Pourquoi la défense du Stade Toulousain a été rejetée par la Commission d’appel de la FFR

Pourquoi la défense du Stade Toulousain a été rejetée par la Commission d’appel de la FFR

Le vendredi 28 août 2026 à 10:15 par David Demri

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Le Stade Toulousain n’est pas parvenu à faire tomber sa condamnation dans l’affaire du contrat d’image d’Anthony Jelonch. Saisie par le club après une première sanction particulièrement lourde prononcée début juillet, la commission d’appel de la Fédération Française de Rugby a confirmé plusieurs manquements au règlement du salary-cap.

La facture financière diminue légèrement, passant de 2,88 millions à 2,725 millions d’euros. Mais sur le fond, la décision demeure extrêmement sévère pour le club présidé par Didier Lacroix. La commission considère notamment que des sommes versées à Anthony Jelonch via la société 3S-Alyzia auraient dû être intégrées au calcul du salary-cap durant plusieurs saisons.

Toulouse sanctionné pour plusieurs saisons dans l’affaire Jelonch

Le dossier concerne le contrat d’image passé entre Anthony Jelonch et 3S-Alyzia, partenaire majeur du Stade Toulousain.

La commission d’appel a considéré que le club avait sciemment omis de déclarer certaines sommes versées au troisième ligne pour les saisons 2021-2022, 2023-2024 et 2024-2025.

Au cœur du dossier figure notamment un acte sous seing privé par lequel Didier Lacroix et le Stade Toulousain s’étaient engagés à octroyer une rémunération complémentaire totale de 170 000 euros au joueur.

La question de savoir qui avait finalement procédé au paiement n’a pas permis au club de convaincre la commission. Celle-ci a considéré que Toulouse était redevable de cette rémunération envers son joueur et que les sommes concernées auraient donc dû entrer, saison après saison, dans le calcul du salary-cap.

Des échanges auraient par ailleurs eu lieu dès décembre 2021 entre Didier Lacroix, l’avocate de 3S-Alyzia et celui qui était alors l’agent d’Anthony Jelonch au sujet de ce contrat.

Autre élément du dossier : une somme de 4 000 euros aurait été versée, par l’intermédiaire d’une société tierce, à l’ancien agent du joueur pour son rôle dans la mise en place du contrat avec 3S-Alyzia.

La défense du Stade Toulousain rejetée

Pour tenter de réduire la portée des infractions reprochées, Toulouse avait notamment défendu l’idée qu’un même manquement ne pouvait entraîner plusieurs condamnations en fonction des saisons concernées.

La commission d’appel n’a pas suivi cette interprétation comme l’explique L’équipe.

Comme en première instance, elle a considéré que chaque saison pouvait être examinée indépendamment. Régulariser ou faire disparaître une infraction concernant un exercice n’aurait donc pas automatiquement réglé les problèmes constatés lors des autres saisons.

Plus largement, aucun élément suffisamment convaincant permettant d’établir la réalité des prestations d’image réalisées par Anthony Jelonch dans le cadre du contrat litigieux n’aurait pu être produit.

La condamnation prononcée en première instance est donc largement confirmée.

Toulouse obtient malgré tout gain de cause sur les primes de victoire

Le Stade Toulousain a néanmoins remporté une bataille importante en appel.

La première décision intégrait également le dossier des primes de victoire de la saison 2024-2025. Certaines d’entre elles, formalisées après la finale de Top 14, auraient pu atteindre environ 150 000 euros pour des joueurs tels qu’Anthony Jelonch ou Alexandre Roumat.

La première instance avait considéré que ces primes avaient engendré un dépassement du salary-cap et avait prononcé une sanction financière de 1,1 million d’euros sur ce volet.

Cette partie de la sanction a finalement été annulée en appel.

La commission a estimé que la rédaction du règlement n’était pas suffisamment claire pour permettre de sanctionner Toulouse sur ce point. Elle a toutefois accompagné cette décision d’une remarque particulièrement sévère en évoquant « l’utilisation opportuniste par le club » de ce manque de précision réglementaire.

Si Toulouse échappe donc à une sanction concernant ces primes, la commission ne valide pas pour autant la manière dont le club a procédé.

Une sanction doublée pour les manquements à la transparence et à la coopération

La suppression de la sanction liée aux primes aurait pu entraîner une diminution beaucoup plus importante de l’amende globale.

Cela n’a pas été le cas.

La commission d’appel a choisi de considérablement alourdir une autre partie de la sanction : celle concernant les manquements du Stade Toulousain en matière de transparence et de coopération.

L’amende correspondant à ces manquements a été doublée entre la première instance et l’appel pour atteindre 2 millions d’euros.

Un signal particulièrement fort envoyé au club toulousain.

Au bout du compte, la sanction globale ne recule donc que de 155 000 euros, passant de 2,88 à 2,725 millions d’euros.

La commission dénonce une déloyauté envers les autres clubs du Top 14

Au-delà de l’aspect financier, certains termes employés pour apprécier le comportement du Stade Toulousain sont particulièrement lourds.

La commission d’appel a notamment insisté sur ce qu’elle considère comme une déloyauté du club vis-à-vis de ses concurrents en Top 14.

Elle retient également le caractère récidiviste du Stade Toulousain. L’étendue de la période concernée ne permettrait pas, selon elle, de présenter les différents manquements comme de simples négligences ponctuelles ou isolées.

