« Le rugby repose à 80 % sur la France et l’Angleterre » : Le coup de gueule de Florian Grill
« Le rugby repose à 80 % sur la France et l’Angleterre » : Le coup de gueule de Florian Grill
Le mardi 24 février 2026 à 11:55 par David Demri
Publicité
Ce mardi s’ouvre à Londres le forum international « Shape of the Game », un rendez-vous crucial où se dessine l’avenir du rugby mondial. Sous l’impulsion du nouveau président de World Rugby, l’Australien Brett Robinson, plusieurs réformes structurelles sont sur la table.
Mais la France, portée par une unité rare entre la FFR et la LNR, compte bien s’opposer à une vision du jeu qu’elle juge dangereuse.
La crainte d’une standardisation du rugby à XV
Le clan français s’inquiète des velléités de l’hémisphère Sud de transformer le rugby en un sport de pur mouvement, au détriment des phases statiques comme la mêlée. Pour Florian Grill, président de la FFR, l’enjeu dépasse le simple cadre technique.
Il s’est confié via Midi Olympique :
« Cette année, plusieurs évolutions de règles sont envisagées, et certaines nous inquiètent. Nous avons reçu de nombreux documents préparatoires, et il nous semble essentiel de nous mobiliser, car ces propositions pourraient transformer profondément notre sport. Elles mettent l’accent sur une standardisation accrue du jeu. Cela pourrait conduire à des profils de joueurs plus uniformes, proches de ceux d’autres sports cousins, mais qui ne sont pas les nôtres. Le rugby à XV repose sur la diversité des gabarits et des rôles, et surtout sur la sécurité du joueur. Nous craignons que ces réformes ne placent plus cette sécurité au premier plan. »
Le dirigeant rappelle que la force du rugby réside dans son aspect inclusif, permettant à tous les physiques de s’exprimer :
« C’est l’un des fondements du rugby à XV. La charte de World Rugby le dit clairement : ce sport laisse de la place à tous les profils. C’est ce qui fait sa richesse. Dans une équipe, il y a des grands, des costauds, des rapides, des plus lents, des stratèges. Cette diversité reflète aussi celle du rugby amateur, auquel je suis très attaché. C’est un sport d’inclusion, pas de standardisation »
Le modèle économique français comme rempart
Face aux difficultés financières rencontrées par les fédérations australienne et néo-zélandaise, la France entend faire valoir sa réussite insolente, tant sur le plan sportif qu’économique.
Florian Grill n’hésite pas à rappeler le poids de l’Europe dans l’écosystème mondial :
« Nous ne voulons pas nous voir imposer un modèle qui fonctionne moins bien que le nôtre. Il faut le dire, il y a de réelles difficultés dans le rugby australien, alors que nous avons un modèle qui brille aujourd’hui. Nous l’avons partagé avec les autres nations. L’économie du rugby repose à 80 % sur la France et l’Angleterre. Les affluences les plus fortes sont en France. Nous considérons que les résultats obtenus avec les équipes de France sont le fruit du travail mené avec la Ligue nationale de rugby. Le travail avec les clubs est désormais très entremêlé. Nous avons envie, dans cet esprit de conquête et de saine influence au service du rugby, de faire comprendre que notre modèle fonctionne. L’objectif, pour les autres nations, serait plutôt de s’en inspirer, plutôt que de chercher à faire évoluer les règles dans un sens qui ne nous paraît pas le bon. »
Préserver l’ADN pour conquérir de nouveaux territoires
Pour contrer l’argument du Sud voulant simplifier le jeu pour séduire de nouveaux publics, Jean-Marc Lhermet, vice-président de la FFR, plaide pour une fidélité aux racines du rugby.
Selon lui, c’est en restant singulier que le rugby à XV attirera de nouveaux pratiquants :
« L’idée est aussi de contrer cette argumentation, selon laquelle, pour conquérir de nouveaux territoires, il faudrait axer le jeu sur la continuité. Pour nous, ce n’est pas cela. Conquérir de nouveaux territoires, c’est d’abord s’adresser à un maximum de jeunes potentiels pour jouer au rugby, des grands, des costauds, des rapides. Il ne s’agit pas de singer d’autres disciplines. Nous avons une particularité, un ADN, et c’est en le préservant que nous conquerrons de nouveaux territoires. »
La France assure bénéficier du soutien des membres du 6 Nations et de l’Afrique du Sud pour freiner ces réformes et imposer une « modernité » qui respecte l’histoire bicentenaire du ballon ovale.
2 Commentaires


Irlande, Pays de Galle, Ecosse : ce sont des zones géographies de 5 millions d’habitants. Difficile de rivaliser avec des pays de 60 millions.
Je ne suis pas pour la disparition de la mêlée, mais si on pouvait réduire le temps passé ce serait bien. Il oublie de dire que la bonne santé du Top 14 vient essentiellement du ST et de ses stars qui ont permis au rugby français d’attirer des jeunes.