Peato Mauvaka raconte sa longue convalescence et son grand retour à la compétition : « J’avais peur de rechuter »
Peato Mauvaka raconte sa longue convalescence et son grand retour à la compétition : « J’avais peur de rechuter »
Le samedi 10 janvier 2026 à 1:00 par David Demri
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Le talonneur du Stade-Toulousain, Peato Mauvaka a récemment repris la compétition après de longs mois d’arrêt.
Interrogé via Midi Olympique, ce-dernier a raconté son retour sur les terrains, lors du match contre l’USAP.
Il avoue avoir ressenti du soulagement de pouvoir de nouveau jouer. Extrait:
Du soulagement et des papillons dans le ventre. J’avais envie de revivre ces moments de stress d’avant-match. Je ne suis pas un mec qui ressent la pression avant les rencontres. Mais là, après huit mois, j’en avais un peu… J’en parlais justement avec ma chérie et je lui disais que ça ne m’arrivait pas souvent d’avoir ce stress-là. Mais, dès que je suis entré sur le terrain, c’est vite parti.
Moi, j’essaie de prendre du plaisir, de rigoler sur le terrain. C’est ça qui me fait évacuer la pression. Je ne m’attendais pas forcément à faire une longue course avec le ballon dès les premières minutes, mais ça m’a fait du bien. Mon stress était surtout par rapport à mon genou.
Il affirme avoir eu très peur de la rechute. Extrait:
J’avais peur de rechuter. Quand tu passes huit mois loin des terrains, tu as cette appréhension. Ça arrive tellement vite… J’hésitais avant le match à le strapper ou pas. Je ne l’ai pas fait. Je me suis dit que c’était psychologique, que j’avais bien travaillé et que ça allait tenir. Je sais que je suis moins fort que sur le genou gauche pour l’instant. Mais j’ai eu la chance de faire cette action d’entrée. Ça m’a fait un peu oublier mon genou. Malgré la défaite, j’étais heureux.
Il précise ressentir toujours une petite gêne. Extrait:
J’ai juste… Ce n’est pas une douleur, mais une petite gêne. Après, j’ai bien bossé et je me dis que ça va partir avec le temps. Le but est de redevenir aussi fort que sur la jambe gauche. J’ai l’impression d’être un jeune qui débute. À Perpignan, il y avait beaucoup de jeunes dans l’équipe et j’étais comme un gamin qui jouait son premier match en pro.
Il ne cache pas que cette blessure a été très délicate à gérer. Mais grâce à son fils, il a réussi à surmonter les obstacles. Extrait:
C’était très dur les premiers jours. Mais j’ai eu tellement de chance d’avoir mon fils à ce moment-là. C’est là que tu te rends compte que ça va tellement vite. Je n’ai pas vu le temps passer… C’était tellement bien. Romain Ntamack m’avait dit quand il revenait des croisés : « Les seules vacances que tu as vraiment, c’est quand tu te blesses. » Lui aussi était devenu papa au moment de sa blessure. J’ai pu profiter de mon fils, de ma famille. J’ai passé une bonne rééducation. J’ai vu grandir mon fils. Et quand je regarde les photos aujourd’hui, celles où il n’a pas encore de cheveux, je me dis que ça passe trop vite.
Durant sa blessure, il indique avoir totalement coupé avec le rugby. Extrait:
J’étais complètement coupé du rugby. Je me suis rendu compte qu’en temps normal, même si on a des journées off, on est rarement à la maison. Le premier mois, je faisais ma rééducation à Médipole la matinée. Puis, je suis parti trois semaines à Capbreton, avec ma petite famille. C’était l’été, je ne travaillais que la matinée… Maintenant, j’ai repris le rythme avec l’équipe. Mais c’était trop bien de… (Il coupe et rigole). Je ne fais que parler de mon petit, je ne peux pas m’en empêcher ! Il dort bien, il n’a pas de sucette, il est vraiment top. Là, il me tarde de rentrer pour lui donner le bain. Je ne l’ai pas vécu comme une souffrance. Le seul truc qui me manquait, c’étaient les soirées à l’hôtel avec tous les mecs, quand on mange ensemble, etc. La vie de groupe, quoi.
Il précise cependant que la défaite en demi-finale de la Coupe d’Europe a été un moment délicat à vivre pour lui. Extrait:
La demi-finale de Champions Cup a été difficile, car je me suis blessé durant la semaine de préparation. En plus, on a perdu. Je regardais le match, j’avais mal au genou et je me disais qu’à trois jours près, j’étais sur le terrain. Mais ensuite, j’ai adoré les déplacements avec les familles.
Oui, d’être dans le train et dans le stade avec les proches et les amis. Pour la finale de Top 14, on est parti le jour même. C’est la première fois que je n’étais pas sur le terrain, que j’y étais en supporter. C’était cool, même si j’espère que ça n’arrivera plus jamais.
Finalement, le plus dur a été de ne pas vouloir aller trop vite. Extrait:
Le plus dur, c’est d’être en avance. Tu as l’impression que tu es au bout, mais il faut attendre six mois pour la cicatrisation. Moi, j’avais l’impression de pouvoir reprendre à cinq mois. Quand je me suis blessé, je venais d’être papa et j’ai d’abord cru que c’était à cause de ça. Le premier mois, tu ne dors pas très bien. Mais ensuite, je me suis dit que c’était écrit et que je devais prendre mon mal en patience. Là encore, ma famille m’a aidé.
Il affirme avoir beaucoup côtoyé Antoine Dupont qui s’est blessé au même moment. Extrait:
Oui, car on faisait souvent des séances ensemble, notamment de reprise de course. Normalement, on aurait dû retrouver la compétition à peu près en même temps, mais il l’a fait un mois avant moi. Juste avant de voir la sortie, je me suis un peu déchiré l’ischio, ce qui m’a fait couper deux semaines. Puis, j’ai dû recommencer à zéro. Mais si je me suis fait mal, c’était sûrement à cause d’une accumulation. Je ne devais juste pas reprendre avec Toto (sourire).
Il regrette de ne pas avoir pu jouer la Tournée d’automne. Extrait:
J’aurais aimé faire partie du groupe, c’est sûr. Et surtout jouer contre l’Afrique du Sud. C’est vrai pour les trois matchs mais j’avais un petit pincement au cœur contre les Boks. J’espère que j’aurai la chance d’en jouer d’autres avec l’équipe de France. Mais pour l’instant, il faut que je bosse pour retrouver ce maillot.
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