« On sait que ça va être très difficile d’aller montrer un beau visage à Toulon dimanche » annonce Yannick Bru
« On sait que ça va être très difficile d’aller montrer un beau visage à Toulon dimanche » annonce Yannick Bru
Le samedi 23 mai 2026 à 23:42 par David Demri
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Le manager de l’UBB, Yannick Bru s’est longuement confié via RMC Sport suite à la victoire de ses joueurs remportée contre le Leinster, en finale de la Champions Cup.
Bien évidemment, il félicite ses joueurs pour cette belle réussite.
Il se dit très fier. Extrait:
« On passe d’un invité surprise à quelqu’un qui confirme et qui confirme sa solidité à ce niveau. Je ne dis pas qu’on est rentrés dans la cour des très grands parce qu’on est quand même très loin d’une équipe comme le Leinster qu’on a battu aujourd’hui mais qui a quatre trophées et « x » participations à la finale. Donc voilà, on garde les pieds sur terre mais franchement, ce que les joueurs ont accompli cette année, en termes de professionnalisme, c’est exceptionnel. Depuis la première journée à Prétoria, jusqu’à cette finale, notamment la première mi-temps, le parcours a été quasi parfait sur leur implication mais aussi sur leurs efforts. De tout le groupe, de tout le club, de la direction jusqu’aux administratifs, on a tout mieux géré que l’année dernière. Sur la partie logistique, on a cherché à s’améliorer sur tous les petits détails.
Et franchement, que ce soit la phase de poule ou le quart de finale face à Toulouse, la demi-finale face au champion d’Angleterre, la finale face aux Leinster, en tout point de vue, cette campagne européenne, elle nous rend très fiers du parcours des joueurs. Franchement, il faut savoir l’apprécier, je pense qu’on ne le refera jamais. Je pense que les joueurs ne referont jamais un parcours comme ça mais là ils l’ont fait. Après ils sont tellement un peu spéciaux qu’ils peuvent me faire mentir mais je sais que ça sera quasiment impossible de remettre autant d’intensité sur la campagne de Champions Cup la saison prochaine. Donc bravo, bravo à eux, vraiment à eux et j’espère qu’ils vont profiter comme ils l’ont mérité. »
Il analyse la rencontre et estime que le carton jaune écopé par Maxime Lucu est très sévère. Extrait:
« On avait parlé dans la semaine d’essayer de faire un match parfait pour ce dernier. Je crois qu’effectivement, la première période en termes d’efforts, en termes de connexion entre les joueurs et on savait que c’était important parce que le Leinster allait nous proposer un jeu très structuré, basé beaucoup sur l’organisation, les efforts. On connait bien leur entraîneur Sud-africain, donc sur le plan de marche qui était surtout concerné sur les duels aériens, le travail au sol, la qualité défensive, franchement, les efforts ont été magnifiques sur la première mi-temps et comme souvent quand on fait les efforts, on a les bons rebonds et on a des petits coups de pouce du destin parce qu’on a aussi été chanceux sur la première mi-temps. C’est vrai qu’on rentre au vestiaire avec un discours difficile à tenir parce qu’on sent que l’équipe est en train de faire un match magnifique. Et comme souvent quand on fait un match magnifique, il se passe ce qui s’est passé.
On a été un peu indisciplinés en deuxième mi-temps. Honnêtement, le carton jaune contre Max Lucu est quand même ultra sévère mais on fait la deuxième mi-temps avec deux cartons jaunes et là on a vu que le rapport de force était inversé. Heureusement qu’on avait pris beaucoup d’avance sur la première mi-temps mais c’est vrai que c’est peut-être la meilleure mi-temps qu’on a réalisé depuis le début de la saison. »
Il explique comment son équipe a pris confiance au fil du match pour finalement mettre cette équipe au point de rupture. Extrait:
« On l’a dit, il y a eu beaucoup d’efforts. Max Lucu a parlé beaucoup d’organisation. Malgré tout, si vraiment on est dans le détail du détail, on a un premier lancement de jeu où on sort un peu du plan et on cherche à jouer dans le dos, on fait un en avant. On a une première sortie de camp où on fait un maul avec nos avants, on se fait secouer sur le lift et il y a un turnover qui débouche sur la première possession du Leinster. On démarre le match à 0 à 7. Donc tout n’a pas été parfait mais le match parfait n’existe pas, on le sait. Mais après, c’est vrai que comme dit Max, tout le monde est rentré dans le plan.
