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L’interview lunaire de Rocky Elsom, actuellement en fuite après avoir été condamné par la justice française

L’interview lunaire de Rocky Elsom, actuellement en fuite après avoir été condamné par la justice française

Le samedi 25 avril 2026 à 9:00 par David Demri

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Le passage de Rocky Elsom à la tête du Racing Club Narbonnais Méditerranée (RCNM) entre 2013 et 2016 restera comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire du club audois.

L’ancien troisième ligne international australien, vainqueur des Tri-Nations et de la H Cup, est aujourd’hui un homme traqué par la justice française.

Une gestion opaque et un climat de tension

Arrivé à Narbonne en tant que joueur en 2013, Rocky Elsom devient rapidement le président et l’actionnaire majoritaire (97 %) du club en 2015. Cependant, son ascension s’accompagne de critiques acerbes sur son management, décrit par certains comme violent.

« Je n’irais pas à dire qu’il faisait régner un climat de terreur, mais il faisait peur », témoigne Eric Sirach dans les colonnes de Midi Olympique, ancien journaliste à l’Indépendant.

En coulisses, les relations avec la mairie et les partenaires se détériorent, plongeant le club dans une crise financière sans précédent avec une dette avoisinant les 750 000 euros en juin 2016.

Détournements de fonds et condamnation en justice

Les investigations judiciaires ont révélé des mouvements financiers suspects.

Il est notamment reproché à Elsom :

  • Le versement de 79 000 euros à un ancien entraîneur.

  • L’embauche d’un directeur général vivant en Australie, rémunéré 7 200 euros par mois, mais qui n’est jamais venu à Narbonne.

  • Au total, l’ancien joueur aurait détourné près de 675 000 euros.

En octobre 2024, le Tribunal Correctionnel de Narbonne le reconnaît coupable d’abus de biens sociaux et le condamne à cinq ans de prison.

En appel, le 14 mars 2025, bien qu’il soit relaxé des délits de faux et usage de faux pour des raisons de procédure, il est condamné à deux ans de prison ferme et à de lourdes amendes (plus de 300 000 euros au total).

La fuite vers l’Australie

Alors qu’il entraînait en Irlande sous une fausse identité, Rocky Elsom a pris la fuite juste avant que la police irlandaise ne frappe à sa porte. Il a réussi à regagner l’Australie, où il travaillerait actuellement comme charpentier dans l’État du Queensland.

Un troisième mandat d’arrêt international a été prononcé à son encontre, bien que son avocat, Me Le Bras, ait décidé d’interjeter appel en visant la nullité de la procédure.

Pour Narbonne, les cicatrices restent profondes : le club, placé en liquidation judiciaire après le départ d’Elsom, tente toujours de se reconstruire après ce naufrage institutionnel.

Lors d’un entretien accordé à Midi Olympique, Rocky Elsom a expliqué être boudé par les journalistes : 

J’ai toujours été d’accord pour m’exprimer. Ce sont juste les journalistes qui ne veulent pas me parler.

Dans la foulée, il indique ne jamais avoir été notifié de son procès. Extrait:

La première des choses, c’est qu’ils ne m’ont jamais notifié de ma convocation pour ce procès et qu’ils n’ont jamais essayé de me notifier. Cela semble fou mais aucun document ne peut prouver que j’ai été informé d’une audience. Mon avocat a soulevé cette question pour me défendre et personne n’a pu dire : « Oui, nous avons dit à Rocky qu’il était convoqué ».

Le procureur n’a jamais essayé de me notifier de ma convocation. Cette peine de cinq ans de prison a été prononcée par défaut. N’étant pas présent, le juge a pu trancher sans que je puisse me défendre correctement. Il n’y avait aucun moyen pour que je sois informé de ma convocation. Si vous ne me croyez pas, demandez au procureur.

Il explique être totalement innocent. Extrait:

Non seulement je suis non-coupable, mais en plus, même si j’avais fait ce que qu’on me reproche, les charges ne sont pas si graves que ça. Par exemple, ils ont dit que 100 000 euros ont été payés à mon entreprise au cours de ma présidence. J’ai dit que c’était vrai et que cette transaction avait même été validée par le conseil de surveillance. Mais ils ont dit que cette somme n’était pas encore due. Ce n’est donc pas hors la loi, c’est simplement un problème de timing. Je leur ai donc demandé à quelle date cette somme était due et ils ne m’ont pas répondu. Était-ce seulement 15 000 euros qui ont été virés trop tôt ? Était-ce un mois trop tôt ? Quelques jours ? Pourquoi n’ont-ils pas interrogé le conseil de surveillance, qui m’avait pleinement soutenu à l’époque ?

Il y a une autre accusation qui dit qu’un membre du club, qui est australien, était payé 7 200 € par mois pour ne rien faire. Qu’il n’était même pas venu sur son lieu de travail. J’ai répondu :

« Montrez-moi un seul euro qui est allé vers cette personne. Vous avez tous les comptes du club, montrez-moi ! ». Ils n’ont rien dit. Dans la liste des accusations initiales, il était également mentionné que j’avais augmenté le salaire de Daniel Halangahu. Mais ce n’est pas moi qui suis à l’origine de cela. J’ai déjà montré le document qui prouve que c’est l’ancien président (Anthony Hill, N.D.L.R.) qui a obligé le club à payer ce joueur.

