« Si Vannes jouait à Rennes pendant toute une saison, notre budget passerait de 27 à 40 millions d’euros »

« Si Vannes jouait à Rennes pendant toute une saison, notre budget passerait de 27 à 40 millions d’euros »

Le vendredi 18 septembre 2026 à 9:10 par David Demri

Publicité

Le RC Vannes touche du doigt les limites de son modèle actuel. En délocalisant certaines rencontres à Rennes, le club breton génère des recettes qui seraient trois fois supérieures à celles d’un match disputé à La Rabine. À tel point que son budget pourrait théoriquement passer de 27 à 40 millions d’euros s’il évoluait toute la saison dans une enceinte comme le Roazhon Park.

Le RCV n’envisage pourtant pas d’abandonner Vannes. Derrière ces délocalisations se cache plutôt une stratégie destinée à conquérir de nouveaux supporters et partenaires, tout en démontrant la nécessité de faire évoluer La Rabine. Le club travaille sur la perspective d’une enceinte pouvant accueillir 18 000 spectateurs.

Rennes, bien plus qu’une simple opération séduction

Le précédent déplacement au Roazhon Park avait déjà montré l’engouement autour du RCV. Pour la réception de Grenoble en Pro D2, 15 000 places avaient notamment trouvé preneur en seulement vingt minutes.

Revenir à Rennes permet désormais au club d’élargir sa zone d’influence, notamment auprès des entreprises.

Dans Midi Olympique, Olivier Cloarec détaille les différents objectifs poursuivis par le RCV :

« Tout d’abord, cela nous permet d’aller sur un territoire qui nous connaît un peu moins, avec aussi beaucoup d’entreprises, sur ce secteur de l’Ille-et-Vilaine et la Normandie qui n’est pas très loin. »

L’enjeu concerne également les nombreux supporters qui peinent à obtenir des places à La Rabine.

Le président vannetais veut profiter de ces rencontres pour toucher un public plus large :

« Cela permet aussi au plus grand nombre de supporters, et Dieu sait que beaucoup voudraient venir nous voir à Vannes et n’y arrivent pas, d’avoir une opportunité de venir assister à un match. »

Vannes veut passer de 750 à 1 000 partenaires

L’opération doit également permettre au club de séduire de nouvelles entreprises.

Le RCV compte actuellement 750 partenaires mais ambitionne d’atteindre la barre des 1 000. Encore faut-il disposer des infrastructures permettant de les recevoir.

Olivier Cloarec assume clairement la dimension économique de la délocalisation :

« Mais c’est aussi aller à la rencontre de nouveaux partenaires qui seraient susceptibles, demain, de découvrir le rugby professionnel et le rugby de haut niveau. »

Pour atteindre ses objectifs, le développement de La Rabine devient donc un élément central du projet.

Le président du RCV estime que le stade doit accompagner la croissance économique du club :

« Le stade de La Rabine doit encore évoluer pour coller à notre modèle économique et ainsi atteindre cet objectif de s’appuyer sur 1 000 partenaires pour nous accompagner. »

De 27 à 40 millions d’euros de budget

Les chiffres obtenus à Rennes illustrent l’écart existant. Malgré la location du Roazhon Park et des coûts opérationnels plus importants, les recettes d’une rencontre délocalisée seraient environ trois fois supérieures à celles générées à La Rabine.

Olivier Cloarec va même beaucoup plus loin pour illustrer le potentiel du RCV.

Il chiffre ce que pourrait représenter une saison entière disputée dans une enceinte de plus grande capacité :

« Si le RCV allait jouer à Rennes pendant toute une saison, ou à Nantes (ce pourrait être le cas une fois cette année, certainement lors de la réception de l’Union Bordeaux-Bègles, NDLR), notre budget ne serait pas à 27 millions mais à 40. »

Le club ne souhaite toutefois pas multiplier les délocalisations au point de perdre son ancrage vannetais. Son projet reste de développer La Rabine, avec la perspective d’une capacité portée à 18 000 spectateurs.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
Ne ratez plus aucune actu rugby
Suivre Blog RCT sur Google

0 Commentaire