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Thibaud Flament : « Quand tu vois un mec super costaud qui te fonce dessus, tu te dis : bon ben, il faut y aller »

Thibaud Flament : « Quand tu vois un mec super costaud qui te fonce dessus, tu te dis : bon ben, il faut y aller »

Le samedi 14 mars 2026 à 0:18 par David Demri

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Le deuxième ligne international français, Thibaud Flament s’est longuement confié dans les colonnes du journal Le Parisien, avant de défier l’Angleterre, ce samedi soir au Stade de France.

Ce-dernier indique notamment ne pas avoir de routine particulière avant le début d’un match. Extrait:

Je n’ai pas vraiment de superstition. Je fais partie de ceux qui se préparent en dernier. J’aime bien écouter ma musique, être un peu sur le téléphone, penser un peu à autre chose. Quand je commence à me changer, c’est là où je rentre dedans. Parfois, je peux écrire ce que je ressens dans un cahier. Ça m’arrive la veille de la rencontre, ou le matin à l’hôtel.

Il précise cependant ne pas écrire en ce moment. Extrait:

Pas trop. Quand tout va bien, je sens que je n’ai pas besoin de le faire et disons… Flemme quoi (sourire). Dans ces cas-là, je le vois plus comme une corvée. D’autres fois, je sens que j’ai plein de choses dans la tête autour du rugby ou de la vie en dehors, et ça, j’essaie de clarifier les choses. Écrire, ça me fait du bien, parce que ça permet de dire vraiment : Voilà, il se passe ça, et toi, tu penses ça. Je le range dans mon cahier, et ça me permet d’être clair dans la tête et d’être à 100 % sur le match.

Ça peut aussi m’arriver de ne pas avoir de bonnes sensations dans la semaine, et ça permet de me booster un peu. J’écris pour visualiser des actions positives d’autres matchs, et me dire : tu as déjà été là-dedans, tu dois te remobiliser maintenant. Alors parfois, ça va passer en trois mots. D’autres fois, je vais avoir besoin de dix pages.

Selon lui, pour être un bon joueur du XV de France, il faut penser à tout. Extrait:

Bien penser à sa récupération, à ce que je mangeais, faire attention à mon sommeil. Et ça, je l’avais quand j’étais en Argentine (il a fait une saison en 2017-2018 en marge de ses études). Et puis, j’ai toujours aimé réfléchir sur moi aussi. À la base, ça vient du fait que je sentais que j’avais un potentiel sportif que je n’arrivais pas à exprimer parce que je me sentais trop timide, trop réservé. Il fallait que je change dans la vie pour libérer ce potentiel.

J’avais dissocié cette partie de moi dans mes cahiers en Argentine. Je l’avais appelée Bob. J’écrivais : quand Thibaud se sera libéré de Bob, il pourra être là où il voudra parce qu’il aura les outils pour aller loin. Alors, comment faire ? Il fallait que je change, même dans mes interactions. J’étais trop dans ma bulle, pas assez dans le plaisir et dans la légèreté.

A une certaine époque, il ne fallait vraiment pas lui adresser la parole avant un match. Extrait:

Ah non, j’étais hyperconcentré. Je me mettais dans un rôle. Et à côté de ça, j’avais des mecs hyperdétendus à côté de moi dans le vestiaire qui avaient l’air de se régaler, et qui faisaient parfois des meilleurs matchs que moi. Je me suis dit que je voulais en faire mon métier, mais que je m’imposais des moments pas très fun en fait. Donc j’écrivais ce que je devais changer. Je faisais aussi des plans de carrière. Là je suis là, et la saison prochaine je pourrais jouer dans tel club, et après j’irai en France, etc.

Une fois arrivé en France, il s’est fait accompagner. Extrait:

Oui, en arrivant ici à Toulouse (en 2020). J’ai fait environ un an de préparation mentale. Par la suite, j’ai été voir une psychologue après plusieurs commotions cérébrales en 2023. Je la vois encore, ça m’aide beaucoup. Ça m’aide à être bien sur le terrain, mais aussi dans ma vie.

C’est notamment en raison de ses commotions à répétition que Thibaud Flament a décidé de se faire aider. Extrait:

On avait vu que sur les trois dernières que j’avais faites, je m’abandonnais dans le plaquage, je ne me protégeais plus, je m’engageais sans technique ni sens. On a changé ça, on a travaillé sur le risque que ça implique d’aller tout droit tête baissée par rapport à une action, une mi-temps, un match, une carrière. Quand tu mets en perspective, tu te dis : bon, ça vaut peut-être le coup de bien s’y prendre. Ça ne veut pas dire d’y aller moins fort, mais plutôt de bien se protéger pour rester efficace.

Aussi, il indique ne pas être un grand stressé. Extrait:

J’ai de la chance, je ne me suis jamais retrouvé à être stressé à n’en pas dormir la veille ou à en vomir avant le match, comme ça peut arriver à certains. J’ai un peu de stress, mais ça ne me pollue pas. Le rugby ? Je le vois encore comme une passion. J’aime le rugby et l’univers dans lequel j’évolue. Mais je sais aussi que l’énergie que je mets va nous aider à vivre toute notre vie et à préparer les choses pour la suite. Ça n’est pas la récré quoi. Je kiffe, mais je fais ça aussi pour ma famille.

Il affirme ne jamais avoir peur sur un terrain. Extrait:

Jamais peur moi ! Non, mais disons que quand tu vois un mec super costaud qui te fonce dessus, tu te dis : bon ben, il faut y aller. Tu n’as pas envie de passer pour celui qui s’échappe. Donc tu y vas quand même, même si tu peux avoir de l’appréhension.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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