Personne ne voulait de lui : le parcours fou de Huw Jones avant de rejoindre le RCT

Personne ne voulait de lui : le parcours fou de Huw Jones avant de rejoindre le RCT

Le samedi 15 août 2026 à 16:23 par David Demri

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Avant de rejoindre le Rugby Club Toulonnais, Huw Jones a emprunté un chemin que peu de joueurs de très haut niveau ont connu. Recalé par toutes les académies britanniques à la sortie du lycée, le futur international écossais a dû partir seul en Afrique du Sud pour relancer son rêve de devenir professionnel. Une décision qui allait bouleverser sa carrière.

Aujourd’hui considéré comme l’une des références mondiales au poste de trois-quarts centre, le Lion britannique revient sur un parcours fait de refus, de doutes, mais surtout de résilience.

Une enfance tournée vers le sport

Si ses parents, tous deux enseignants et passionnés de musique, lui ont fait découvrir plusieurs instruments, Huw Jones a très vite développé une autre passion.

Le futur international écossais passait le plus clair de son temps dehors, ballon à la main, avec une seule idée en tête : gagner.

Au cours d’un entretien accordé à Var-matin, le nouveau joueur du RCT se souvient de cette période.

« Enfant, j’adorais tous les sports. Le football, le rugby, le cricket… J’ai tout pratiqué. Je voulais à chaque fois être le meilleur, quitte à ne pas toujours travailler dur à l’école. Mes deux frères ont aussi eu une certaine importance. Celui qui est juste au-dessus de moi me permettait de me dépasser. C’est avec ça que l’esprit de compétition est arrivé. »

Très tôt, il rejoint l’école de Millfield, réputée pour la qualité de sa formation sportive. Pourtant, rien ne le prédestine encore à devenir l’un des meilleurs centres du circuit international.

À l’époque, son profil était bien différent.

« À l’époque, j’étais assez petit. Jusqu’à l’âge de 16 ans, je jouais notamment demi de mêlée. Et il y a une chose que je ne voulais surtout pas, c’était me faire plaquer. Du coup, je cherchais toujours l’espace. Je me figurais une ligne de course à l’extérieur du champ de vision de l’adversaire pour venir couper et exploiter l’angle mort. Au fur et à mesure, j’ai pris de l’âge et suis devenu plus grand, plus costaud. Aujourd’hui, je peux toujours fonctionner comme ça, mais avec davantage de puissance. »

Toutes les portes se ferment

À la sortie du lycée, le rêve semble pourtant s’écrouler.

Aucun club ne lui propose d’intégrer son académie. Une immense désillusion pour le jeune Écossais.

Il se rappelle parfaitement de ce moment.

« Lorsque j’ai terminé le lycée, je n’avais reçu aucune offre de contrat pour intégrer une académie. Ce n’était pas réaliste de penser que j’allais devenir un joueur professionnel. »

Plutôt que d’abandonner définitivement le rugby, Huw Jones choisit alors une voie totalement inattendue.

Le pari fou de l’Afrique du Sud

À seulement 18 ans, il s’envole seul vers Le Cap.

L’objectif n’est plus vraiment de devenir joueur professionnel, mais de vivre une nouvelle expérience.

Il travaille dans une école tout en évoluant dans le petit club amateur de False Bay.

Un choix qui va tout changer.

« Je me suis envolé seul pour Le Cap, en Afrique du Sud. Je travaillais dans une école comme coach de rugby. J’y faisais aussi quelques tâches assez variées. J’ai dû grandir très vite. Et à côté, je me suis engagé dans un petit club amateur, False Bay. En fait, je voulais surtout jouer dans un nouvel endroit, sans pour autant repenser à ce rêve que j’avais d’être professionnel. Je m’étais dit que ça allait devenir compliqué… Mais je ne l’avais pas non plus abandonné. »

Le destin finit alors par lui sourire.

Son entraîneur rejoint l’université du Cap et lui ouvre les portes d’un environnement bien plus compétitif.

Huw Jones décide alors de rester en Afrique du Sud.

« Le coach de False Bay partait pour l’université du Cap. Il voulait que je joue au rugby pour eux, et donc que j’étudie là-bas. J’aimais cette expérience de vie, cette nouvelle culture, ce pays. Je ne suis pas rentré en Angleterre. »

La carrière décolle enfin

Quelques mois plus tard, tout s’accélère.

Ses performances attirent l’attention de la Western Province puis des Stormers, l’une des plus grandes franchises du rugby sud-africain.

Une trajectoire que personne n’aurait imaginée quelques années auparavant.

Le centre écossais en sourit encore aujourd’hui.

« C’était complètement fou. En Angleterre, beaucoup n’arrivaient pas à le croire. À force, je pense que même mes parents s’étaient fait une raison. Trois ans avant ça, aucune académie n’avait voulu de moi et, là, je jouais en Super Rugby ! »

Quelques années plus tard, Huw Jones deviendra international écossais, remportera le United Rugby Championship avec Glasgow, découvrira les Lions britanniques et irlandais puis rejoindra le Rugby Club Toulonnais. Une trajectoire hors du commun qui rappelle qu’un premier échec ne condamne jamais une carrière.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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