L’une des pelouses les plus mythiques de France s’offre une révolution à 2,3 millions d’euros

L’une des pelouses les plus mythiques de France s’offre une révolution à 2,3 millions d’euros

Le dimanche 2 août 2026 à 23:32 par David Demri

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Le Stade Aurillacois s’apprête à vivre un tournant historique. Si les supporters devront patienter jusqu’au 4 septembre, lors de la réception de Dax pour la deuxième journée de Pro D2, pour découvrir officiellement la nouvelle pelouse de Jean-Alric, la révolution est déjà bien en marche.

Le mythique gazon naturel, témoin de plus d’un siècle d’histoire rugbystique, a définitivement disparu pour laisser place à une surface synthétique homologuée World Rugby. Un chantier estimé à 2,3 millions d’euros hors taxes, qui doit s’achever à la fin du mois d’août.

Le premier match de préparation entre Grenoble et Aurillac, prévu le 7 août, aurait pu inaugurer cette nouvelle pelouse. Il se disputera finalement au stade Géo-Martin, à Voiron, le chantier étant encore en cours.

Une page de l’histoire du club qui se tourne

À Aurillac, il ne s’agit pas seulement de remplacer un terrain.

Avec ses 7 800 places, dont 5 480 assises, Jean-Alric a vu défiler des générations de joueurs et de supporters. Pendant des décennies, sa pelouse naturelle a accompagné les plus belles victoires comme les plus grandes désillusions du Stade Aurillacois.

Les habitués connaissaient parfaitement son caractère. Magnifique certains week-ends d’automne, lourde, grasse ou détrempée durant l’hiver, elle faisait presque partie de l’identité du club. Les équipes adverses savaient qu’en venant à Aurillac, elles devaient composer non seulement avec le Stade Aurillacois, mais aussi avec l’altitude, le froid, le gel et des conditions de jeu souvent très exigeantes.

Le 8 mai dernier, lors de la réception de Grenoble conclue sur une défaite 38 à 36, le dernier coup de sifflet a retenti sur cette pelouse historique. Une rencontre qui marquait bien plus que la fin d’une saison : elle refermait un chapitre de l’histoire du rugby cantalien.

Les hivers du Cantal ont fini par avoir raison du gazon

Si cette décision suscite une certaine nostalgie, elle répond avant tout à des contraintes bien réelles.

Entre les épisodes neigeux, le gel, les bâches à installer puis retirer et les interventions d’urgence des équipes techniques, maintenir une pelouse naturelle de haut niveau devenait chaque année plus compliqué.

La saison dernière, il avait parfois fallu sept heures de travail aux agents pour débâcher le terrain et préserver son état avant une rencontre.

Face à ces difficultés récurrentes, les élus ont choisi de changer de modèle.

Un chantier de grande ampleur

La décision de passer au synthétique avait été validée dès février 2025.

Depuis, les travaux se succèdent avec un important terrassement, la mise en place d’un nouveau drainage, d’un fond de forme spécifique, d’un système d’arrosage adapté et d’un remplissage en liège, bien loin d’un simple revêtement artificiel posé sur l’ancien terrain.

Au-delà de la qualité de jeu, ce nouvel équipement doit permettre de réduire fortement les coûts d’entretien et de préserver les ressources en eau.

Là où la pelouse naturelle nécessitait entre 2 000 et 2 500 m³ d’eau chaque saison, le nouveau terrain ne demandera plus qu’environ 60 m³, essentiellement pour humidifier la surface avant les rencontres.

Autre avantage attendu : les joueurs professionnels pourront désormais s’entraîner sur cette pelouse tout au long de la semaine sans craindre de la détériorer.

Une tendance qui se confirme en Pro D2

Aurillac n’est d’ailleurs pas un cas isolé.

Ces dernières saisons, plusieurs clubs de Pro D2 ont également fait le choix du synthétique. Montauban a ouvert la voie en 2024, Biarritz lui a emboîté le pas l’an dernier, tandis que Colomiers vient lui aussi d’abandonner sa pelouse naturelle.

Cette évolution répond aux exigences d’un calendrier toujours plus chargé, mais aussi à la volonté de disposer d’installations plus faciles à exploiter tout au long de l’année.

À Montauban, le terrain de Sapiac a d’ailleurs terminé en tête du classement APPE 2025-2026 des pelouses synthétiques, après avoir occupé la troisième place la saison précédente.

Un dernier hommage à la pelouse historique

Conscients de la valeur symbolique de cette pelouse, Aurillac Agglomération et le Stade Aurillacois ont souhaité offrir un dernier souvenir aux supporters.

À la fin de la saison, 500 carrés de gazon naturel de 30 x 30 cm ont été proposés à la vente, à partir de 5 euros, au profit de l’école de rugby.

Une manière originale de permettre aux amoureux du club de repartir avec un véritable morceau de Jean-Alric.

Plus qu’une simple opération de collecte de fonds, cette initiative symbolisait la volonté de transmettre une partie de l’histoire du club aux générations futures.

D’ici quelques semaines, le visage de Jean-Alric aura complètement changé. Le terrain sera nouveau, les infrastructures modernisées et l’entretien largement facilité. Mais pour les supporters aurillacois, la vieille pelouse naturelle conservera toujours une place particulière dans la mémoire collective du club.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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