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Thomas Ramos, le premier domino de la fin de l’hégémonie toulousaine ?

Thomas Ramos, le premier domino de la fin de l’hégémonie toulousaine ?

Le vendredi 7 août 2026 à 8:08 par David Demri

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Le transfert de Thomas Ramos vers le Racing 92 ne constitue pas seulement l’un des plus gros mouvements du prochain mercato. Derrière ce changement de club se cache peut-être une évolution plus profonde du Top 14.

En quittant le Stade Toulousain, quadruple champion de France en titre, l’arrière du XV de France renforce directement un concurrent au Bouclier de Brennus et illustre, en creux, les effets du salary cap voulu par la Ligue nationale de rugby.

Plus que le départ d’un joueur emblématique, c’est peut-être un nouvel équilibre qui commence à se dessiner entre les principaux prétendants au titre.

Un transfert qui dépasse largement le cas Ramos

Voir Thomas Ramos quitter Toulouse relevait encore de l’impensable il y a quelques mois.

Formé au club, devenu l’un des leaders de la génération la plus titrée de son histoire, l’international français semblait destiné à terminer sa carrière en rouge et noir.

Son arrivée au Racing 92 change forcément la donne.

Le club francilien récupère l’un des meilleurs joueurs du championnat, tandis que Toulouse perd un élément majeur de son ossature.

Sur le plan sportif, ce mouvement contribue à redistribuer les forces entre deux candidats naturels au titre.

Bordeaux est confronté aux mêmes contraintes

Le Stade Toulousain n’est pas le seul concerné.

À Bordeaux-Bègles, le dossier Louis Bielle-Biarrey illustre lui aussi les limites imposées par le salary cap.

Pour conserver son ailier international, l’UBB doit composer avec une masse salariale déjà très élevée.

Le président Laurent Marti l’avait expliqué il y a quelques semaines.

Il refusait de mettre en péril l’équilibre de son effectif pour retenir sa pépite :

« C’est inimaginable de perdre Louis. Mais je ne peux pas faire n’importe quoi non plus. Cette prolongation ne peut se faire que sous deux angles : un respect strict du règlement et dans l’équilibre du salary-cap. La facilité, ce serait d’envoyer une somme qu’il ne peut pas refuser, puis d’expliquer à Yannick qu’il va manquer quatre joueurs. Je me dois de rester dans une certaine limite. »

Le salary cap poursuit son objectif

Le plafond salarial, qui passera de 10,7 millions d’euros à 11 millions lors de la saison 2026-2027, poursuit un objectif simple : éviter qu’une poignée de clubs concentre les meilleurs joueurs.

Les textes de la Ligue le rappellent d’ailleurs clairement.

Le salary cap est présenté comme un dispositif destiné à garantir l’équité sportive et à empêcher que la puissance financière fasse seule la différence.

Le transfert de Thomas Ramos illustre parfaitement cette logique.

En limitant les capacités des clubs les plus riches à conserver l’ensemble de leurs stars, le système favorise naturellement une meilleure répartition des talents.

Toulouse a dû adapter sa stratégie

Cette évolution est également la conséquence des difficultés rencontrées par le Stade Toulousain comme le confirme L’équipe.

Ces trois dernières années, le club a été sanctionné à plusieurs reprises pour différents manquements liés au salary cap.

Les différentes procédures concernant notamment Antoine Dupont, Anthony Jelonch, Cheslin Kolbe ou encore Melvyn Jaminet ont conduit les dirigeants toulousains à revoir leur politique contractuelle.

Déjà prudents avec les joueurs dépassant la trentaine, ils ont encore renforcé cette stratégie ces derniers mois.

Début juillet, Toulouse a notamment été condamné à une amende de 2,88 millions d’euros pour dépassement du plafond salarial et manquements aux obligations de transparence.

Un système toujours contesté

Le fonctionnement actuel du salary cap ne fait toutefois pas l’unanimité.

Le président du Stade Toulousain, Didier Lacroix, milite depuis plusieurs mois pour une évolution du règlement.

Il souhaiterait notamment que les contrats d’image conclus entre les joueurs et les partenaires des clubs ne soient plus intégrés dans le calcul du plafond salarial.

