Pour Jean-Baptiste Élissalde, trois Français sont sortis du lot face aux All Blacks
Pour Jean-Baptiste Élissalde, trois Français sont sortis du lot face aux All Blacks
Le dimanche 5 juillet 2026 à 1:18 par David Demri
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La courte défaite du XV de France en Nouvelle-Zélande (34-32) continue d’alimenter les analyses. Si les Bleus sont passés à deux points d’un exploit historique à Christchurch, leur prestation a laissé entrevoir de nombreuses promesses.
Consultant pour L’Équipe et ancien demi de mêlée international, Jean-Baptiste Élissalde estime que cette première sortie dans le Championnat des nations confirme avant tout la qualité du projet de jeu développé par Fabien Galthié. Selon lui, les Français ont affiché une richesse offensive remarquable, même si plusieurs lacunes défensives leur ont finalement coûté la victoire.
L’ancien numéro 9 tricolore voit également plusieurs joueurs avoir marqué de précieux points.
Une attaque déjà très aboutie
Avant le coup d’envoi, Jean-Baptiste Élissalde s’attendait à une rencontre très équilibrée entre deux équipes en pleine reconstruction.
À ses yeux, la France disposait toutefois d’un avantage important grâce à un système de jeu déjà parfaitement assimilé par les joueurs.
L’ancien demi de mêlée estime que les Bleus ont confirmé leur maîtrise offensive malgré la défaite.
« Je m’attendais à une rencontre serrée. La Nouvelle-Zélande présentait une équipe largement renouvelée, avec un nouveau staff et des repères collectifs en construction. La France, elle, arrivait avec des joueurs marqués par une longue et exigeante saison, mais disposait d’un avantage majeur : une connaissance approfondie de son projet de jeu. Cette première sortie laisse finalement une impression contrastée. L’animation offensive française démontre que les principes de jeu sont parfaitement assimilés. En revanche, les exigences du très haut niveau international rappellent qu’une organisation défensive imparfaite, notamment dans la circulation des avants et les connexions autour des rucks, se paie immédiatement au très haut niveau. »
Pour le consultant, le principal motif de satisfaction ne réside d’ailleurs pas uniquement dans les quatre essais inscrits, mais surtout dans leur variété.
Il souligne que chacun d’entre eux illustre une facette différente du système offensif français : le jeu de continuité sur l’essai de Damian Penaud, la capacité à exploiter rapidement les ballons de récupération sur celui d’Antoine Hastoy, ou encore les attaques dans l’axe parfaitement construites qui ont permis à Matthieu Jalibert de conclure en fin de rencontre.
Jean-Baptiste Élissalde voit dans cette diversité offensive un signal très encourageant.
« Offensivement, plus que les quatre essais inscrits, c’est leur diversité qui est intéressante. (…) Trois essais, trois formes d’attaque différentes : c’est probablement le principal enseignement positif de cette rencontre. »
Une défense encore perfectible
Si l’attaque française a convaincu, le consultant estime que la défense reste le principal chantier du XV de France.
Selon lui, les difficultés sont principalement venues du manque de vitesse dans le replacement des avants autour des rucks, un secteur que les All Blacks ont parfaitement su exploiter.
Même s’il a observé une nette amélioration après la pause, Jean-Baptiste Élissalde considère que les ajustements sont encore insuffisants pour rivaliser durablement avec les meilleures équipes du monde.
Il pointe les secteurs qui ont empêché les Bleus de faire basculer la rencontre.
« En revanche, les difficultés défensives ont empêché les Bleus de maîtriser le match. La principale faiblesse est venue de la circulation des avants. Le replacement autour des rucks a très souvent manqué de vitesse. La deuxième période a montré quelques ajustements intéressants. Les Français ont mieux contrôlé les zones de ruck, en se consommant moins et en ralentissant davantage les sorties de balle adverses avec un peu plus de cohérence dans leur organisation. Insuffisant, malgré tout. »
Jalibert, Gazzotti et Brau-Boirie séduisent
Au moment de distribuer les satisfecit, trois joueurs retiennent particulièrement son attention.
Matthieu Jalibert confirme son statut de leader offensif, tandis que Marko Gazzotti s’est illustré par son activité dans le combat. Quant à Fabien Brau-Boirie, il continue de convaincre malgré son manque d’expérience au plus haut niveau.
Jean-Baptiste Élissalde n’a pas caché son admiration pour les prestations de ces trois Français.
« Individuellement, deux « nouveaux » et un « ancien » se sont particulièrement distingués. « L’ancien », c’est Matthieu Jalibert, encore libre et solide. Devant, Marko Gazzotti a constamment avancé au contact, enchaîné les tâches obscures et offert de la continuité. Derrière, Fabien Brau-Boirie a confirmé toutes les qualités aperçues ces derniers mois. Au-delà de ses actions visibles, c’est surtout sa lecture du jeu et sa faculté à accélérer le tempo qui m’ont marqué. C’est mon chouchou et ce n’est pas nouveau ! »
Au final, Jean-Baptiste Élissalde retient davantage les promesses que les regrets. Si les Bleus ont encore des progrès à accomplir défensivement, leur capacité à proposer des formes d’attaque variées laisse entrevoir un potentiel particulièrement intéressant pour la suite du Championnat des nations.
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