Stéroïdes anabolisants, analyses suspectes : les dessous de l’enquête qui a visé des joueurs de Castres
Stéroïdes anabolisants, analyses suspectes : les dessous de l’enquête qui a visé des joueurs de Castres
Le samedi 26 septembre 2026 à 11:54 par David Demri
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C’est une enquête restée dans l’ombre pendant sept ans et qui vient seulement de s’achever. Des joueurs du Castres Olympique ont été visés par des investigations portant sur de possibles faits de dopage. Analyses biologiques jugées atypiques, interrogations autour de produits potentiellement dopants, possible usage de stéroïdes anabolisants évoqué par un expert, perquisition du centre d’entraînement : les enquêteurs ont multiplié les vérifications. Mais au terme de leurs investigations, aucune preuve de dopage organisé au sein du CO n’a été établie.
C’est L’Équipe qui révèle les coulisses de cette affaire particulièrement sensible, dont le point de départ n’était pourtant pas directement une affaire de dopage.
L’enquête pénale débute en 2019 autour du cas de Florian Houerie, ancien pilier Espoir du Castres Olympique contraint d’arrêter sa carrière en 2015 et de subir une greffe de rein. Le joueur reproche au club des manquements dans son suivi médical.
Au fil de leurs investigations, les douaniers vont cependant découvrir une quantité considérable de données concernant les joueurs du CO et élargir leurs recherches.
Des analyses de joueurs de Castres interpellent les enquêteurs
Les enquêteurs mettent notamment la main sur les analyses sanguines effectuées entre 2013 et 2019 dans le cadre du suivi biologique longitudinal des joueurs Castrais.
Celles-ci avaient été étudiées par le professeur Gérard Dine, l’un des concepteurs du passeport biologique et alors chargé du suivi longitudinal des rugbymen pour la Ligue nationale de rugby.
Et certaines de ses observations attirent l’attention.
L’Équipe rapporte notamment des mentions faisant état d’une possible « stimulation érythrocytaire », d’un « décrochage sans véritable anémie », d’un « effondrement cortisol » ou encore d’un « effondrement de l’haptoglobine ».
Certaines annotations prennent même la forme d’interrogations.
« Pas de carence en fer-Érythropoïèse stimulée ? »
Ou encore :
« Traitement hormonal reçu ? »
Et :
« Corticothérapie infiltrative ? »
Autant de signaux susceptibles de justifier des investigations complémentaires, mais qui ne constituent en aucun cas, à eux seuls, une preuve de dopage.
Des rugbymen aux paramètres biologiques très particuliers
C’est d’ailleurs l’une des difficultés majeures rencontrées par les enquêteurs.
Alors qu’ils pensaient travailler sur une population d’athlètes aux capacités physiques supérieures et donc en excellente condition, ils découvrent des paramètres biologiques parfois très éloignés des valeurs habituelles.
La pratique du rugby professionnel peut elle-même entraîner des variations importantes : masse musculaire considérable, entraînements intensifs, chocs à répétition ou encore consommation importante de compléments alimentaires.
Cédric Chadourne, alors médecin de soins du CO, l’avait résumé aux enquêteurs :
« Ils sont souvent borderline sur certaines données biologiques. »
Le responsable médical de la LNR, Olivier Petit, confirme également à L’Équipe la nécessité de remettre ces résultats dans leur contexte.
Les valeurs de référence classiques ne peuvent pas systématiquement être appliquées de la même manière aux sportifs professionnels :
« Chez les sportifs de haut niveau, certains paramètres biologiques peuvent s’écarter des valeurs de référence, que ce soit dans le rugby ou dans les autres sports professionnels. »
Et une anomalie isolée ne permet donc pas de conclure à une pratique interdite.
« D’éventuels facteurs exceptionnels doivent être interprétés dans leur contexte et ne suffisent pas, à eux seuls, à établir un cas de dopage. Des évolutions irrationnelles sur un temps court peuvent être plus déterminantes. »
Un possible usage de « stéroïdes anabolisants » évoqué
Les investigations franchissent néanmoins une nouvelle étape en mars 2020.
Un pharmacien inspecteur de santé publique est sollicité pour analyser les données disponibles. Selon L’Équipe, son expertise demeure extrêmement prudente en raison de la difficulté à déterminer ce qui relève ou non de l’anormal chez des rugbymen professionnels.
À partir des éléments dont il dispose, certaines anomalies pourraient toutefois, selon son analyse rapportée par le journal, être expliquées par des médicaments ou produits « potentiellement dopants ».
