« On perd deux ou trois joueurs par match » : Ugo Mola dénonce une situation alarmante à Toulouse
« On perd deux ou trois joueurs par match » : Ugo Mola dénonce une situation alarmante à Toulouse
Le vendredi 16 octobre 2026 à 13:14 par David Demri
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À l’approche de l’entrée en lice du Stade Toulousain en Champions Cup, Ugo Mola n’a pas caché ses inquiétudes. Malgré un début de saison satisfaisant sur le plan comptable, le manager haut-garonnais doit composer avec une véritable hécatombe dans son effectif, particulièrement en deuxième ligne.
Entre calendrier surchargé, adaptation aux nouvelles règles européennes et nécessité de préserver la santé des joueurs, le technicien toulousain a livré un discours particulièrement fort avant la réception du dernier finaliste du championnat anglais.
Le retour de la Champions Cup intervient dans un calendrier déjà particulièrement dense. Pour Ugo Mola, cette première journée européenne constitue un défi supplémentaire, tant sur le plan sportif que dans la gestion de son groupe.
Un calendrier européen qui complique tout
Le manager toulousain regrette une programmation qui bouleverse les habitudes de préparation.
« Le format est de nouveau chamboulé avec notamment un match au milieu de notre marathon Top 14. C’est un match qui arrive un peu comme un cheveux sur la soupe car il n’y en a qu’un puis ensuite on repart sur du Top 14 puis les internationaux vont nous quitter puis on reviendra par un match de Coupe d’Europe avec un déplacement en Afrique du Sud. Malgré le fait qu’on peut considérer que le Stade Toulousain connait cette compétition, pour autant, chaque fois on a l’impression que c’est un peu nouveau. Donc on va tenter de s’adapter aux contraintes qui sont les nôtres et essayer de faire bonne figure au Stadium ce week-end. J’espère qu’on sera à la hauteur des gens qui nous suivent. »
Il insiste également sur les nombreuses inconnues entourant cette première rencontre européenne.
« Généralement, c’est un duo de matches et donc des périodes très identifiées plus faciles à planifier ou à manager. Il y a pas mal d’inconnu maintenant avec notamment cette équipe qui était finaliste du championnat anglais l’an dernier, elle progresse, elle a changé de mode de fonctionnement. Suite à un changement de génération, elle s’est reconstruite et elle est de nouveau performante car c’est une vrai école de rugby en Angleterre. On sait qu’il va y avoir beaucoup de choses à vite prendre en compte et notamment l’arbitrage qui sera nouveau pour nous. C’est la première fois que nous serons arbitrés par cet arbitre. Puis c’est le premier match au Stadium et il faudra nous adapter et rapidement prendre le jeu à notre compte car il y aura pas mal de nouveautés. »
Une hécatombe qui oblige Toulouse à bricoler
Les difficultés sont particulièrement importantes en deuxième ligne, où plusieurs absences contraignent le staff à modifier ses plans.
Joel Merkler sera notamment utilisé au poste de numéro 5.
Ugo Mola répond à ceux qui considèrent que Toulouse possède un effectif suffisamment large pour absorber toutes les blessures.
« Je lis certains médias qui louent le nombre incalculable de joueurs à Toulouse, mais vous vous rendez compte qu’à trois blessures on est malheureusement obligés de faire jouer d’autres joueurs à ce poste. Joel Merkler commencera le match au poste de 5. Il en a les qualités si ce n’est l’effort que ça lui demande en touche, en mêlée et le déplacement que ça nécessite. Je n’ai aucune inquiétude sur le fait qu’il donnera le maximum mais il faudra compenser aussi par ailleurs. Si on n’a pas un garçon comme Joel, on aurait été dans une situation très délicate. Il nous rend bien service. »
La situation dépasse toutefois les seules contraintes de composition d’équipe.
Le manager toulousain réclame une véritable prise de conscience concernant la santé des joueurs.
« Les six premières journées de Top 14 ont été âpres. On bat des records de blessure chez nous, la santé des joueurs va devenir un sujet majeur je l’espère dans les semaines à venir et pas seulement des déclarations de certains. Il faudra mettre la santé des joueurs au centre des dispositifs sinon on passera notre temps à constater que les joueurs ne sont plus là et ne pas s’occuper de leur santé. »
Ugo Mola détaille ensuite l’ampleur des dégâts dans son effectif, notamment avec les absences de Meafou, Flament et Vergé.
« Le jeu de massacre me peine car quand tu perds, nous avons trois joueurs opérés au poste de deuxième ligne. On perd en moyenne deux ou trois joueurs par match. Il y a un cas réel de niveau de blessure qui est lié à la configuration de notre rugby. Même quand tu as six semaines de préparation, c’est le minimum pour arriver prêt. Quand tu perds Meafou, Flament et Vergé, Brennan va enchainer au détriment de ses performances individuelles. C’est peinant et on essaye de trouver des solutions. On n’est pas là pour pleurer et se victimiser mais c’est la réalité du Top 14. Il y a une casse incroyable et on doit remettre la santé des joueurs au centre. »
Antoine Dupont capitaine et des règles européennes à apprivoiser
Dans ce contexte, le retour d’Antoine Dupont à son meilleur niveau représente un atout considérable.
