On sait pourquoi les conseils de Romain Bouvier ont décidé de faire appel

On sait pourquoi les conseils de Romain Bouvier ont décidé de faire appel

Le vendredi 2 octobre 2026 à 23:17 par David Demri

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L’affaire judiciaire entourant la mort de Federico Martin Aramburu n’est pas terminée. Condamné le 25 septembre à 19 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre sur l’ancien international Argentin, Romain Bouvier a décidé de faire appel. Il sera donc rejugé. Son coaccusé Loïk Le Priol, condamné à 26 ans pour le meurtre de l’ancien rugbyman, n’avait pour sa part pas encore annoncé sa décision au moment de cette information.

Trois semaines de procès n’auront donc pas définitivement refermé le dossier.

Romain Bouvier disposait encore de plusieurs jours pour décider s’il acceptait sa condamnation prononcée par la cour d’assises de Paris. Il n’a finalement pas attendu l’expiration du délai.

L’ancien étudiant en droit a décidé vendredi de faire appel.

Condamné à 19 ans de réclusion criminelle

Le 25 septembre, Romain Bouvier avait été condamné à 19 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre sur Federico Martin Aramburu.

Les faits remontent au 19 mars 2022.

L’ancien international Argentin avait été tué par balles dans le VIe arrondissement de Paris après une altercation impliquant notamment Romain Bouvier et Loïk Le Priol.

Au terme de trois semaines d’audience, marquées par de nombreux témoignages et la diffusion d’images de vidéosurveillance, la cour d’assises n’avait pas retenu la préméditation.

Loïk Le Priol, désigné comme l’auteur des tirs mortels, avait été condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour meurtre.

Au moment de l’annonce de l’appel de Romain Bouvier, il disposait encore de trois jours pour décider s’il souhaitait lui aussi contester sa condamnation.

La défense de Bouvier conteste l’analyse du premier procès

En faisant appel, Romain Bouvier ouvre donc la voie à un nouveau procès.

Son conseil estime notamment que les débats ont accordé une place trop importante à l’idéologie d’ultra-droite associée à son client, au détriment de l’analyse de sa personnalité et des circonstances précises des faits.

Dans un communiqué, sa défense explique les raisons de cette contestation.

« Si d’un point de vue juridique les mobiles racistes ou idéologiques n’ont évidemment et heureusement jamais été retenus, l’assignation définitive et sans nuance à une idéologie d’ultra droite a presque occupé plus de temps dans les débats que l’analyse des faits eux-mêmes et a construit une figure du mal dans laquelle on l’a enfermé ce qui a rendu à l’évidence impossible de penser à la fois : Sa personnalité dans sa complexité et son humanité qui semblait presque lui être déniée ; Les éléments factuels et circonstanciels, très singuliers, les violences premières des rugbymen, les raisons de ses tirs pour lesquels il n’a néanmoins jamais invoqué de légitime défense ; Sa totale absence d’intention homicide. »

La cour avait cependant retenu une intention homicide, malgré les explications apportées par les accusés durant le procès.

« Leurs intentions homicides ont été retenues »

Du côté de la famille de Federico Martin Aramburu, Me Yann Le Bras rappelle que les accusés ont pu longuement présenter leur défense au cours des trois semaines d’audience.

L’avocat des parties civiles reconnaît néanmoins pleinement le droit de Romain Bouvier à demander un nouveau procès.

Il revient sur le verdict tout en prenant acte de l’appel.

« Les accusés ont droit à un procès équitable. Ils peuvent faire citer des témoins, des experts et faire valoir leurs moyens de défense. C’est ce qui vient de s’achever après un procès de 3 semaines de haute intensité. Au cours de ce procès, ils ont pu longuement s’exprimer et s’expliquer sur les faits reprochés. »

Puis l’avocat poursuit :

« Leurs intentions homicides ont été retenues malgré leurs protestations et explications. Pour les parties civiles, qui ont également pu participer et suivre le procès, les intentions criminelles sont pourtant clairement établies. Et il semble que tout ceux qui ont participé ou suivi l’ont compris et admis. Le droit au procès s’accompagne du droit d’appel pour faire rejuger l’affaire. Quelque soit l’affliction que cela peut engendrer chez les parties civiles, celles et ceux que nous défendons ne peuvent que reconnaître à cet accusé condamné ce droit inaliénable. »

Deux autres personnes avaient également été condamnées à l’issue du premier procès : Lyson R., ancienne compagne de Loïk Le Priol, à trois ans de prison dont trente mois avec sursis, et Antony S., ami de Romain Bouvier, à trois ans de prison avec sursis. Lyson R. a décidé de ne pas faire appel.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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