Une position que ne partage pas le président de la LNR, Yann Roubert.

Ce dernier justifiait ainsi le maintien de cette règle :

« Pourquoi inclure les éventuelles sommes qui seraient versées par un partenaire d’un club à un joueur ? Tout simplement pour éviter des biais de contournement par un jeu en triangle. Il est assez facile d’imaginer que, si un club souhaitait tricher, il pourrait demander à un partenaire de lui donner un peu moins en tant que sponsor et de donner cette différence à des joueurs. »

Un championnat toujours plus homogène

Les chiffres publiés par l’Autorité de régulation du rugby illustrent d’ailleurs à quel point les clubs utilisent désormais pleinement leur marge de manœuvre.

Lors de la saison 2024-2025, 10 des 14 clubs de Top 14 évoluaient au-dessus de 95 % de leur plafond salarial, tandis que sept dépassaient même 99 %.

À l’inverse, seuls deux clubs restaient sous les 80 %.

Autrement dit, la quasi-totalité des équipes de l’élite évolue aujourd’hui avec une masse salariale proche du maximum autorisé.

Dans ce contexte, conserver tous ses internationaux devient de plus en plus compliqué.

Le départ de Thomas Ramos vers le Racing 92 illustre cette nouvelle réalité. Il montre aussi qu’à défaut d’empêcher totalement les écarts, le salary cap contribue progressivement à mieux répartir les talents entre les principaux prétendants au Bouclier de Brennus. Une évolution qui pourrait rendre le Top 14 encore plus compétitif dans les saisons à venir.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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17 Commentaires

  1. Kakoax 7 août 2026 at 08h- Répondre

    Ouai limite j’ai l’impression que si tout le monde respecte le Salary Cap, avoir un top joueur au salaire démesuré va finir par créer un déséquilibre dans l’effectif et va a terme je penses desservir l’équipe. Tant que LBB est à son prime super par contre si il fait une puis deux saison moyenne, et c’est pareil pour Dupont, NTK, Jalibert … je penses que dans quelques années, les gros salaires vont dégonfler. Une bonne chose pour un jeu d’équipe je penses.

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    • Bob de la rade 7 août 2026 at 12h- Répondre

      Je suis en parti d accord avec toi kakoax, par contre que les joueurs veulent prendre plus de fric vu qu ils donnent leur corps a la science et en comparaison avec le foot je pense qu il y a débat

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  2. Bass 7 août 2026 at 09h- Répondre

    Je pense surtout que cela finira par tué notre championnat , autres pays comme le japon seront beaucoup plus attractif pour es joueurs , avec moins de match et mieux payés.

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    • Le p'tit canelé 7 août 2026 at 10h- Répondre

      Et aucune visibilité sportive vu le niveau pas bien haut…

      Au Japon, les clubs sont limités à 3 joueurs étrangers capés par club… et ce serait surprenant que cela change parce que c’est justement fait pour faire jouer et progresser les joueurs japonais, dans l’optique de l’équipe nationale , un peu comme nous avec nos JIFFS …

      Après, si les joueurs préfèrent les salaires de divas alors qu’ils sont déjà dans le championnat de rugby qui offre le meilleur salaire moyen au monde, bon débarras à eux que ce soit au Japon ou leur machin 360 à jouer des Cochonou de Paris VS RedBull du Cap …

      Le fric à profusion finira par tuer bien plus sûrement le rugby, l’argent attirant pléthore de margoulins à l’image du foot et ses commissions d’agent délirantes, où tout le monde cherche à prendre son pourcentage et ou les joueurs ne sont plus que des veaux promenés à travers le monde …

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    • Le Moulinon 7 août 2026 at 10h- Répondre

      Ça va peut être limiter un peu l’arrivée de joueurs étrangers chers ( grands noms en fin de carrière), mais ce serait étonnant que ça amène à un départ de joueurs français vers l’étranger. Actuellement il n’y a que le Japon qui paient mieux, mais ils limitent de plus en plus l’arrivée de joueurs étrangers, donc pas beaucoup de postes à prendre.

