Viol en réunion : Ce que l’on attend du procès en appel des anciens joueurs du FCG
Viol en réunion : Ce que l’on attend du procès en appel des anciens joueurs du FCG
Le mercredi 25 mars 2026 à 9:31 par David Demri
Publicité
C’est un second chapitre judiciaire qui s’ouvre ce mercredi 25 mars. Neuf ans après les faits survenus dans une chambre d’hôtel de Mérignac, trois anciens joueurs du FC Grenoble retrouvent les bancs d’une cour d’assises, cette fois à Angoulême.
Condamnés en première instance à Bordeaux pour le viol d’une étudiante, ils contestent aujourd’hui cette décision devant la cour d’appel de la Charente.
Un rappel des faits et des condamnations
L’affaire remonte à la nuit du 11 au 12 mars 2017. Après une lourde défaite contre l’UBB, un groupe de joueurs grenoblois avait rencontré Valentine (le prénom a été modifié), alors étudiante à Sciences-po, dans un bar de Bordeaux. La soirée s’était terminée dans la chambre d’hôtel des sportifs.
En 2024, le premier procès s’était conclu par des peines lourdes :
-
14 ans de réclusion criminelle pour Denis Coulson et Loïck Jammes.
-
12 ans de réclusion criminelle pour Rory Grice.
Deux autres joueurs, condamnés pour non-empêchement de crime à des peines de prison avec ou sans sursis, n’ont pas fait appel et ne sont donc pas concernés par ce nouveau procès.
Des versions qui s’affrontent toujours
Le cœur des débats reposera, comme en première instance, sur la question du consentement. La défense des rugbymen plaide la relation sexuelle consentie, s’appuyant notamment sur une vidéo des faits.
« Elle ne dort absolument pas et est archi active dans le rapport sexuel », soutient Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, contestant l’analyse d’un expert évoquant un « pilotage automatique » dû à l’ébriété.
À l’inverse, la partie civile décrit une scène sordide subie par une jeune femme incapable de s’opposer. « Notre cliente n’a pas les yeux ouverts, et ne parle pas », rétorque Me Grégoire Mouly, l’un des avocats de la victime.
Une autre vidéo, montrant la jeune femme traînée sur le parking de l’hôtel dans un état de détresse manifeste, avait lourdement pesé lors du premier jugement.
Un huis clos et des enjeux majeurs
Valentine, aujourd’hui âgée de 30 ans et devenue magistrate, a demandé que les débats se tiennent à huis clos. Un choix motivé par la nécessité de se protéger psychologiquement et de préserver sa carrière professionnelle.
« Il va être difficile de concevoir que deux personnes soient condamnées pour ne pas avoir empêché un crime dont trois autres seraient acquittés », estime Me Gaessy Gros via Le Parisien, l’un des avocats de Valentine, aujourd’hui âgée de 30 ans.
Comme en première instance, elle et ses conseils vont demander la tenue des débats à huis clos, accordé de droit aux victimes de viol par la justice. « Elle a conscience que ce huis clos protège les accusés, mais elle n’a pas la force d’assumer un procès en public, poursuit son conseil. Au vu de sa profession, ça serait également très compliqué pour sa carrière. »
La défense avait tenté d’obtenir un dépaysement du dossier hors de la région, arguant de la proximité de la victime avec le milieu judiciaire local, mais cette demande a été rejetée.
Le procès doit durer huit jours, jusqu’au 3 avril. Les trois accusés jouent gros : en faisant appel, ils s’exposent à une confirmation de leur peine, à un acquittement, mais aussi à une possible aggravation de leur condamnation, risquant jusqu’à 20 ans de prison ferme.
0 Commentaire

