Le Garrec s’enflamme : « C’est un match dont je me souviendrai toute ma vie »
Le Garrec s’enflamme : « C’est un match dont je me souviendrai toute ma vie »
Le vendredi 19 juin 2026 à 23:41 par David Demri
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Difficile d’imaginer une soirée plus parfaite pour Nolann Le Garrec. Vendredi soir, le demi de mêlée de La Rochelle a largement contribué à la victoire de France A contre Angleterre XV (35-19) dans un stade de la Rabine acquis à sa cause.
Né à Vannes, le Breton disputait pour la première fois un véritable match à domicile sur cette pelouse où il a grandi. Entre l’essai inscrit, les célébrations et l’émotion de jouer devant ses proches, le joueur de 23 ans a vécu un moment qu’il n’est pas près d’oublier.
Une émotion différente de tout ce qu’il avait connu
Le Garrec l’avait annoncé avant le coup d’envoi. Cette rencontre avait une saveur particulière.
Interrogé par Midi Olympique, le demi de mêlée explique pourquoi cette soirée restera à part dans sa carrière.
« Oui ! Je confirme. Au final, je pense que ce n’est pas forcément dans les grands stades etcaetera…. C’est vraiment quand il y a la famille et quand c’est vraiment chez toi que… En tout cas c’est ce qui me touche le plus. Voilà, j’étais extrêmement fier de pouvoir jouer ici, on a dormi dans un domaine à deux kilomètres de chez moi. J’avais presque toute ma famille qui était ici, je ne pouvais pas rêver beaucoup mieux. Franchement, je suis très content. »
L’essai inscrit devant son public a évidemment rendu la soirée encore plus belle.
Mais le Breton préfère mettre en avant la prestation collective.
« Oui, c’est anecdotique. Honnêtement, je pense qu’aujourd’hui, la copie qu’on a rendue avec un seul entraînement pour certains et nous, Rochelais, juste une mise en place, c’est vrai qu’on est plutôt contents. On a réussi par séquence à mettre notre jeu, que je marque, c’est anecdotique mais ça fait plaisir chez soi, forcément de pouvoir participer à la fête et faire plaisir au public. »
La Bretagne à l’honneur
Après son essai, Nolann Le Garrec a célébré avec un drapeau breton autour de la taille avant de lancer un vibrant « Ici c’est la Rabine ».
Le joueur a surtout voulu mettre en lumière tout un territoire.
« Aujourd’hui il faut remercier le public qui avait fait le déplacement. On a été poussé comme si c’était le club de Vannes. Je remercie aussi la fédération d’avoir pensé au territoire breton. Ça met en valeur tous les gens qui bossent ici depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, ça brille un peu mais il y a des gens qui bossaient aussi quand ça brillait moins. Je pense qu’aujourd’hui, au-delà des performances de Vannes, c’est mettre en valeur tout le territoire. Et voilà, je suis très heureux pour ça aussi. »
Cinq jours après le barrage de Top 14 disputé avec La Rochelle, le défi physique était également important.
Le demi de mêlée estime que le groupe a parfaitement répondu présent malgré une préparation réduite.
« Oui, ça va. Avec « Totoy » (Antoine Hastoy, ouvreur de la Rochelle et des Bleus, NDLR), on était un petit peu fatigué physiquement. Comme je l’ai dit, on a été très allégés sur la semaine vu qu’on n’a fait que le “team run”. Mais c’est vrai qu’on a des automatismes et je pense que le jeu de l’équipe de France se sert des qualités rugbystiques des joueurs. Je pense qu’on parle le même langage et on peut peaufiner encore plein de choses, évidemment. Par séquences, comme je l’ai dit, on a montré de belles choses. »
« J’avais besoin de lâcher quelque chose »
Même s’il a tenté de vivre cette semaine comme une autre, Le Garrec reconnaît qu’il n’était pas totalement dans une situation ordinaire.
Le retour à Vannes a réveillé de nombreux souvenirs.
« Pas forcément stressé, mais je me demandais si je n’allais pas laisser trop d’énergie. Je l’avais déjà vécu avec le Racing en venant jouer ici. Là, j’ai essayé de faire comme si c’était normal. Mais c’est vrai qu’arrivé au stade, je connaissais tous les stadiers ou presque. Je connais aussi celle qui s’occupe des ramasseurs de balles, j’ai traîné avec elle pendant des années. Donc c’est vrai que c’était dur de faire abstraction. Mais je pense que le terrain reprend vite sa place. »
Le joueur s’est également montré satisfait du contenu proposé par les Bleus.
Selon lui, cette première sortie constitue une base solide pour la suite de la tournée.
« Je trouve. On a eu une petite période où on a été un peu sous pression dans notre camp. Mais dès qu’on a réussi à mettre la main sur ce ballon, je trouve qu’on a été efficace. On a eu peu de déchets finalement sur les occasions qu’on a eues et je pense qu’on peut finir encore quelques coups. Je trouve que c’est très bien et il faut qu’on garde ça. On sait que c’était aussi un match de préparation pour la suite. J’espère qu’on va monter en puissance à partir de ce match. »
Le changement de rythme observé après la pause n’était pas le fruit du hasard.
Le Garrec explique ce qui a permis à son équipe de prendre définitivement le large.
