Le rugby français fait encore parler dans une terrible affaire de corruption de mineur

Le rugby français fait encore parler dans une terrible affaire de corruption de mineur

Le vendredi 5 juin 2026 à 17:25 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT
Suivre Blog RCT sur Google

Publicité

Le Rugby Club Cubzagais traverse une période particulièrement agitée en cette fin de saison.

Quelques semaines après la condamnation d’un ancien entraîneur de l’équipe cadettes pour corruption de mineur, les tensions ne retombent pas autour du club girondin. Désormais, plusieurs joueuses, des parents et un ancien éducateur dénoncent la manière dont l’affaire a été gérée.

Midi Olympique fait le point sur cette triste affaire.

Un ancien entraîneur condamné par la justice

À la fin du mois de mai, le tribunal de Libourne a condamné un ancien entraîneur de l’équipe féminine cadettes de Saint-André-de-Cubzac à douze mois de prison avec sursis pour corruption de mineur.

Les faits remontent à la fin de l’année 2023.

Comme l’explique Pauline, ancienne joueuse du club :

« En décembre, il y a des filles de mon équipe qui ont parlé comme quoi elles avaient reçu des messages inappropriés à caractère sexuel. »

Parmi les échanges évoqués lors de l’audience figurait notamment ce message :

« Si tu veux me faire peur, j’ai très peur des strings et des seins ».

Au total, cinq joueuses ont porté plainte.

« Cinq joueuses ont porté plainte. Donc on est allées au tribunal toutes ensemble pour les soutenir. Et il a été reconnu coupable. »

Le tribunal a également prononcé une interdiction d’exercer toute activité auprès de mineurs pendant cinq ans.

Des critiques sur la gestion du dossier

Au-delà de la condamnation, c’est désormais la réaction du club qui fait débat.

Jean-Claude, père d’une des joueuses concernées, estime que les dirigeants n’ont pas pris la mesure de la situation.

« La personne incriminée n’est autre que le fils du président. Je pense qu’ils ont voulu faire taire les personnes, le coach lanceur d’alerte qui a été viré et les cadettes aussi parce qu’arrivées en phase finale, le bureau actuel leur a interdit l’accès au terrain pour s’entraîner. »

Même son de cloche du côté de l’ancien éducateur devenu lanceur d’alerte.

« Je me suis battu pour que le club se porte partie civile, ce qu’il a refusé de faire. Je me suis battu pour qu’il communique auprès de la mairie, ce qu’il a refusé de faire. »

Il poursuit :

« En parallèle, les langues se sont déliées sur les comportements du coach, fils du président, et on a tous appris des choses qui nous ont profondément choqués et qui auraient dû empêcher la mise en place de cet entraîneur dans la création d’une équipe de cadettes. Donc dès que j’ai questionné sur ces sujets-là, j’ai été ostracisé. »

Selon lui, sa mise à l’écart serait directement liée à sa prise de position.

« Je n’avais plus aucun moyen de communication. Le jour de la condamnation du mis en cause, eh bien, j’ai été limogé le soir même. Ma radiation, c’est en réponse à ce courrier. C’est le principe de l’omerta. Et derrière, les filles sont elles-mêmes punies puisqu’elles n’ont plus le droit de s’entraîner. »

Une banderole qui fait polémique

La tension est encore montée d’un cran lors des finales Terroir organisées à Saint-André-de-Cubzac le 31 mai dernier.

Des joueuses avaient prévu de déployer une banderole de soutien.

« On a profité de l’événement pour pouvoir faire parler de notre histoire. »

L’objectif était de sensibiliser les autres clubs présents.

« On a contacté tous les clubs qui participaient et on leur a demandé s’ils voulaient bien poser avec la banderole sur laquelle était inscrit « Soutien aux cadettes du RCC » afin de la relayer largement sur les réseaux sociaux. »

Mais l’initiative n’aurait pas été bien accueillie par les dirigeants.

« Les dirigeants du club de rugby de Saint-André-de-Cubzac ont été mis au courant de notre action, et ils nous ont prévenus que si jamais la banderole rentrait dans l’enceinte du club, ils appelleraient les gendarmes. Ils ont donc appelé les gendarmes alors que la banderole n’était pas encore dedans et on a été fouillées. »

Le président répond aux accusations

Face aux critiques, le président du club Stéphane David rejette les accusations formulées contre son bureau.

« Aujourd’hui, les gens qui poussent ces jeunes filles, parce qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a pas d’adultes derrière tout ça, aujourd’hui, c’est du sang que ces gens veulent voir. »

Avant d’ajouter :

« Je pense même que si le malheur se répandait autour des familles, ils seraient presque heureux du malheur des autres. »

La Ligue suit le dossier

L’affaire est désormais suivie de près par les instances du rugby.

Florian Mercader, élu de la Ligue Nouvelle-Aquitaine chargé du rugby féminin, confirme que le sujet fait l’objet d’une attention particulière.

« L’affaire est bien suivie par la Ligue et la Fédération. Nous ne souhaitons pas communiquer davantage. »

Une affaire particulièrement sensible qui continue de provoquer de nombreuses réactions dans le rugby amateur girondin.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. Aucamville 5 juin 2026 at 17h- Répondre

    Bon…. Il est ou le piti craquelé ?? Spécialiste de la Gironde