On a été très frontal au début, on a gagné les collisions, on s’est gagné le droit d’aller jouer sur les extérieurs et c’est vrai qu’on a senti que le Leinster était un peu acculé, d’autant plus qu’on était un peu dominant devant. Sur plusieurs mêlés, ils étaient au point de rupture et on sentait que quand on rentrait dans leurs 30 mètres, on pouvait marquer. La confiance s’est agrandie petit à petit grâce à ces collisions maîtrisées. Et après, on a un peu de chance aussi, comme souvent, quand on provoque les choses, on a des interceptions, des rebonds favorables. Mais quand on gagne les rebonds, ce n’est pas le hasard non plus. On savait que le Leinster était maître dans l’art de gagner les rebonds autour des duels aériens et je crois qu’on les a tous gagnés aujourd’hui. C’est juste qu’il y avait une envie, une intensité physique qui était un peu supérieure chez nous. Et après, le destin t’aide un peu et peut-être que 35 à 0, c’est trop cher payé. Mais je pense qu’on a mérité d’être largement devant à la mi-temps. »
Il poursuit avec le secteur de la touche. Extrait:
« Concernant la touche, déjà j’ai une pensée pour Cameron Woki, qui malheureusement s’est blessé au genou. Je crois que la touche était un enjeu majeur du match et les phases statiques en général. Mais la touche en particulier, le Leinster marquait quasiment 50% de ses essais à partir de touche. On savait l’expertise de cette équipe sur les trois premiers temps de jeu, notamment autour de la touche, donc on avait choisi de les embêter déjà à la source. Ça a bien marché. C’était un enjeu majeur du match, donc bravo à Shaun Sowerby, bravo aux avants, bravo aux leaders de touche qui ont fait un gros travail dans la semaine par rapport à ça.
Et deuxièmement, on n’avait pas prévu de monter à rush défense, on voulait monter fort sur leur cellule. A mon goût, on aurait pu monter plus fort en fin de première mi-temps, on les a laissés un petit peu réciter. Mais globalement, on voulait monter assez fort et c’est vrai qu’on a certains mecs qui ont « snipé » des cellules et à un moment, notamment Yoram Moefana, et d’autres joueurs qui ont bien lu. On sait que le Leinster a une architecture de leur jeu qui est quand même très organisée, très méthodique, avec des passes qui sont millimétrées. Je crois qu’on a très bien étudié ça aussi. Je pense que les joueurs avaient les idées claires, ils avaient fait un gros boulot dans la semaine d’analyse. Ils avaient vraiment envie de gagner ce deuxième trophée. Donc voilà, c’est une belle récompense pour le travail qui a été accompli cette semaine. »
Il tente ensuite d’expliquer pourquoi son équipe s’est montrée très faible contre l’USAP avant de renverser le Leinster de la sorte :
« C’est assez simple. Si je me ramène à ton métier, imagine que tu as écrit l’article de ta vie, une semaine, et que tu donnes tout ce que tu as pour écrire cet article-là. Une fois que tu as remis cet article-là, l’article d’après qu’il y a à écrire, il est plus difficile. Parce que tu as mis énormément d’énergie pour donner le meilleur de toi-même. C’est un petit peu le raccourci de notre saison. Aujourd’hui, les joueurs ne sont pas des robots. On a trois saisons à mener à l’UBB. La saison de Top 14, la saison internationale et la saison de Champions Cup. C’est vrai que souvent, nous quand on joue un Champions Cup, on met notre équipe type. La semaine avant il y a eu Top 14, la semaine après il y a eu Top 14. D’autres font d’autres choix et je ne conteste pas ces choix. Je sais que ça nous a un peu sauté à la figure plusieurs fois cette année en Top 14.
