Sylvain Marconnet : « Je n’aime pas la consanguinité, ça me casse les c… »
Sylvain Marconnet : « Je n’aime pas la consanguinité, ça me casse les c… »
Le mercredi 1 juillet 2026 à 18:11 par David Demri
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Sylvain Marconnet a replongé dans ses souvenirs de joueur et en a profité pour raconter ce qui faisait, selon lui, la particularité du rugby de son époque.
L’ancien pilier du Stade Français et du XV de France est revenu sur l’évolution de son poste, l’influence de son père et la culture si particulière des premières lignes.
« Le poste avait commencé à évoluer »
Longtemps considéré comme un poste de l’ombre, celui de pilier a progressivement changé au fil des années.
Sylvain Marconnet se souvient de cette évolution.
À propos des piliers de la génération précédente, il explique dans les colonnes de Sud-Ouest :
« C’est une époque où certains ont fait évoluer le poste. Des piliers comme Louisou Armary, Laurent Bénézech, Christian Califano commençaient à porter le ballon. Ce n’est plus des garçons comme papa, qui a touché un ballon et mis un essai dans sa carrière, pour son jubilé, parce que tout le monde s’est écarté et qu’on lui a mis de la glu sur le ballon pour qu’il ne le fasse pas tomber. »
L’héritage de son père
L’ancien international estime avoir énormément appris grâce à son père, lui aussi pilier.
Il raconte :
« Ça a été une vraie chance d’avoir un papa pilier, parce qu’on pouvait en parler à la maison. Il n’était peut-être pas d’une grande aide quand je lui parlais d’aller soutenir un ailier en bout de ligne, mais, sur l’exercice de la mêlée, il a su m’aiguiller. »
Puis il poursuit :
« J’avais un papa plutôt hargneux, un peu con, comme on disait dans ce type de divisions. J’ai hérité de ça et, à travers nos échanges, il a accéléré ma formation. »
Marconnet n’oublie pas non plus ceux qui l’ont accompagné au plus haut niveau.
« J’ai aussi eu la chance d’avoir des grands formateurs : Jacques Fouroux m’a lancé dans le grand bain, Bernard Laporte était de la même veine, Jean-Pierre Garuet m’a accompagné dans les sélections de jeunes et Jacques Brunel a beaucoup compté quand j’ai dû passer à droite. »
« C’était la loi de la jungle »
Pour Sylvain Marconnet, la mêlée restait un univers à part.
Il explique sans détour :
« Je n’aime pas la consanguinité, ça me casse les couilles. Pour être respecté, il fallait que je sois le plus fort. Ce n’est pas prétentieux. »
Puis il décrit ce qu’était le rugby de son époque.
« À mon époque, il y avait entre 15 et 25 mêlées par match. Tu ne peux pas être bon sur toutes, mais il faut prendre l’ascendant pour être respecté. C’est peut-être le seul poste où c’est encore un peu la loi de la jungle. »
Un immense palmarès… retrouvé dans un carton
Interrogé sur son immense carrière, l’ancien pilier assure ne nourrir aucun regret.
Il conclut :
« Je n’ai pas de regrets. J’ai cinq Brennus avec Paris, trois Grands Chelems avec l’équipe de France, 84 sélections et j’ai fini sur une Challenge Cup avec Biarritz. J’ai été verni. »
Avant de dévoiler une anecdote amusante sur ses trophées.
« Récemment, j’ai ressorti mes trophées pour les mettre dans une pièce de ma maison de campagne dans l’arrière-pays. Ils étaient dans un carton depuis quasiment vingt ans, avec des coupures de journaux. »
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