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Thomas Ramos raconte son échange passionnant avec Wilkinson et Biggar après sa pénalité de la gagne

Thomas Ramos raconte son échange passionnant avec Wilkinson et Biggar après sa pénalité de la gagne

Le dimanche 15 mars 2026 à 12:04 par David Demri

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Le héros du Stade de France a accepté de revenir sur les ultimes instants du Crunch (48-46), cette pénalité de 40 mètres qui a offert le titre du Tournoi des Six Nations aux Bleus. Un témoignage qui plonge au cœur de la psychologie d’un « très grand buteur ».

Des propos relayés par La Dépêche.

La gestion de l’ultime action

Alors que le temps réglementaire touchait à sa fin, Ramos a su prendre le contrôle de la situation, conscient que la fenêtre de tir était étroite :

« À la fin, il ne reste que trois minutes, je crois. Donc voilà, on se dit que le match n’est pas terminé. Déjà, on a su remettre la main sur le ballon et on a su remettre cette équipe à la faute. Et voilà, je crois que sur l’action, ils font deux fautes. Heureusement, parce qu’après, ils avaient quand même une grosse défense à la fin du match. Et cela aurait été peut-être trop dur de les franchir. On pouvait peut-être espérer que ça, soit taper un drop, soit attendre une faute de leur part. Donc voilà, leur indiscipline nous permet de gagner ce match. »

Dès l’avantage annoncé par l’arbitre, la routine s’est enclenchée, loin du tumulte provoqué par Maro Itoje :

« À partir du moment où j’ai vu l’avantage, j’ai dit à Toto « arrête de jouer, c’est bon. » La sensation ? C’est particulier, ce sont des moments où tu sais ce qui va se passer. Soit tu la passes et tu gagnes, soit tu ne la passes pas et tu ne gagnes pas. Donc voilà, ça m’a fait rire de me dire que ça allait se jouer sur un jeu au pied. Et voilà, ce sont des scénarios qu’on se fait 50 fois. Comme je disais, on s’amuse à faire des concours entre nous pour vivre ces moments-là. Et ce soir, encore une fois, c’est une pénalité qui restera gravée dans ma tête. »

Il précise sa stratégie face aux provocations :

« Elle est 40 mètres face au poteau, mais parfois 40 mètres face au poteau, au final ce n’est pas le plus facile. En fait, l’arbitre nous dit qu’il y a deux marques mais plus ça allait, plus il la décalait à droite et plus il la décalait à gauche. Après, il y a Itoje qui joue un peu au bluff aussi. Il dit quoi ? Je ne sais pas. J’ai essayé de me désintéresser un petit peu de tout ça pour rester dans ma bulle et dans ma concentration. J’ai laissé les gros bras gérer ça. Mais voilà, après, à partir du moment où Mathieu me donne le ballon et où William Servat m’apporte le tee, je sais ce que j’ai à faire. Et voilà, comme je dis souvent aussi, il faut faire abstraction du contexte. Aujourd’hui, je suis très heureux de toutes les années où j’ai travaillé avec un préparateur mental ou je me suis entraîné avec des jeunes et j’ai fait plein de concours avec eux. Je pense que sur des moments comme ça, ça joue aussi. »

L’ADN des buteurs

Ramos lève également le voile sur ce qui anime les tireurs d’élite, confirmant son échange après-match avec des légendes du poste :

« On ne redoute pas ce moment-là. Maintenant que je l’ai mise, c’est toujours plus facile de dire ça. Non, on ne le redoute pas. Je ne vais pas dire qu’on l’attend, mais au fond de nous, quand je dis nous, ce sont les buteurs en général, je pense qu’on l’espère. J’ai eu la chance de croiser Johnny Wilkinson et Dan Biggar après le match. Dimitri Yachvili aussi. Dimitri m’a dit qu’il aurait aimé la taper à ma place. Et les deux autres m’ont aussi dit que c’est le genre de coups de pied qu’ils rêvent de taper et qu’ils rêvaient de taper à l’époque. Donc voilà, je pense qu’à ce moment-là, les buteurs, on est tous animés par la même chose. C’est prendre son ballon, se mettre dans sa routine et puis taper. Mais sur le moment, ça m’a fait rire parce que je me suis dit que le tournoi allait se jouer à ça. C’est fou. On n’est jamais sûr de soi. Je pense que ce qui est important aussi dans ces moments-là, c’est la confiance qu’ont mes coéquipiers. Donc forcément, ça me donne aussi moi de mon côté de la confiance puisque je me dis OK les mecs croient en moi, je sais que je suis capable de la mettre. »

