Le SU Agen condamné à verser 86 400 euros à son ancien capitaine mais refuse de payer
Le SU Agen condamné à verser 86 400 euros à son ancien capitaine mais refuse de payer
Le vendredi 11 septembre 2026 à 9:19 par David Demri
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Le conflit opposant le SU Agen à son ancien capitaine Vincent Farré se poursuit. Le 16 juin dernier, le conseil de prud’hommes a condamné le club lot-et-garonnais à verser 86 400 euros au troisième ligne, auxquels s’ajoutent 1 000 euros au titre des frais de procédure.
Le SUA a toutefois décidé de faire appel. La décision n’étant pas assortie d’une exécution provisoire, ce recours suspend pour le moment le versement de la somme accordée à l’ancien joueur. Midi Olympique revient sur cette affaire.
Une prolongation négociée puis abandonnée
Vincent Farré a porté le maillot agenais entre 2017 et 2025, devenant au fil des saisons l’un des éléments importants du groupe et son capitaine.
Au début de l’année 2025, le joueur pensait avoir trouvé un accord pour poursuivre une saison supplémentaire. Il avait reçu un précontrat avant que la direction ne revienne sur cette prolongation.
Après son départ, Farré avait raconté son incompréhension face au changement de position du club.
« On a entamé des négociations durant lesquelles nous sommes tombés d’accord rapidement en février dernier. Ils m’ont envoyé un précontrat que j’ai accepté dans la foulée. Sous l’impulsion de mon manager, j’étais vraiment prêt à continuer un an de plus. Ensuite, j’ai senti le vent tourner. Je suis allé voir Jeff Fonteneau pour savoir où on en était puisque j’avais donné mon accord écrit. Et là, il a fait marche arrière. Il m’a dit qu’il était inquiet pour moi et pour ma santé parce que je m’engageais trop sur un terrain au regard de mon âge. Il cherchait à se désengager sur de faux motifs. »
La promesse d’embauche reconnue comme un contrat
Le 31 juillet 2025, Vincent Farré a saisi le conseil de prud’hommes. Il demandait notamment la requalification de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée et souhaitait faire reconnaître comme abusive la rupture intervenue le 30 juin 2025.
Le joueur a été débouté de plusieurs demandes, dont la requalification en CDI, l’indemnité compensatrice de préavis, les congés payés correspondants et certains dommages et intérêts.
Le conseil lui a cependant donné raison sur le point central de la promesse d’embauche. Le 11 février 2025, Thomas Léger, alors directeur général du SUA, lui avait envoyé par courriel une proposition intitulée « offre prolongation SUA LG – Vincent Farré ».
Le troisième ligne avait accepté cette offre par écrit le 14 mars.
« J’ai bien pris connaissance de ton offre. Je t’informe que j’accepte les termes de ta proposition et je me réjouis de continuer à jouer avec le club. »
Pour le conseil de prud’hommes, cet échange suffisait à établir l’existence d’un engagement contractuel pour la saison suivante.
La décision reconnaît ainsi un CDD allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.
« L’ensemble de ces éléments suffit à caractériser l’existence d’un contrat de travail intervenu entre le SUA et Monsieur Farré. Par conséquent, le Conseil dit que la promesse d’embauche faite à Monsieur Farré et acceptée par lui valant contrat de travail, un contrat à durée déterminée liait les parties pour la période du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026. »
Un salaire de 7 200 euros sur douze mois
Le conseil de prud’hommes a retenu un salaire mensuel brut de 7 200 euros. Sur les douze mois prévus par le contrat, les rémunérations que Vincent Farré aurait dû percevoir atteignent donc 86 400 euros.
Les juges ont considéré que l’ancien capitaine pouvait réclamer le paiement de ces rémunérations.
« C’est donc à bon droit que Monsieur Farré réclame le paiement de dommages-intérêts d’un montant au moins égal aux rémunérations qu’il aurait dû percevoir jusqu’au terme de son contrat, en l’occurrence sur douze mois. »
Le SU Agen doit également lui verser 1 000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile. L’appel du club suspend cependant l’application de cette condamnation.
L’avocat de Farré regrette l’appel
Maître Olivier Couleau affirme que la procédure a été particulièrement difficile à vivre pour son client, profondément attaché au SU Agen.
Il explique que Vincent Farré aurait préféré trouver une solution sans saisir la justice.
« Vincent Farré n’a pas communiqué pendant tout le prud’homme, car c’était particulièrement et sincèrement douloureux, pour lui, d’attaquer le club, mais il n’y avait aucune possibilité de discuter avec eux. »
L’avocat regrette désormais la décision du SUA de contester le jugement.
Selon lui, l’ancien capitaine voulait avant tout honorer la prolongation qui lui avait été proposée.
« Après qu’il a légitimement obtenu une condamnation, le fait de faire appel est très difficile et douloureux pour lui. Vincent Farré ne voulait jamais attaquer le club, il voulait juste continuer avec le contrat qui lui avait été proposé. Le fait de ne pas accepter cette décision, d’aller en appel, c’est vraiment très mal venu. »
Jean-François Fonteneau défend la position du club
Le président du SU Agen invoque pour sa part les risques entourant la santé du joueur. Il assure que la décision n’était pas motivée par la volonté d’économiser le montant d’un contrat.
Jean-François Fonteneau estime qu’il aurait été irresponsable de poursuivre dans ces conditions.
« Je sais ce qu’il s’est réellement passé. C’était, sincèrement, irresponsable de poursuivre. On estime que la situation, dans l’ensemble, était très claire s’agissant de son contexte médical par rapport aux risques qui pouvaient être encourus. Il ne s’agissait pas de faire l’économie d’un contrat. Il a voulu bénéficier de certaines choses pour arrêter, je ne maîtrise pas cette partie médicale. »
Le dirigeant affirme avoir souhaité défendre les intérêts du SUA tout en protégeant l’intégrité de Vincent Farré.
Il regrette que les deux parties ne soient pas parvenues à trouver un compromis.
« Je défends les intérêts du club, je pensais pouvoir défendre l’intégrité et l’intérêt du joueur. J’aurais vraiment souhaité, à titre personnel, que la situation se fasse et se gère différemment. J’aurais aimé trouver une solution avec lui et un compromis, car c’est un joueur qui a compté pour le club. J’avais des relations privilégiées avec lui. J’étais affecté par ces problèmes de commotion ou de blessure. La procédure donnera ce qu’elle donnera, je ne peux pas dire grand-chose de plus. »


Pourquoi faire appel si vous souhaitez protéger le joueur ?
Pourquoi le solliciter en proposant 1année supplémentaires son intégrité physique alors ne semblait pas être un frein.
J’espère que la justice des prud’hommes sanctionnera ce mauvais comportement.
Ces histoires en général entre personnes responsables et respectueuses se règle à l’amiable.