Le préparateur physique de Toulouse révèle le secret de Thomas Ramos pour arriver prêt dès la reprise
Le préparateur physique de Toulouse révèle le secret de Thomas Ramos pour arriver prêt dès la reprise
Le lundi 10 août 2026 à 17:41 par David Demri
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Les vacances ne sont plus synonymes de coupure totale pour les internationaux. De plus en plus de joueurs choisissent désormais de reprendre une préparation physique individualisée avant même le retour officiel de leur club.
C’est notamment le cas de Thomas Ramos et de Dorian Aldegheri, qui ont passé une partie de leur intersaison au centre Sport Performance Mouvement de Tournefeuille.
Suivis par le préparateur physique Louis Strasfogel, les deux Toulousains ont choisi d’anticiper leur retour afin d’aborder la nouvelle saison dans les meilleures conditions. Une tendance qui prend de l’ampleur dans le rugby professionnel.
Arriver prêt dès le premier entraînement
Pour Louis Strasfogel, cette évolution répond avant tout aux nouvelles exigences du haut niveau.
Les internationaux disposent de plusieurs semaines de vacances, mais une coupure totale serait désormais contre-productive.
Le préparateur physique explique dans les colonnes de La Dépêche pourquoi ces joueurs reprennent avant leurs coéquipiers :
« La première chose, c’est qu’ils ont besoin d’arriver de plus en plus en forme au début de la saison. Avant, ils avaient du temps pour monter en charge. Maintenant, il faut qu’ils arrivent en forme le plus tôt possible. Parce qu’il y a de la concurrence, il faut se montrer auprès de l’entraîneur. (…) Ils reprennent une semaine plus tard que la majorité du groupe. Ils ont cinq semaines de vacances mais cinq semaines d’arrêt total de sport, ce n’est pas possible. Donc ils ont besoin de reprendre un peu plus tôt de leur côté, pour arriver autant en forme que les premiers qui ont repris en club. »
Cette préparation présente également un autre avantage.
Chaque programme est adapté aux besoins du joueur :
« C’est une prépa qui est individualisée. Eux, ils se connaissent bien, donc ils savent de quoi ils ont besoin, des problèmes qu’ils ont eus pendant l’année. Ils ont besoin d’avoir quelque chose d’individualisé sur une période très ciblée, donc des choses qu’ils n’ont pas le temps de travailler pendant la saison. »
Une charge supplémentaire… mais maîtrisée
S’entraîner pendant les vacances peut sembler risqué.
Louis Strasfogel assure pourtant que cette méthode repose justement sur une progression très contrôlée.
Le travail est ajusté quotidiennement :
« Normalement, si c’est bien fait, ce n’est pas censé avoir d’effet négatif car justement on prend le temps. La charge n’est pas imposée et on peut adapter au jour le jour. (…) Le but, ce n’est pas de le tabasser sur ses points faibles (…) mais d’en intégrer pour que tout soit homogène. »
L’objectif consiste davantage à renforcer les bases physiques qu’à accumuler les séances intensives.
Une préparation pensée avec le Stade Toulousain
Cette préparation ne s’effectue pas indépendamment du club.
Louis Strasfogel reste en contact avec les joueurs mais également avec le Stade Toulousain afin que chacun travaille dans la même direction.
Il détaille cette collaboration :
« Les joueurs ont un programme pendant les vacances. (…) Les sportifs nous donnent leur ressenti, mais ils nous envoient aussi ce que leur club leur demande. (…) Le but, ce n’est pas de les mettre en porte-à-faux par rapport à leur club. C’est que quand ils arrivent, ils soient capables de répondre aux exigences de leur structure. Et s’ils ont pu en faire un peu plus, tant mieux. »
Le préparateur prend notamment en exemple Clément Vergé, qui lui a rapidement fait un retour après le traditionnel Bronco organisé lors de la reprise.
Le Bronco reste le grand rendez-vous de la reprise
Chaque été, les joueurs pensent déjà à ce test physique redouté.
Louis Strasfogel confirme son importance :
« Les joueurs nous en parlent forcément parce que l’objectif c’est de battre son record tous les ans (…) Ça donne aussi le résultat de tout le temps que tu as passé à travailler pendant les vacances. »
Le Bronco est ainsi devenu un véritable indicateur du travail effectué pendant l’intersaison.
Les mentalités ont profondément changé
Pour Louis Strasfogel, cette évolution est relativement récente.
Selon lui, les joueurs ont progressivement compris qu’ils ne pouvaient plus repartir de zéro après leurs vacances.
Il situe ce changement après la crise sanitaire :
« Il y a peut-être quatre ans, un peu après la période Covid, les athlètes ont commencé à se préparer dans leur coin, à travailler un peu plus leur physique. Puis il y a aussi plus de matchs avec les matchs internationaux. (…) Maintenant, ils savent qu’ils sont obligés de se préparer. »
Thomas Ramos en est d’ailleurs un bon exemple.
Même pendant les semaines de coupure, il continue à entretenir sa condition physique :
« Par exemple, Thomas Ramos, lors des coupures ou sur les semaines off du Stade, il vient au centre pour faire du travail annexe. (…) Il décompresse mentalement et psychologiquement, mais physiquement il garde le rythme. Comme on a pu le voir au Tour de France où sur une journée off, les mecs vont quand même pédaler un petit peu. »
Chaque joueur possède son propre programme
Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de séance universelle.
Les exercices sont construits en fonction des qualités, des faiblesses et des besoins de chacun.
Louis Strasfogel conclut :
« Non, c’est individualisé, il y a des mouvements qui sont propres à chaque joueur sur lesquels on va plus travailler puisqu’ils ont des besoins différents. (…) On n’a pas de secret en intersaison. On fait quelque chose quand même assez simple. Il y a juste des domaines dans lesquels on passe plus de temps que d’autres. »
Cette approche personnalisée illustre l’évolution du rugby professionnel. Les internationaux ne cherchent plus seulement à récupérer pendant leurs vacances. Ils utilisent désormais cette période pour corriger certains détails physiques et arriver prêts dès les premiers entraînements, alors que la concurrence commence dès la reprise.
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