aujourd’hui, un budget d’un club de rugby, c’est à 60% les partenariats, les sponsors, les hospitalités, le merchandising. Entre 15 et 20% c’est les droits télé puis 15 à 20% la billetterie. Au football, les droits télé c’est presque 50% du budget. La billetterie c’est rarement plus de 10%. Et une des sources de revenus, c’est la vente de joueurs et ça peut représenter jusqu’à 20% du budget d’un club de football. On est donc dans une économie totalement différente. Les 60% que représentent les partenariat ainsi que les 15% de billetterie ont quasiment disparu pendant le Covid. Les clubs vont avoir une perte sèche d’environ 3 millions d’euros, en Top 14. Donc ça peut être un moyen de générer des nouveaux revenus. Certains clubs vont tirer profit de cela. »

Pour conclure, Miguel Fernandez estime qu’il sera compliqué pour le RCT de rentabiliser totalement ce transfert, d’un point de vue financier. Extrait:

« Ca me paraît compliqué de rentabiliser un tel transfert avec l’économie du rugby. Mais on peut monétiser son arrivée car tu as une star dans ton effectif. Aujourd’hui, tu as les maillots, les billets mais il y a aussi la consommation autour du stade, le billet que tu augmentes pour les sponsors, tu peux rentabiliser en faisant intervenir les stars auprès de tes partenaires. Il y a des canaux différents. Si le montant de 1,5 million est exact, ça fait beaucoup d’argent à rentabiliser. Mais les nouveaux présidents ont une vision d’entreprise et on en a besoin car le rugby mourrait de sa consanguinité. Des présidents venant de l’entreprise ont rationnalisé les différents flux financiers et organisé  les différentes démarches structurelles d’un club. Donc oui, on peut avoir des sources revenus supplémentaires. Mais est-ce que ça va rembourser l’indemnité, je ne sais pas. »

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  2. Tof83 2 septembre 2021 at 10h- Répondre

    Bonne analyse à mon avis !
    Bien sûr que la monétisation des transferts de joueurs va être bientôt la norme pour régulariser le budget des clubs !

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    • Dede le premier 2 septembre 2021 at 10h- Répondre

      C’est dans la même veine que « la fabrique à champions », qui doit permettre de générer des flux financiers à partir du centre de formation.

      • Jack 2 septembre 2021 at 14h- Répondre

        C’est pas l’agent…….. c’est l’ARGENT.

  3. Gebi831 2 septembre 2021 at 10h- Répondre

    Vu de la part d’un professionnel, son éclairage est intéressant, sur l’abîme économique qui sépare le Rugby du Football.
    Une nouvelle époque s’ouvre, suite à la venue des présidents friqués.

    Tout autour de nous change (et si vite) le rugby change aussi, l’inconvénient par contre tient à la gestion du rugby par des dirigeants consanguins pour reprendre les propos de M. Fernandez, le dernier exemple l’arrivée de Bouscatel à la ligue….du vrai sang neuf….de dinosaure !!!

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  4. belzebuth 2 septembre 2021 at 10h- Répondre

    il oublie de parler de sa commission si les transferts suivent l’inflation … c’est de bonne guerre c’est son job et c’est bien de remettre à jour les logiciels des agitateurs anti rct quant il indique que pour faire un transfert ce n’est pas que de la volonté d’un club mais d’une chaine de décision … le joueur est l’objet et les supporteurs sont spectateurs faut que chacun reste à sa place car les gueulards n’ont pas de finalité active sur le budget d’un club … à la marge !