« Je pense qu’on était un peu tombé dans un faux rythme à la fin de la première période. Ils avaient aussi été bons stratégiquement. On a essayé de tenir un peu plus le ballon. On était face au vent aussi. On a essayé de tenir le ballon et on a créé du désordre et un jeu de mouvement qui nous a plu. Tant mieux, j’ai envie de dire. Je pense qu’on a été efficace aussi, comme je l’ai dit, sur les occasions qu’on a eues. On a réussi à creuser assez vite le score. »
Un moment qu’il n’oubliera jamais
Malgré quelques réglages défensifs encore nécessaires, le demi de mêlée est ressorti satisfait de la copie rendue.
Il estime que les prochains entraînements permettront de corriger les derniers détails.
« La défense de conquête, c’est un orchestre collectif. C’est vrai que peut-être qu’en un entraînement, c’était dur de voir tous les scénarios. On a mis des choses en place qui fonctionnent, mais c’est vrai qu’on ne pouvait pas prévoir tous les scénarios. Je pense que nos prochains entraînements vont nous permettre aussi, grâce à ce qu’a proposé l’Angleterre, de peaufiner. On a remis des axes forts sur la défense qui ont marché pour la plupart. C’est vrai qu’on a pris ce lancement, mais ce sont aussi des connexions entre les joueurs, ça va le faire. »
Sa célébration après son essai a marqué les esprits.
Le Breton avoue avoir libéré à cet instant toute l’émotion accumulée depuis plusieurs jours.
« Si je relâche, c’est peut-être ce que j’ai tout gardé avant, pour faire abstraction. Je suis un joueur qui est assez froid, qui paraît assez froid, mais c’est vrai que j’ai aussi de l’émotion en moi. J’avais besoin de la lâcher à ce moment-là. J’ai montré que j’étais chez moi, pour rire. J’avais rigolé avec des copains en disant que je ferais cette célébration si je marquais, je suis content de l’avoir fait. Je respecte bien évidemment l’adversaire, mais c’était pour le public. J’ai mon tatouage d’hermine au poignet, c’était pour dire que c’était à la maison. »
Enfin, lorsqu’il évoque ce qu’il ressent profondément après cette soirée, son émotion reste intacte.
Nolann Le Garrec mesure pleinement ce que représente ce match dans son parcours.
« C’est vrai que je le disais avant ce match, je n’avais jamais joué ici en tant que joueur à domicile. J’ai joué avec le Racing, ça avait été un très bon moment aussi, mais je jouais face à mon club. C’est un club dans lequel j’ai été formé, mais je n’avais jamais eu l’occasion de jouer ici aussi. Je suis parti assez tôt au Racing. Je l’ai “badé”, ce stade. Mon papa entraîne, on va dire que j’ai reniflé cette pelouse, mais sans vraiment le fouler. Et là, je pense que le public breton est fier et je pense qu’aujourd’hui il y a de la fierté bretonne. Ils sont un peu chauvins aussi (rires), donc je pense qu’ils m’ont soutenu. Je pense qu’ils ont soutenu aussi beaucoup tous les autres joueurs, mais c’est vrai que ça fait plaisir. Ce n’est peut-être pas le match qui avait le plus d’enjeux dans ma carrière, mais c’est un match dont je me souviendrai toute ma vie, c’est sûr. »
Jamie George est également venu le féliciter après le coup de sifflet final.
Le capitaine anglais a tenu à lui adresser quelques mots.
« Il m’a dit qu’il était content pour moi, qu’il ne savait pas que je venais d’ici, mais qu’il l’avait senti et qu’il était content pour moi et qu’il espérait que ma tournée se passerait bien. »
Le Garrec a également salué la prestation de Marco Gazzotti et le leadership de Mickaël Guillard.
Le demi de mêlée n’a pas manqué de souligner l’importance de ses coéquipiers.
« Marco, je pense qu’il est dans la continuité de sa saison. On l’a vu en Coupe d’Europe, il a eu un abattage exceptionnel, qu’il a eu aussi ce soir. En ayant, je pense, peu de ballon entre guillemets, parce qu’au final on n’a peut-être pas tenu le ballon autant qu’on aurait voulu, mais c’est vrai, il a eu un abattage exceptionnel. Je pense qu’il est dans la continuité de ce qu’il fait en club. Il maintient ses standards, je pense. »
Concernant le brassard porté par Mickaël Guillard, le Breton s’est également montré élogieux.
« Je pense que c’est aussi un leader d’action. Il a été impressionnant ces dernières saisons, même avec l’équipe de France. On sait l’abattage qu’il a, il n’a pas eu besoin de trop parler pour fédérer les mecs derrière lui. Il s’est aussi appuyé, il est intelligent, il s’est appuyé sur quelques relais pour construire son leadership. Je pense qu’aujourd’hui, c’était naturel, et je pense qu’il a encore donné l’exemple. C’est un top joueur. »
Quant à la prochaine liste du XV de France, le demi de mêlée préfère garder la même ligne de conduite.
Le Rochelais assure que le groupe est resté concentré sur l’objectif immédiat.
« Honnêtement, on était concentrés sur ce match-là. Je pense qu’il fallait être pleinement dans le moment. Après, ce n’est pas nous qui faisons les choix aussi. Se concentrer sur ce qu’on pouvait maîtriser, c’est ce qu’on fait aujourd’hui. »
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