  3. Bougnatix 7 août 2026 at 09h- Répondre

    Non Bass , le salary cap n’empêche pas de faire des folies sur 2 ou 3 joueurs identifiés mais plus sur 8 ou 10 . Tu ne pourras plus , comme le ST , garder tes futures pépites et tous tes cadors permettant d’avoir 2 voir parfois 3 équipes d’un niveau sensiblement similaire , tout simplement en blindant les salaires .
    Le ST n’etait jamais attaqué sur ses joueurs par la concurrence , la cas Ramos fera jurisprudence .

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  4. Marc 83 7 août 2026 at 10h- Répondre

    Si tout le monde respecte réellement le SC, les top joueurs seront répartis dans l’ensemble des clubs et il y aura alors une plus grande régularité et équilibre entre les clubs. 80% des clubs sont presque au taquet pour le SC.
    Jusqu’à présent Toulouse était hors SC, maintenant il va devoir le respecter, je pense que cela va redonner plus d’indécision dans le championnat.

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  5. Le p'tit canelé 7 août 2026 at 10h- Répondre

    « Pourquoi inclure les éventuelles sommes qui seraient versées par un partenaire d’un club à un joueur ? Tout simplement pour éviter des biais de contournement par un jeu en triangle. Il est assez facile d’imaginer que, si un club souhaitait tricher, il pourrait demander à un partenaire de lui donner un peu moins en tant que sponsor et de donner cette différence à des joueurs. »

    Roubert a tout dit et très clairement.

    Il a des joues le Lacroix, de demander l’exclusion du salary cap des contrats images avec les partenaires du club maintenant que ça a justement valu les amendes au ST pour Dupont et Jelonch dès la saison 2021/2022 …

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    • Vincent 7 août 2026 at 12h- Répondre

      Et vous croyez que les joueurs vont accepter d’avoir des salaires moindres que ceux qu’ils pourraient toucher ?
      Ils vont tranquillement protester, puis dire qu’ils arrêtent de jouer, faire grève pourquoi pas et obtenir un rehaussement majeur du salary cap… Voir la grève des joueurs NBA en 1998.
      Le salary cap ne peut pas aller à l’encontre d’un sport qui génère de plus en plus de revenus, de droits télé, d’audience tv…
      Lacroix l’a compris même si les méthodes sont douteuses mais les clés du système, ce sont les joueurs, les présidents et la ligue ne sont rien sans eux…
      On peut trouver cela dommage mais comment empêcher des personnes d’être payés en fonction des revenus qu’ils génèrent….

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      • Le p'tit canelé 7 août 2026 at 13h- Répondre

        Non, ce sont les joueurs qui ne sont rien sans les clubs…

        Faut arrêter de déifier les joueurs parce que ce sont eux qui prennent la lumière les jours de match… Derrière eux, il y a des structures, éducateurs, entraineurs, staff médicaux, infrastructures et eux ne sont que le dernier maillon de la chaine…

        Ce sont les clubs qui leur permettent de vivre cette vie de sportif pro très bien payé tout en vivant de sa passion et pourtant, peu de clubs dégagent du bénéfice à la fin de l’exercice et ceux qui le font, ça fait pas beaucoup de millions…

        S’ils ne sont pas content d’être sur un terrain de rugby et payé pour ça, ils peuvent rester dans le bus et se chercher un travail comme monsieur tout le monde, suivant leurs diplômes et formation.

        Et qu’on me sorte pas le sempiternel « une carrière c’est court », parce qu’à 35 ans ils ont déjà bien gagné pour la plupart et que je ne vois pas pourquoi ils devraient s’arrêter de travailler au motif qu’ils ont fait du sport de 20 à 35 ans quand ceux qui se sont cassé le dos à l’usine vont bosser jusqu’a 60 et plus…

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        • Vincent 7 août 2026 at 21h- Répondre

          Je pense que tu te trompes sur les faits même si sur le fond je suis d’accord avec toi. Les joueurs feront ce qu’ils veulent et canal plus en tête leur donnera raison.
          Le salary cap est une entrave à la liberté du travail et à la libre concurrence.
          Le jour où un joueur ou un club l’attaqueront ils gagneront… C’est tout le problème de l’arrêt Bosman
          Le salary cap marche en NBA car les sommes sont monstrueuses et que c’est une ligue fermée.
          Pour moi, on va droit au blocage avec ce système….