Le demi de mêlée international portera le brassard de capitaine dimanche.
Ugo Mola souligne l’importance de son joueur tout en rappelant que la qualité de ses performances dépend aussi de sa préparation physique.
« Quand Antoine Dupont est sur le terrain et de bonnes conditions physiques, ça reste Antoine Dupont. C’est un joueur majeur de notre effectif, il est capable de faire des différences et de mener son équipe car il sera capitaine dimanche. Antoine ne déroge pas à la règle de se préparer, s’entraîner et performer. Il est l’archétype du sujet concernant la santé des joueurs car quand on lui donne le temps de se préparer et de s’entrainer, on a un joueur qui est plus en phase avec ses qualités et son talent. »
La compétition européenne présente également plusieurs évolutions réglementaires, notamment concernant le bonus offensif et le nombre de remplacements.
Le technicien estime que ces changements pourraient rendre les fins de rencontre particulièrement imprévisibles.
« Quand une équipe empochait le bonus offensif, elle avait tendance à gérer son match différemment. Là, le cumul de cette compétition qui est plus rythmée et le nombre de remplacements qui revient à celui qu’on a opté maintenant en Top 14 et le bonus offensif, on aura des fins de match qui risquent de basculer. Les vingt dernières minutes seront compliquées à gérer en espérant avoir la capacité de les gérer. Donc il va falloir gagner le match et il faudra prendre les points régulièrement. Les joueurs décident et j’aime bien qu’ils décident et qu’ils soient autonomes. Puis la défense est un sujet. L’obtention du bonus à quatre essais marqués permettait beaucoup plus d’orientation sur l’attaque et un degré moindre de concentration sur la défense. On est à la première journée, il faut me laisser le temps de l’appréhender. »
« C’est un sprint » : Toulouse veut retrouver le sommet européen
Malgré toutes ces difficultés, les ambitions du Stade Toulousain restent intactes.
Ugo Mola rappelle l’importance de réussir la phase de poules pour espérer aller au bout.
« On sait que les huit derniers champions ont terminé premier ou second de leur poule. Quoi vous dire d’autre ? Oui, la compétition est une compétition dans laquelle on veut toujours exister et oui à chaque compétition le Stade Toulousain veut jouer les premiers rôles. Parfois ça nous arrive et parfois ça nous échappe. »
Il évoque également la domination récente des clubs français et la nécessité d’enchaîner les performances pour décrocher le trophée.
« La Rochelle avait une domination en son temps, nous on a tenu par intermittence et Bordeaux mérite les deux derniers titres de façon assez aisée sans contestation possible. Est-ce que d’autres équipes peuvent apparaître comme Montpellier qui réalise une fin de saison honorable ? Est-ce que Bordeaux et La Rochelle seront performants ? Ce sont des choses qui vont se dessiner lors des deux premières journées. Mais si tu ne réalises pas un parcours quasi sans faute, tu es rarement en mesure de finir gagnant ou d’avoir l’énergie nécessaire pour gagner. C’est un sprint. Tu sors du marathon du Top 14 et il faut sprinter. Des équipes arrivent à gérer cela comme Bordeaux lors des deux dernières années. »
Des résultats encourageants, mais une inquiétude persistante
Sur le plan sportif, Toulouse a pourtant réalisé un début de championnat globalement convaincant.
Avec deux victoires à l’extérieur et trois bonus offensifs obtenus à domicile, les résultats répondent aux ambitions du club.
Mais Ugo Mola refuse de masquer les difficultés derrière le classement.
Le manager toulousain dresse un bilan contrasté de ses six premières journées, entre satisfaction comptable et inquiétudes sur le niveau de jeu et les blessures.
« On fait six journées en phase avec nos ambitions : on gagne deux fois dehors, on gagne trois bonus offensifs à la maison. Le match contre La Rochelle nous échappe de peu. On va dire que les débuts sont plutôt réussis. Mais il ne faut pas se leurrer. Notre championnat est long et difficile à appréhender. Je suis satisfait des résultats mais les blessures nous interrogent beaucoup. On a analysé les causes en interne pour essayer de comprendre s’il y a des choses à rectifier. Mais les différentes blessures nous posent problème. Le sujet majeur est d’être à la hauteur de la compétition et le dernier finaliste en date du championnat anglais reste redoutable.
Est-ce que l’on aura le niveau pour tenir les 40 minutes de temps de jeu effectif ? Je n’en suis pas totalement sûr. Mais dans les contraintes, on trouve toujours des choses intéressantes à voir. Nos contraintes de blessures font émerger de nouveaux garçons, de nouvelles têtes. Ca permet d’étalonner certains. Le niveau de rugby a été assez remarquable contre l’UBB et Montpellier, même à Castres sur l’état d’esprit. Ce week-end contre Bayonne, le niveau défensif n’était pas au rendez-vous mais on met 45 points à une équipe qui était venue avec son effectif presque à plein. On va dire qu’on est satisfait mais on n’est pas dupe sur notre qualité de jeu du moment. »


Oui..ouin..ouin…
Hugo Mocalimero reprend l’hymne toulousain très tôt cette année.
Pleureuse blues…
Un peu comme tous les clubs. La différence, c’est la profondeur de banc. Un jour, les instances devront se poser les bonnes questions à ce sujet.