Il explique ensuite pourquoi sa relation avec la mairie n’a jamais été bonne. Extrait:

Vous vous rappelez de Qatar Investment Authority ? (en 2015, un fonds d’investissement mené par un certain Jihad Manai avait tenté de racheter le club, mais cela n’avait pas abouti). Depuis le début de l’affaire, j’ai dit que ce mec n’était pas le bon, que tout le monde se trompait et qu’il n’était pas celui qu’il prétendait être. Mais le maire et l’ensemble du conseil de surveillance m’ont rétorqué que c’était une opportunité de tirer le club vers le haut et que j’étais le problème. Malgré ma réticence, ils ont dit qu’ils me forceraient à négocier avec ce gars. Ils m’ont dit qu’ils ne donneraient plus d’argent au club avant qu’un accord soit conclu et qu’ils allaient dire aux sponsors de se retirer. Ce n’est pas juste.

En 2013-2014, quand je suis arrivé au club, nous battions tous les records. Nous avions un gros bénéfice et un petit budget. Nous avions très bien géré et n’avions perdu qu’une demi-finale. Quelques mois après cela, le maire a changé et le conseil de surveillance a dit qu’il voulait reprendre le contrôle du club. Ils voulaient que j’ouvre le capital, car je possédais 99 %.

Ils voulaient avoir leur mot à dire, même si tout se passait bien avec moi. Ils voulaient reprendre le club alors qu’avant que je le redresse, ils l’avaient laissé dans une position terrible. J’ai demandé combien est-ce qu’ils voulaient investir. Ils ne voulaient rien payer.

Selon lui, le club de Narbonne a toujours été en bonne situation financière lorsqu’il y était à la tête. Extrait:

À la fin de mon aventure, en 2016, ils ont essayé de dire que le club n’était pas en bonne posture financière. C’était faux. Nous étions solides financièrement. Montrez-moi une période où le club a été en meilleure position financière que lors des deux dernières saisons. C’est important parce que jamais, dans les accusations à mon encontre, ils n’ont utilisé les analyses financières. Comment font-ils donc pour m’accuser de mauvaise gestion sans même évoquer les analyses financières de 2015 et de 2016 ? Nous avions des joueurs payés en avance, de l’argent en banque, plus d’un million d’euros au capital, aucune dette et de l’argent des investissements.

Je rajouterai que la situation du club en 2018 était presque exactement la même que celle en 2011, lorsque le club a été repris. La seule différence, c’est qu’ils n’ont pas demandé d’aide en 2018. Ils ont préféré virer Christian Labit, ce qui a coûté le maintien du club en Pro D2. Non seulement l’équipe a été extrêmement mauvaise après son départ, mais en plus Labit est allé à Carcassonne, qui a fini par devancer Narbonne au classement.

Voici ce qu’il réclame clairement : 

La chose la plus honnête serait que les investisseurs de 2016 avouent qu’ils ont attendu que je parte pour investir dans le club. Cela prouverait que je n’ai pas utilisé l’argent du club et que j’avais raison.

Il explique pourquoi il refuse absolument de faire son retour en France pour s’expliquer : 

Ce serait bien mais si je prends l’avion pour la France maintenant, je serai arrêté et placé en prison. En attendant un potentiel recours, je serai dans une cellule. Et cela pourrait prendre du temps. Le plus important, c’est d’avoir la vérité de la bouche du procureur et de Gérard Bertrand. Une fois qu’elle sera dite, il n’y aura plus rien contre moi.

Lorsque le journaliste lui demande s’il est considéré comme un homme en fuite, il répond : 

Je comprends votre question, j’adorerais y répondre. Mais pour le moment, nous devons parler de l’affaire. Il y a un mandat d’arrêt contre moi en France et vous devriez poser de sérieuses questions au procureur : pourquoi n’ai-je pas été notifié de ma convocation au tribunal ?

Le seul risque pour moi est de venir en France, parce que je serai placé en détention pour une chose injuste. Je ne peux donc pas y aller. Je viendrai en France si je peux m’expliquer sans aller en prison.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

3 Commentaires

  1. Pilou06 25 avril 2026 at 09h- Répondre

    Cette affaire me fait un peu penser à l’affaire qui a poussé le regretté Dominici au suicide Décidément il se passe de drôles de choses dans le monde du rugby C’est déplorable

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  2. En embuscade 25 avril 2026 at 12h- Répondre

    C’est un escroc point barre mais en France les escrocs ne risquent pas grand chose ils en profitent.

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  3. m 25 avril 2026 at 13h- Répondre

    Oui enfin en attendant, la justice l’a condamné et sa seule défense c’est « c’est pas vrai ». Un peu léger pour jouer la victime.

    Ca m’étonnerait qu’un juge ait donné un tel jugement sans avoir les preuves dans ses mains. Le juge pourrait répondre qu’ils ont montré toutes les preuves, mais comme il n’était pas à son procès pour les contredire …