Les propos de Gaël Fickou continuent de faire polémique en France
Les propos de Gaël Fickou continuent de faire polémique en France
Le mercredi 15 avril 2026 à 23:10 par David Demri
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C’est un pavé dans la mare qui fragilise l’un des piliers de la sécurité des joueurs. Le débat sur le trucage des tests neurologiques a pris une ampleur inédite ce mardi 14 avril, suite à des déclarations sans détour de plusieurs figures du championnat.
Au cœur de la polémique : la possibilité pour certains athlètes de fausser leurs résultats de début de saison afin de rester sur la pelouse en cas de choc durant l’année.
Le « pavé dans la mare » de Gaël Fickou
Tout est parti d’une confidence de l’international français Gaël Fickou lors d’un podcast.
Le centre des Bleus a admis connaître une pratique consistant à sous-performer volontairement lors des tests de référence estivaux. En affichant des capacités cognitives moindres au repos, un joueur diminue statistiquement le risque qu’une baisse de vigilance soit détectée après un impact en match.
Pour l’ex-joueur de Vannes Sacha Valleau, le constat est amer :
« Voilà, on en vient à faire exprès d’être nul ».
La Ligue Nationale de Rugby (LNR) a immédiatement réagi, affirmant prendre ces propos au sérieux tout en rappelant que certains tests, notamment ceux liés à l’équilibre, sont techniquement impossibles à manipuler.
Une initiative individuelle plutôt qu’une pression des clubs
Si la pratique semble exister, elle ne serait pas orchestrée par l’encadrement technique. Jérôme Boisviel, ouvreur de l’US Montauban, confirme que dans chaque vestiaire, des joueurs cherchent à contourner le système pour ne pas être freinés dans leur saison.
Toutefois, il précise :
« Je ne crois pas que ça vienne des staffs qui mettraient la pression à des joueurs. »
De son côté, Malik Hamadache, président du syndicat des joueurs, se veut plus nuancé et tempère l’ampleur du phénomène :
« J’ai passé beaucoup de temps dans des vestiaires et je n’ai jamais entendu un mec me dire qu’il allait gruger les tests. Peut-être y a-t-il des joueurs assez bêtes pour jouer avec leur santé mais ils sont rares. »
La parole des experts : un système qui protège malgré tout
Pour Jean-François Chermann, référent neurologue de World Rugby, l’essentiel est ailleurs.
Via L’équipe, il rappelle que depuis la mise en place de ces protocoles, le nombre de joueurs restant sur le terrain malgré une commotion est passé de 50 % à 15 %.
A lire ci-dessous :
« Il y a longtemps, un joueur m’avait dit que lorsqu’il évoluait en Angleterre, c’était les kinés qui faisaient le test à la place des joueurs. Je l’avais bien sermonné à l’époque. Les choses ont changé. La plupart des joueurs ont conscience de la gravité des commotions et ce type de pratique ne concerne qu’une extrême minorité des joueurs. Il ne faut jamais oublier que depuis l’introduction du protocole commotion, on est passé de 50 % à 15 % de gens qui restent sur le terrain en étant commotionnés. »
Un progrès immense que défend également Ugo Mola au Stade Toulousain :
« Cela me paraît tellement gros de jouer avec sa santé. Je peux vous dire qu’ici, les mecs respectent le règlement. »
Antoine Dupont a lui aussi assuré que ses coéquipiers étaient les plus honnêtes possible sur leurs sensations.
Le danger réside pourtant dans l’instinct de compétiteur.
Un médecin de World Rugby rapporte ainsi les propos d’une star internationale :
« Quand tu entres sur le terrain et que tu suspectes une commotion, ne me demande jamais si je suis bien parce que je ne te dirai jamais la vérité. »
Un témoignage qui prouve que si la science progresse, la psychologie du joueur reste le maillon faible de la sécurité.
4 Commentaires


Pour moi, c’est L’exemple type du mercenaire.
Une vraie giroath
J’ai failli mettre un pouce vert pour giroath. Quelle inventivité
Il va falloir qu’il se reprenne Gaël, il vient de signer dans le club le plus vertueux de France où ces pratiques sont interdites.
Pour rester sérieux, faut être con de jouer avec sa santé, et ceux qui font ça pourraient le regretter plus tard.
je trouve ça très bien qu’un ancien parle de ça (évidemment, un jeune ne pourrait pas se le permettre).
Il n’y a, il faut espérer, qu’une petite partie des joueurs qui font ça (au risque de leur santé), et cette prise de parole permettra certainement à en faire baisser le nombre…