Le président de World Rugby démonte les critiques visant sa nouvelle compétition
Le président de World Rugby démonte les critiques visant sa nouvelle compétition
Le vendredi 3 juillet 2026 à 11:18 par David Demri
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Le lancement du Championnat des Nations ne fait pas l’unanimité. Entre l’absence de certains grands joueurs, les inquiétudes concernant les petites nations ou encore les nombreuses critiques sur le calendrier international, la nouvelle compétition de World Rugby suscite déjà de nombreux débats.
Interrogé sur ces différents sujets par Midi Olympique, le président de World Rugby, Brett Robinson, a répondu sans détour.
« Les supporters veulent voir les meilleurs joueurs, mais… »
L’une des principales critiques adressées au Championnat des Nations concerne l’absence de plusieurs stars, notamment du côté de l’équipe de France.
Brett Robinson reconnaît que les supporters souhaitent naturellement voir les meilleurs joueurs sur le terrain, mais rappelle que leur santé reste prioritaire.
Le président de World Rugby assume pleinement cette position.
« Chaque nation évolue dans un environnement différent. Il y aura toujours des situations dans lesquelles des joueurs ne seront pas disponibles. Nous avons voulu apporter plus de clarté et de cohérence autour de la Règle 9 relative à la mise à disposition des joueurs, tout en plaçant la santé et le bien-être des joueurs au cœur de la prise de décision. »
Il souligne également les progrès réalisés dans le suivi médical des internationaux.
« Aujourd’hui, les staffs des équipes nationales disposent de beaucoup plus de données et d’expertise qu’auparavant pour prendre des décisions éclairées. World Rugby a beaucoup investi dans ce domaine, notamment avec le déploiement des protège-dents connectés. Les fédérations suivent également les matches et les minutes joués afin de s’assurer que les décisions sont prises dans l’intérêt des joueurs. Bien sûr, les supporters veulent toujours voir les meilleurs joueurs sur le terrain mais le rugby international crée aussi des opportunités pour d’autres joueurs de saisir leur chance. »
« Les petites nations ne sont pas oubliées »
Autre reproche formulé : les nations émergentes pourraient avoir moins d’occasions d’affronter les meilleures équipes mondiales.
Là encore, Brett Robinson réfute cette analyse.
Il assure que les passerelles resteront ouvertes.
« Je ne vois pas les choses ainsi. Les équipes de la Coupe des Nations World Rugby auront toujours des opportunités d’affronter des équipes du Championnat des Nations lors des années impaires, notamment dans la préparation de la Coupe du Monde de Rugby 2027, pendant le tournoi lui-même, puis à nouveau en 2029. »
Le dirigeant insiste sur la philosophie de cette réforme.
« L’objectif n’est pas de fermer des passerelles, mais d’apporter plus de structure, plus de certitude et des matches plus utiles et plus lisibles pour un plus grand nombre de fédérations, d’une manière qui contribue à élever le niveau de performance au fil du temps. »
La tournée Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud ? « Ce n’est pas World Rugby qui décide »
Brett Robinson a également été interrogé sur la série de tests entre la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, baptisée « Greatest Rivalry », dont un match sera disputé aux États-Unis.
Le président de World Rugby rappelle que cette initiative ne dépend pas directement de son instance.
Il précise le rôle exact de World Rugby.
« Il est important d’être clair : World Rugby n’est pas responsable de l’organisation de chaque match ou compétition internationale de rugby. La série Greatest Rivalry est un accord conclu directement entre New Zealand Rugby et South Africa Rugby. »
Il voit toutefois un intérêt dans cette initiative.
« Organiser le quatrième test entre la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud à Baltimore, aux États-Unis, peut contribuer à créer un véritable élan dans un territoire stratégique pour le développement du rugby, qui accueillera la Coupe du Monde masculine 2031 et la Coupe du Monde féminine 2033. »
L’Australie et l’Argentine laissées de côté ?
Enfin, Brett Robinson a été interrogé sur les critiques visant le Rugby Championship, certains estimant que l’Australie et l’Argentine pourraient être désavantagées.
Le président de World Rugby préfère renvoyer cette question vers les organisateurs de la compétition.
Sa réponse est sans ambiguïté.
« C’est une question à poser à la SANZAAR, en tant que propriétaire du Rugby Championship. Du point de vue de World Rugby, notre rôle est de regarder le calendrier international dans son ensemble et de veiller à ce qu’il continue de soutenir la croissance, l’équilibre et la compétitivité du rugby mondial. »
Face aux nombreuses interrogations suscitées par cette nouvelle compétition, Brett Robinson assume donc pleinement les choix de World Rugby et estime que le Championnat des Nations constitue une évolution indispensable pour l’avenir du rugby international.
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