La commission considère également qu’il existait une volonté de dissimulation.

Cette nouvelle décision intervient dans un contexte déjà particulièrement chargé pour Toulouse, sanctionné à plusieurs reprises au cours des dernières années.

Une nouvelle condamnation après plusieurs affaires

Le Stade Toulousain avait déjà été concerné par plusieurs dossiers ayant donné lieu à des sanctions, notamment autour du contrat d’image d’Antoine Dupont avec 3S-Alyzia, du transfert de Cheslin Kolbe vers le Rugby Club Toulonnais ou encore du montage impliquant Pacific Heart lors de l’arrivée de Melvyn Jaminet en provenance de Perpignan.

Cette dernière affaire avait notamment entraîné une amende négociée de 1,3 million d’euros, à laquelle s’étaient ajoutées d’autres conséquences financières pour Toulouse.

La nouvelle décision rendue dans le dossier Jelonch vient donc alourdir un historique disciplinaire qui commence à peser sérieusement.

Le Stade Toulousain pourrait néanmoins disposer encore de voies de recours. Une démarche auprès du CNOSF puis, éventuellement, devant le Tribunal administratif pourrait notamment être envisagée.

Pour l’heure, le club n’a pas indiqué quelle suite il comptait donner à cette nouvelle décision.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

10 Commentaires

  1. G 28 août 2026 at 10h- Répondre

    Et les titres ils les rendent quand ?

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  2. Le Mickey du RCT 28 août 2026 at 11h- Répondre

    « Une déloyauté envers les autres clubs », ça, ça mérite des explications, car aucun club n’a trouvé à redire et ça pourrait avoir des conséquences plus importantes qu’une simple remarque. Pour le reste, rien de nouveau, ils n’allaient pas se contredire et ils ont abusé de leur pouvoir en doublant la sanction financière pour « avaler » leur défaite sur les manquements. J’espère que le ST n’en restera pas là, car cet abus de pouvoir me parait anormal. On verra la réaction des clubs, mais cette jurisprudence ne devrait pas trop leur plaire….normalement.

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    • Le p’tit canelé 28 août 2026 at 11h- Répondre

      Ils sont géniaux les Mickey de Wallon quand même…

      Ils sont une flopée à vivre dans leur univers parallèle…

      Quand on ne voit pas de « déloyauté » lorsqu’un club soustrait des sommes aux salary cap pour rémunérer des joueurs et bâtir un effectif impossible sans toutes ces magouilles, c’est même plus de la mauvaise foi…

      Et sinon, les présidents des autres clubs n’ont pas à s’épancher publiquement sur le sujet, ils laissent les instances idoines faire leur boulot.
      Vous aviez adoré les sorties de Marti ou Lemaitre au moment de l’affaire Jaminet du côté de Toulouse, n’est ce pas ?

      La vraie réponse des présidents de Top14 au Stade Toulousain, elle est sans doute trop subtile pour que tu l’ai saisie mais quand ils ont voté pour la fin de la médiation au delà d’une affaire de SC, pour que le SC manager puisse infliger des sanctions sportives et un alourdissement global des peines, tu crois que c’était pour eux mêmes se tirer une balle dans le pied ou leur réponse à Lacroix ?

      • Le Mickey du RCT 28 août 2026 at 12h- Répondre

        Avec 70000 alors que Marti donne 800000 à un seul joueur ? Tu te fous de la gueule du monde…Ne viens pas exagérer les choses pour avoir raison, personne n’est dupe. Ce n’est pas le dépassement qui nous a permis de bâtir une telle équipe, c’est la formation contrairement à vous qui recrutez avec frénésie. On se demande comment d’ailleurs.

  3. encore et toujours 28 août 2026 at 11h- Répondre

    Pour 70000€ de dépassement, quand on voit que maintenant par un tour de passe passe par les siamois Roubert-Marti l’UBB peut garder LBB dans les mêmes conditions que Jelonch. et sûrement plus cher que ce dernier. Adidas est un sponsor de l’UBB

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    • JeanmarcMourillon 28 août 2026 at 11h- Répondre

      Le perroquet des 70000…..
      hahahahahaha ……
      Quel malade …..

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    • Dranix 28 août 2026 at 12h- Répondre

      174000 € pour être précis. Et ça vient s’ajouter au reste.
      Bref, de toute façon, les toulousains ne sont pas suffisamment objectifs pour admettre qu’ils ont fauté, et préfèrent se cacher derrière l’excuse du complot. Seuls contre tous, ça vous plait ce fantasme.

      • Le Mickey du RCT 28 août 2026 at 13h- Répondre

        De belles paroles inutiles qui s’envolent emportées par le vent de l’indifférence sans trouver un écho…… c’est magnifique !!!

  4. Janot1381 28 août 2026 at 12h- Répondre

    Les autres clubs pour beaucoup se taisent car ils n’aimeraient pas que l’on s’intéresse à leurs affaires. J’espère que le CNOSF voire même la justice du tribunal civil pour rappeler qu’en matière de rémunération individuelle chacun est libre de ses contrats et qu’ils ne doivent pas pour autant être intégré au SC avec un règlement non légal.

    • Le Mickey du RCT 28 août 2026 at 13h- Répondre

      Oui mais ils ont fait voter une loi par l’assemblée nationale pour se protéger de cette anomalie car il savait que le ST allait s’appuyer sur ça pour sa défense.