Très remontés par une phrase maladroite de Louis Carbonel, les Lyonnais n’ont pas réussi à renverser le Stade Français

Très remontés par une phrase maladroite de Louis Carbonel, les Lyonnais n’ont pas réussi à renverser le Stade Français

Le dimanche 27 septembre 2026 à 19:50 par David Demri

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Quelques mois avaient passé, mais la petite phrase de Louis Carbonel n’avait visiblement pas été oubliée à Lyon. Après le 59-17 infligé au LOU en fin de saison dernière, l’ouvreur du Stade Français avait estimé que son équipe aurait probablement souffert face à « une grosse équipe ».

Des mots qui, selon L’Équipe, n’avaient pas plu aux Lyonnais. Ceux-ci revenaient pourtant à Paris dans un tout autre statut ce week-end : leaders, invaincus et avec 14 points pris sur 15 possibles. Mais après trente premières minutes convaincantes, tout s’est effondré pour les hommes de Karim Ghezal (31-10).

Le contexte avait complètement changé entre les deux confrontations.

Lors de la 23e journée de la saison dernière, le Stade Français avait écrasé Lyon 59-17. À cette époque, le LOU traversait une période compliquée et occupait la 11e place.

C’est après cette démonstration que Louis Carbonel avait prononcé une phrase qui allait rester dans les mémoires Lyonnaises.

« Si on avait affronté une grosse équipe, je pense qu’on aurait galéré »

Le Stade Français cherchait alors à atteindre les phases finales et son ouvreur estimait que la prestation Parisienne, malgré l’ampleur du score, n’aurait probablement pas suffi face à un adversaire du haut du tableau.

Louis Carbonel avait alors lâché :

« Si on avait affronté une grosse équipe, je pense qu’on aurait galéré. »

Selon L’Équipe, cette déclaration n’avait pas plu aux Lyonnais et était encore présente dans les esprits avant leurs retrouvailles avec Paris.

Il ne s’agissait pourtant pas, dans l’esprit de Carbonel, de manquer de respect au LOU. Son propos constituait davantage un constat sur le niveau du Stade Français à ce moment de la saison. Lyon, alors englué à la 11e place, ne faisait simplement pas partie des cadors du Championnat.

Mais quelques mois plus tard, la situation avait radicalement changé.

Lyon revenait à Paris en leader invaincu

Cette fois, difficile de ne pas considérer le LOU comme l’une des équipes en forme du début de saison.

Avant de monter à Paris, les Lyonnais étaient seuls invaincus après trois journées, avec trois victoires et 14 points récoltés sur 15 possibles.

Et pendant une demi-heure, ils ont joué comme tels. Les hommes de Karim Ghezal ont pris les commandes pour mener 10-0. Ils n’avaient alors été sanctionnés qu’une seule fois. Puis tout a basculé.

Lyon a commis quatre fautes avant la pause et permis au Stade Français de revenir à 10-5. La tendance s’est poursuivie dès la reprise avec un essai de Jeremy Ward donnant l’avantage aux Parisiens (12-10).

L’indiscipline Lyonnaise est ensuite devenue impossible à contenir : 14 fautes au total, auxquelles se sont ajoutés deux cartons jaunes coup sur coup pour Baptiste Couilloud à la 56e minute puis Beka Saghinadze à la 59e.

Juan Scelzo a immédiatement sanctionné cette infériorité numérique avec un essai à la 61e, avant celui de Thibaud Motassi huit minutes plus tard. Lucas Peyresblanque a définitivement alourdi l’addition à la 79e.

Score final : 31-10.

« On a craqué dans le bras de fer »

Une lourde défaite que Guillaume Marchand estimait pourtant plus sévère que la physionomie réelle de la rencontre.

Le talonneur Lyonnais regrettait surtout la manière dont son équipe avait progressivement cédé :

« C’est frustrant, le score ne reflète pas l’intensité et l’envie de l’équipe. On a craqué dans le bras de fer, mais on n’a pas à rougir. »

Julien Puricelli identifiait de son côté très clairement le principal problème.

« Dans les intentions, l’engagement, on est là, mais nous avons été trop indisciplinés. Les deux cartons ne nous aident pas. »

Le Stade Français avait également réussi à faire évoluer son jeu pour mettre les Lyonnais en difficulté, en attaquant davantage autour des rucks et en augmentant considérablement la vitesse.

Théo Millet reconnaissait la domination Parisienne dans l’axe :

« On n’a pas forcément été surpris par ça. Mais quand vous n’avez plus le ballon, que vous perdez les collisions, c’est plus facile pour vos adversaires. Ils ont été dominants dans l’axe et ont su nous mettre à faute. »

Le Stade Français a changé de visage après la pause

Le coaching Parisien a également fait basculer la rencontre.

À la 49e minute, Paul Gustard a procédé à quatre changements simultanés avec les entrées de Jack Iscaro, Giorgi Melikidze, Juan Scelzo et Tani Vili.

Une minute plus tard, Paris obtenait sa première pénalité en mêlée fermée. Deux autres allaient suivre.

Ryan Chapuis reconnaissait également que son équipe avait retrouvé son identité après une première période plus compliquée.

Le troisième ligne expliquait :

« On s’était un peu perdu dans le plan de jeu. En seconde période, on a retrouvé un rugby plus dynamique, plus aéré. Ç’a payé. »

Le Stade Français est ainsi passé d’un retard de dix points à une victoire bonifiée 31-10.

Pour le LOU, l’invincibilité s’est donc arrêtée à Paris. Et quelques mois après le fameux 59-17, les Lyonnais sont repartis de la capitale avec une nouvelle lourde défaite face à l’équipe de Louis Carbonel.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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