  5. PAGE IV.XX.III 2 septembre 2021 at 12h- Répondre

    Voilà qui confirme un peu ce que je pensais. Quand un club parle de l’économie réelle basée sur la billetterie, ce n’est finalement que 15% du budget…. Le plus gros pourcentage vient de sponsors, des partenaires….
    Et à Toulouse, ils sont bien armées.
    Ca me fait rire quand on parle d’économie réelle quand on a de très gros sponsors derrière.
    Le transfert de Kolbe arrange surtout Toulouse et Lacroix pour éponger les quelques déficits dus au covid, voilà pourquoi Lacroix n’a pas bcp insisté pour le retenir, ce transfert arrange tout le monde et surtout le ST, qui va pouvoir grâce à l’argent du RCT combler un peu les pertes de la billetterie à cause de la pandémie, et faire à nouveau son marché dans les autres clubs en leur prenant leurs meilleurs jeunes pour pas trop cher…. et revendre plus tard quand ils auront entre 28 et 30 ans…

    Bref, Lemaitre à été le mécène de Toulouse, un bon partenaire pour renflouer un peu les caisses du ST.
    Faire presque attention que de tels transferts ou resignature de contrat à la Kolbe pour se séparer du joueur juste après, ne soit pas fait exprès pour toucher de l’argent grâce à la séparation soudaine d’un gros joueurs encore sous contrat.

    Parce que je trouve quand même étonnant que Kolbe prolonge son contrat pour dire juste après « je pars »…. ce qui arrange bien Lacroix…. pour se remplir les poches, sachant qu’un contrat provenant d’un joueur comme Kolbe sera automatiquement racheté par d’autres gros clubs.
    Je me demande s’il y a pas eu prévision de rachat de contrat vis à vis du ST pour se faire de l’argent facile….

    Attention à ces rachats de contrat qui pourraient être montés de toute pièce par des clubs pour se faire bcp d’argent rapidement sur le dos de gros joueurs ou en complicité avec eux.
    Je n’incrimine pas Toulouse ni Kolbe, mais je me pose des questions….

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  6. Archibald 2 septembre 2021 at 12h- Répondre

    C’est très intéressant mais tout n’est pas clair dans ce qu’il dit, ou alors c’est mal rapporté.

    Je précise, il dit :
    « Comment est construit le budget d’un club ? Aujourd’hui, un budget d’un club de rugby, c’est à 60% les partenariats, les sponsors, les hospitalités, le merchandising. Entre 15 et 20% c’est les droits télé puis 15 à 20% la billetterie…..Les 60% que représentent les partenariats ainsi que les 15% de billetterie ont quasiment disparu pendant le Covid. Les clubs vont avoir une perte sèche d’environ 3 millions d’euros »

    Et comme j’aime les chiffres si 75 % du budget représente 3 millions d’euros alors le budget moyen des club serait de 4 millions d’euros ! On est loin du compte, donc ces chiffres sont faux.

    J’ai tendance à penser que quand il y a une erreur quelque part, il peut vraisemblablement y en avoir d’autres… C’est dommage.

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    • fab 2 septembre 2021 at 17h- Répondre

      C’est la billetterie qui a disparu pendant le covid. Les partenaires ont continué au moins partiellement à financer le club (sponsor maillot…)

  7. Jack 2 septembre 2021 at 14h- Répondre

    Demandez à Leyla ce qu’elle en pense.

  8. Manu8320 2 septembre 2021 at 14h- Répondre

    Question d’interprétation.
    Ces chiffres ne sont pas forcément faux.

    Les 3 millions de pertes évoqués / estimés pour chaque club correspondent surtout la billetterie, ainsi qu’aux hospitalités.
    Le merchandising a partiellement survécu, les plus gros partenaires / sponsors (parfois historiques…) ont continué de soutenir les clubs (notamment parce que c’était plutôt bon pour l’image de ceux qui pouvaient se le permettre…).
    Les clubs ont également continué de bénéficier de droits télé.
    Sans oublier les aides de l’état (qui furent plutôt généreuses) ni les trous parfois comblés par certains présidents / propriétaires.
    Donc même en voyant large, on peut considérer que les 3 millions évoqués par Miguel Fernandez équivalent plutôt à 15 / 20% du budget moyen des clubs.
    Soit un budget moyen des clubs qui serait compris entre 15 et 20 millions d’€.

    Si l’on se réfère aux chiffres publiés par certains médias (sans doute sous estimés… mais c’est un autre débat…) alors les chiffres avancés par Miguel Fernandez ne sont pas forcément si éloignés de la réalité que ça (sans pour autant être exacts à 100%, ce ne sont que des fourchettes, des estimations).

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