Mais les joueurs ne sont pas des machines. Quand tu joues Perpignan et que tu sais très bien que tu vas jouer le Leinster et que tu vas avoir un combat de boxe triple XL, c’est humain de se protéger un peu et de garder des ressources pour le très bel article que tu as à écrire la semaine d’après. C’est l’histoire de notre saison. En plus, on a eu des blessés parce qu’on est en saison 2. Je ne vais pas faire la pleureuse, mais on a joué énormément de matchs la saison dernière. On a eu des joueurs très importants blessés cette année, dont Max Lucu, Yoram Moefana, Romain Buros, Jean-Luc Du Preez. Comme toutes les équipes, parce que vous savez très bien que notre Top 14, c’est un combat de boxe tous les week-ends. Les joueurs ne sont pas des robots. Maintenant qu’on est délestés de ce Champions Cup, on va bien célébrer ça. J’espère qu’on va avoir toutes les ressources pour montrer notre vrai visage en Top 14. J’ai hâte qu’on montre notre vrai visage en Top 14 avec ce combat à mener. J’espère que le destin va nous aider, parce que c’est très mal engagé. »
Pour conclure, il met en avant le niveau du Top 14. Extrait:
« J’ai eu la chance de disputer le championnat URC avec une équipe sud-africaine. Je me rends compte que notre Top 14 est terriblement physique, terriblement dur. Il faut maîtriser les moindres détails dans la préparation. J’ai souvent dit cette saison que si on a deux ou trois joueurs dans les 23 qui ne sont pas prêts à tout laisser sur la pelouse, on ne remporte pas le match. C’est vrai que la victoire de Montpellier, hier soir, bravo aux Montpellierains, et la nôtre aujourd’hui, montrent qu’aujourd’hui le Top 14 est d’une exigence incroyable. Que ce soit en termes de présence physique, de préparation tactique des matchs, de fraîcheur mentale, des joueurs aussi.
Je pense qu’en France, on a construit quelque chose de spécial. Il faut féliciter tous ceux qui ont participé à ça. Mais c’est aussi quelque chose qui est très énergivore. On a laissé encore quelques joueurs dans la bataille aujourd’hui. On sait que ça va être très difficile d’aller montrer un beau visage à Toulon dimanche, mais on doit faire ça. On doit faire ça, pour ne pas jeter notre saison dans la poubelle. C’est vrai que moi j’appelle à la responsabilité de tous nos joueurs. Vous imaginez bien les sacrifices qu’ils ont fait depuis le mois de décembre. Ça mérite quand même quelques soirées et de fêter ça. Mais on a aussi le Top 14 qui revient et on sait très bien qu’on sera critiqué durement dans 5-6 jours si on n’est pas qualifié en Top 14. »
8 Commentaires


Accueillons les avec respect en tant que beau champion d’Europe mais profitons d’un probable relâchement pour prendre le plus de points possible
Exactement.
Mais si on devait s’imposer a Mayol surtout pas de chambrage. Ce serait mal venu.
On sait ce que c’est par ici de gagner de perdre des finales.
Eric.
C’est sûr qu’après quelques deux ou trois jours de festivités, ça va être très dur de reprendre le collier et bien figurer … mais pour cette saison, un bel objectif est déjà atteint … pour le Top14, je crois qu’on va avoir beaucoup de difficultés . Allez UBB !
En fait,vaut il mieux jouer la semaine suivante en gagnant un titre , fatigué mais… heureux qu’une équipe en plein doute et désarroi à domicile éliminée de toutes compétitions…?
Ils vont envoyer leurs espoirs du coup
Score malgré tout flatteur beaucoup de chance sur les contres et les interception s
Quelle analyse ! On se rend compte de l’incroyable travail..mais aussi de l’investissement de tous. Et surtout de rappeler que ce ne sont pas des robots. La fête est encore plus belle
L’envoie d’u e équipe bis ,la seule solution pour une victoire du RCT