          • Le p'tit canelé 8 août 2026 at 03h

            Faut vraiment arrêter de comparer le rugby avec le foot ou la NBA… Quel est le club de rugby dont la valeur à la vente est estimée à plusieurs milliards d’euros comme en foot ou NBA ?

            Quels sont les pays qui pratiquent et dans lesquels le rugby est vraiment populaire ?
            Dans l’hémisphère Sud, les stades sont vides, le XV est le troisième rugby préféré en Australie…

            La NBA est regardée par 1000 fois de gens à travers le monde que le rugby, des places à plusieurs dizaines de milliers d’euros voire centaines pour un match de finale, des centres commerciaux attenant au stade ou le public peut dépenser quelques centaines de dollars de plus pour un burger et une casquette à la mi temps, des droits TV faramineux payés par plusieurs diffuseurs nationaux et retransmis partout dans le monde… c’est une autre planète… Tout le monde connait Jordan 30 ans après, quasiment personne ne connait Lomu ou Dupont …

            Altrad est déjà allé devant le Conseil d’état et ça n’a rien changé, il y a un salary cap en Angleterre aussi… Il faut vraiment arrêter de croire que le droit du travail « classique » peut être invoqué pour le sport professionnel quand ça arrange, c’est un monde à part avec ses propres règles qui sont acceptées par les clubs dès lors qu’ils participent au championnat.

            Canal+ ne donnera rien du tout aux joueurs, ils payent déjà bien assez de droits TV à des clubs qui peinent a dégager 1 ou 2 million pour même pas un quart d’entre eux, quand tout va bien dans le meilleur des mondes…
            Pour Canal, les joueurs passent et les clubs restent, ils n’ont aucun intérêt à se faire les défenseurs de leurs caprices… Canal+ s’est largement et bien passé du foot français, les a royalement envoyer chier alors c’est pas quelques joueurs de rugby qui vont leur tordre le bras…

            Ils peuvent faire grève autant qu’ils veulent, soutenus par les guignols populistes de Provale, aucun président de club ne lâchera… et si ils lâchent, ce sera pour mettre la clé sous la porte et beaucoup se retrouveront bien cons d’être passés de joueurs de rugby dans le championnat le plus rémunérateur au monde à galériens cherchant désespérément un point de chute…

      • Multi Pseudos 7 août 2026 at 16h- Répondre

        C’est ce que je m’evertu à dire depuis un moment. Les footeux l’ont fait sous l’impulsion de Mbappé et ils ont eu gain de cause. J’aime bien ceux qui donnent des leçons de morale alors qu’ils feraient pareil à leur place.

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  6. Johndoeuf 7 août 2026 at 10h- Répondre

    Et malgré ça ils gardent leurs titres,quelle belle image pour le fair-play.

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    • Multi Pseudos 7 août 2026 at 16h- Répondre

      Ta jaunisse ça va ?

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  7. Pelissie 7 août 2026 at 13h- Répondre

    Pour moi, on va dans le mur, on nous dit que 12 équipes sur 14 sont au taquet du SC, comment vont ils faire pour résigner les fins de contrat des bons joueurs, je pense St, UBB, Pau, les crédits pour les inters vont baisser, ça va être difficile de faire rentrer les jeunes et à terme la formation va en prendre un coup.

    • Le p'tit canelé 7 août 2026 at 14h- Répondre

      Six joueurs dans la liste premium actuelle pour l’UBB, 3 ou 4 pour Pau… Ce ne sont pas ces clubs qui seront impactés par la modification de la règle sur les crédits internationaux, au contraire puisqu’ils devraient avoir plus de joueurs dans cette liste (Pau surtout) et que ça reste la fourchette ou ce n’est pas encore vraiment dégressif…

      Par contre, Toulouse qui a autour d’une quinzaine de joueurs dans cette liste soit un tiers de l’ensemble des crédits inter à eux seuls, oui ça va piquer …