Méthodes secrètes et « petites querelles » avec Urios : Comment Rougerie recrute les stars du Super Rugby !
Méthodes secrètes et « petites querelles » avec Urios : Comment Rougerie recrute les stars du Super Rugby !
Le jeudi 3 septembre 2026 à 7:00 par David Demri
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Clermont a beaucoup misé sur le Super Rugby pour renforcer son effectif. Darcy Swain, AJ Lam et Etene Nanai-Seturo font partie des sept recrues estivales de l’ASM et n’ont pas été choisis pour simplement compléter le groupe.
À l’image d’Harry Plummer un an auparavant, les trois hommes ont été recrutés pour devenir des éléments majeurs de l’équipe de Christophe Urios. Aurélien Rougerie dévoile désormais les coulisses d’un recrutement qui commence parfois par cinq ou six matches visionnés dans la même journée.
Le deuxième ligne australien Darcy Swain et les Néo-Zélandais AJ Lam et Etene Nanai-Seturo viennent renforcer des postes identifiés comme prioritaires. Avec Pita Gus Sowakula et Harry Plummer déjà présents, l’influence du Super Rugby pourrait ainsi se retrouver dans une grande partie de la colonne vertébrale clermontoise.
« On avait besoin d’un état d’esprit différent »
Le choix de recruter à l’étranger répond d’abord à la situation de l’effectif. L’ASM disposait de la marge nécessaire concernant ses joueurs non-JIFF après plusieurs départs.
Mais derrière cette donnée réglementaire se cache également une volonté sportive.
Aurélien Rougerie explique dans La Montagne que Clermont recherchait des profils capables d’insuffler quelque chose de nouveau :
« Tout d’abord, on a fait le choix de recruter des non-Jiff parce qu’on avait la place. Je rappelle qu’on en a un de moins que la saison dernière. Puis, je pense qu’il nous fallait tourner la page avec ce qui avait pu se passer, on avait besoin d’un état d’esprit un peu différent, plus conquérant. On s’est donc tourné vers ces trois joueurs de grand standing. »
Pour les trouver, le responsable du recrutement clermontois ne se contente pas des statistiques.
Rougerie regarde énormément de Super Rugby et peut pousser l’exercice très loin.
L’ancien capitaine de l’ASM reconnaît des journées particulièrement chargées :
« Premièrement, je regarde beaucoup de matchs de Super Rugby, parfois de façon un peu boulimique, même si je demande à notre cellule datas de me faire des résumés. Mais des fois, je peux en regarder cinq ou six en une journée. »
Les données prennent ensuite le relais. La cellule spécialisée du club fournit des statistiques ciblées permettant de comparer plus précisément les joueurs susceptibles de correspondre aux besoins de Christophe Urios.
Mais Clermont ne recrute pas uniquement un rugbyman.
Rougerie enquête aussi sur l’homme
Une fois le profil sportif identifié, Aurélien Rougerie utilise son réseau dans l’hémisphère sud. Parmi ses contacts figurent notamment d’anciens coéquipiers, dont il préfère conserver l’identité secrète.
Leur mission est double : confirmer la valeur sportive du joueur mais, surtout, renseigner l’ASM sur son comportement et sa personnalité.
Rougerie détaille cette partie beaucoup plus discrète de son travail :
« J’active alors mes réseaux sur place. Ce sont souvent d’anciens partenaires. Pour savoir ce qu’ils en pensent sportivement déjà, mais surtout pour qu’ils me donnent des éléments au niveau extra-rugby, s’ils ont entendu des choses… Je fais aussi quelques recherches internet de mon côté, puis, vient une première prise de température auprès des agents. »
Une liste est ensuite présentée à Christophe Urios. Et les deux hommes ne sont pas systématiquement d’accord.
Rougerie raisonne sur la construction de l’effectif à deux ou trois ans quand son manager cherche logiquement à disposer le plus rapidement possible d’une équipe capable de gagner. Des visions différentes qui peuvent provoquer, selon le responsable du recrutement, quelques « petites querelles » avant de parvenir à un choix commun.
Reste ensuite à convaincre les joueurs.
La concurrence était notamment importante pour Etene Nanai-Seturo, convoité par plusieurs formations du Top 14. Clermont utilise alors ce qui pourrait apparaître comme un désavantage géographique pour en faire un argument auprès des Néo-Zélandais : la nature, un environnement moins urbain et une culture locale tournée vers le travail.
Rougerie en plaisante volontiers :
« À première vue, on n’a pas la mer, ni l’océan. Mais on a tout de même une très belle région dont il faut savoir tirer profit avec notamment ce côté nature ou le fait qu’on soit un peuple de travailleurs. »
Cette méthode avait déjà permis à Clermont de réaliser une excellente opération avec Harry Plummer. L’ASM espère désormais reproduire le même succès avec Swain, Lam et Nanai-Seturo, trois joueurs recrutés pour occuper rapidement une place centrale dans le projet de Christophe Urios.