Plus sensible encore : selon plusieurs sources concordantes citées par L’Équipe, le pharmacien aurait évoqué, dans un cas, l’utilisation possible de « stéroïdes anabolisants ».
Il se serait également étonné que d’éventuelles pratiques dopantes ne soient « jamais suggérées » dans les analyses malgré certains dosages considérés comme « fortement suspicieux ».
Cela reste cependant une hypothèse issue de l’expertise : aucune utilisation de stéroïdes par un joueur n’a été démontrée par l’enquête.
L’enquête prend une tout autre dimension
Interrogé sur ces interrogations, le professeur Gérard Dine aurait évoqué une « forme d’impuissance de [son] action », tout en précisant que signaler des faits de dopage ne relevait pas directement de son rôle dans ce dispositif.
L’affaire va néanmoins continuer de prendre de l’ampleur.
En juin 2022, elle est transmise au pôle de santé publique de Paris et l’information judiciaire est élargie à des soupçons « d’aide ou d’incitation à l’usage par un sportif de substance ou procédé interdits » et de « trafic aux fins d’usage par un sportif de substance ou procédé interdit ».
Puis, en avril 2023, le centre d’entraînement du Castres Olympique, le Levezou, est perquisitionné.
Les enquêteurs vont alors multiplier les vérifications pour déterminer si les différents éléments recueillis peuvent révéler l’existence de pratiques dopantes.
19 compléments alimentaires analysés
Les investigations ne vont pourtant pas apporter les preuves recherchées.
Dix-neuf échantillons de compléments alimentaires sont analysés : aucune substance interdite n’y est décelée.
Les ordinateurs appartenant au staff et au secteur médical sont également examinés sans permettre de mettre au jour un système de dopage.
Une nouvelle expertise devient alors déterminante.
En décembre 2023, les professeurs Annabelle Dupont et Frédéric Daussin étudient les résultats biologiques de quinze joueurs de l’effectif.
Leur expertise exclut l’existence démontrée d’un « dopage organisé » ou d’une pratique dopante sur une « période spécifique » à partir des éléments analysés.
Les deux scientifiques émettent cependant une réserve importante sur la capacité même du suivi biologique étudié à détecter efficacement ce type de pratiques.
« Tel que ce suivi a été conçu, il nous semble qu’il y a très peu de chance d’identifier une pratique dopante de groupe ou individuelle. En effet, la fréquence de réalisation de ces analyses est trop faible et les dates de réalisation de ces bilans sont connues à l’avance par les joueurs et les médecins des clubs. »
Sept ans plus tard, aucune preuve de dopage organisé
Le juge d’instruction a finalement signifié la fin de son enquête le 26 août 2026.
Le docteur Jean-François Ferrié a bien été mis en examen, mais pour des faits concernant uniquement le suivi médical de Florian Houerie, et non pour avoir organisé un système de dopage au sein du Castres Olympique.
Entendu sur les soupçons de dopage, le médecin historique du CO avait lui-même reconnu qu’il était impossible d’exclure totalement des comportements individuels, tout en rejetant l’existence d’éléments permettant de les établir.
Ferrié avait ainsi déclaré :
« On ne peut pas exclure que certains joueurs prennent des produits, comme des anabolisants. Mais en 32 ans de carrière, je n’ai jamais eu un contrôle antidopage positif. »
La Ligue nationale de rugby indique de son côté n’avoir rien su de l’enquête menée durant ces dernières années.
Quant au Castres Olympique, il précise à L’Équipe n’avoir jamais été mis en cause dans cette enquête pénale et assure n’avoir jamais craint que les investigations puissent mettre au jour un dopage organisé au sein de son équipe.
Après sept années d’investigations, de vérifications médicales, d’expertises et une perquisition, aucun système de dopage organisé au Castres Olympique n’a donc été démontré par l’enquête.


Ils servent de cobayes pour les labos Fabre
Mouais….. Ils feraient bien d’en contrôler d’autres aussi.. ….
Comme je l’ai dit qqes fois, des joueurs qui courent encore comme des cabris à la 80eme, qui te donnent l’impression de pouvoir jouer 3 matchs d’affiliée…. c’est curieux
Bien sûr on se doute de qui tu parles. De l’équipe qui te dope en permanence le cerveau. Fais gaffe à l’overdose…..
Vous savez pas lire , 7 ans d’enquête et aucun système de dopage organisé au Castres Olympique n’a donc été démontré par l’enquête.
Sauf que quand tu connais la puissance des laboratoires Fabre et celle de Revol tu peux te poser des questions
çà fait quand méme TACHE ! En plus d’etre filiale d’un LABO PHARMA ou sponsorisé .