« On le trouvait trop petit » : Personne ne voulait miser sur Matthieu Jalibert lorsqu’il était jeune
« On le trouvait trop petit » : Personne ne voulait miser sur Matthieu Jalibert lorsqu’il était jeune
Le mardi 28 juillet 2026 à 7:00 par David Demri
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Aujourd’hui, Matthieu Jalibert est l’un des meilleurs ouvreurs du rugby mondial. Pourtant, rien ne semblait lui promettre une telle carrière lorsqu’il évoluait dans les catégories de jeunes de Bègles. Son gabarit a longtemps alimenté les doutes, au point de lui fermer certaines portes.
Premier international formé à l’école de rugby de Bègles, le demi d’ouverture de l’Union Bordeaux-Bègles a pourtant toujours cru en son destin. Sa famille et ses premiers éducateurs racontent les années qui ont forgé celui que beaucoup surnommaient déjà le « Petit Mozart ».
Une passion née dès l’enfance
Avant de rejoindre Bègles, Matthieu Jalibert découvre le rugby en Nouvelle-Calédonie, où sa famille s’installe pour des raisons professionnelles. Très vite, son talent attire les regards.
Pour Midi Olympique, sa mère se souvient des premiers signes qui lui ont fait comprendre que son fils avait quelque chose de particulier.
« Ce qui a commencé à m’interpeller, c’est qu’en Nouvelle-Calédonie, il y avait déjà beaucoup de retours, jusqu’à un article dans le journal où on parlait du « Petit Mozart », avec la photo de mon fils. C’est là que je me suis dit qu’il devait y avoir quelque chose. »
Revenue en Gironde quelques années plus tard, la famille inscrit naturellement Matthieu à l’école de rugby de Bègles. Le ballon ovale occupe déjà une place centrale dans son quotidien.
Sa mère garde aussi le souvenir d’un enfant entièrement tourné vers le rugby.
« Matthieu m’a toujours dit : « Je veux faire du rugby, je veux faire du rugby, je veux faire du rugby… » Mais moi, dans ma tête, je me disais : « Ok, oui, tu vas faire du rugby, mon cœur, il n’y a pas de souci ! » Mais en fait, je n’ai jamais imaginé qu’on en arriverait là. »
Le « Petit Mozart » impressionnait déjà ses entraîneurs
Très tôt, ses éducateurs comprennent qu’ils tiennent un joueur différent.
S’il accuse un retard physique sur plusieurs de ses camarades, sa lecture du jeu fait déjà l’unanimité.
Jean-Michel Dupouy n’a jamais oublié ce qui distinguait le jeune ouvreur.
« À cet âge, il accusait un déficit physique car sa croissance fut plus tardive que les autres. Mais il avait déjà la vision. »
Bruno Séguy, lui, se rappelle d’un tournoi qui l’a définitivement convaincu.
L’ancien éducateur raconte une action qui annonçait déjà le joueur que Jalibert est devenu.
« L’entraîneur des benjamins m’avait déjà dit qu’il m’envoyait un « Petit Mozart ». (…) Devant nous, Matthieu Jalibert venait déjà de faire ce qu’il fait aujourd’hui, petit coup de pied par-dessus. Il était fantastique. (…) Matthieu était un leader par le jeu. Pas un tacticien, c’était un joueur d’instinct. »
Un talent qui ne rentrait pas dans les cases
Malgré ses qualités techniques, Matthieu Jalibert ne convainc pas tout le monde.
Sa croissance plus tardive lui ferme notamment les portes du pôle Espoirs, où son profil est jugé insuffisant sur le plan physique.
Ses entraîneurs de l’époque se souviennent également qu’il avait même été envisagé de lui proposer une double licence afin qu’il poursuive sa progression dans un autre club.
Bruno Séguy raconte le choix effectué par son joueur.
« Matthieu l’a refusé, il a préféré rester à Bègles pour y faire ses preuves alors qu’il n’était pas sûr de jouer. »
Ce pari allait s’avérer déterminant pour la suite de sa carrière.
Le déclic qui a tout changé
L’arrivée de David Ortiz à la tête du centre de formation marque un tournant.
Alors que Jalibert poursuit des études en STAPS avec une année d’avance, il attire finalement l’attention du responsable de la formation de l’UBB.
David Ortiz se souvient parfaitement du moment où il décide de lui ouvrir les portes des Espoirs.
« Je l’ai vu un jour sur le terrain qui jouxtait celui du centre de formation. Il entraînait des enfants du club. Mais je lui ai proposé soudain de venir s’entraîner avec nous. (…) Pour son premier match, il a traversé le terrain face à l’Usap, on a gagné et il nous avait déjà offert sa « spéciale », le petit coup de pied par-dessus. »
Quelques mois plus tard, Matthieu Jalibert fait ses débuts avec l’Union Bordeaux-Bègles en Top 14. Celui que certains jugeaient trop frêle pour intégrer la filière d’excellence du rugby français allait finalement devenir le premier international formé à l’école de rugby de Bègles, avant de s’imposer comme l’un des visages du XV de France.
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