Le geste de la pénalité

Interrogé sur le geste technique pur à la 80e minute, malgré la fatigue accumulée, Ramos insiste sur la lucidité nécessaire :

« J’avais envie de bien traverser mon ballon. C’était la seule chose que je m’étais dit, de bien traverser le ballon. C’était la 80e minute, il y a un peu de fatigue. Je sais que j’ai la puissance à cette distance-là. Mais surtout pour bien réussir à ce moment-là, il ne faut surtout pas le forcer, donc essayer d’être relâché le plus possible. »

Pour conclure, le Toulousain mesure l’importance de ce coup de pied dans sa carrière :

« Oui elle aura une place particulière. Après le match, Louis Bielle-Biarrey m’a dit : « Tu m’en as mis deux du même endroit en finale de Top 14. Tu avais intérêt de me la mettre ça. » Oui, tu en rêves forcément de ces pénalités. Parce que tu t’entraînes aussi pour ça. Parfois, tu mets 50 points et ta transformation n’a aucun intérêt, si ce n’est pour tes stats personnelles. Alors que là, tu sais que c’est un match et un titre qui se jouent sur ça. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

8 Commentaires

  1. jean 15 mars 2026 at 13h- Répondre

    Ramos LE boss

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  2. Le gaulois 15 mars 2026 at 13h- Répondre

    Si il l avait loupé, qu est-ce qui l aurait pris dans la gueule !!!

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    • Yo83 15 mars 2026 at 14h- Répondre

      Je ne pense pas, le score du match ne repose pas sur lui… après c’est sûr que sur les réseaux sociaux il n’y a pas que des lumières. Ce qui m’interpelle surtout c’est presque 100 encaissés en 2 matches.

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  3. Eric 15 mars 2026 at 13h- Répondre

    Et il dit . » Aujourd’hui, je suis très heureux de toutes les années où j’ai travaillé avec un préparateur mental  » très intéressant cette information de la part d’un grand buteur.
    Important cet aspect mental car le physique en fait devient une routine.
    Je viens a mon propos car je pense qu’il manque cette fonction de préparateur mental dans l’organigramme du Rct.
    C’est pourtant un aspect fondamental de la réussite collective.
    Eric
    Pilou PIlou

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    • Guillaume 83200 15 mars 2026 at 18h- Répondre

      OK avec vous il y a une piste à creuser en effet

    • Sam 16 mars 2026 at 09h- Répondre

      Je pense également que c’est un secteur essentiel. Faut aussi comprendre que les joueurs ne sont pas des machines et qu’ils encaissent des coups tous les week-ends. Je me souviens d’une interview d’Harinordoquy qui disait que souvent, le lendemain du match, il n’arrivait même plus à monter les escaliers, et juste profiter de sa famille.
      Quand on voit l’état de santé d’un Chabal également aujourd’hui …

      On leur demande toujours plus, d’être performants, toujours au top et on les descend, surtout sur les réseaux, au moindre faux pas.

  4. messieursàdixmètres 15 mars 2026 at 16h- Répondre

    J’ai surtout aimé la gueule qu’ a tiré Pollok le roi de la branche, surtout entre le contraste du dernier essai anglais entre les poteaux, ce gamin sautait comme un cabris , et faire la nique aux français, , et les sentiments de désespoir quand la beuse a défloré les poteaux donnant la victoire aux Bleus. Moments que j’ai savouré malgré l’angoisse jusqu’ aux cris de joie de toute la France…

  5. Bougnatix 15 mars 2026 at 18h- Répondre

    Je n’aurai pas critiqué Ramos s’il l’avait loupée . C’est tellement un grand buteur aux nerfs d’acier , il nous a tellement sauvé la mise d’ailleurs si le 10 anglais met les siennes on perd . Je suis pas fan du personnage mais quel grand joueur , c’est bien de l’avoir avec nous . Merci à lui .