Image par défaut

Affaire de viol : La première audience a terminé à 22h30 !

Affaire de viol : La première audience a terminé à 22h30 !

Le jeudi 26 mars 2026 à 9:47 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT

Publicité

Le procès en appel des anciens rugbymen du FC Grenoble a débuté sous une certaine tension. Condamnés pour viol en réunion lors du premier jugement, Denis Coulson, Rory Grice et Loïck Jammes font face à la Cour d’Assises d’Angoulême depuis ce mercredi 25 mars. Cette entame a été marquée par une audience fleuve qui ne s’est achevée qu’à 22 h 30, après avoir été retardée par un incident de procédure concernant la liste des jurés.

Maître Victoria Nauche, avocate de la victime, a souligné l’intensité des débats via Midi Olympique :

« Ce fut une journée très longue, mais on s’y attendait un peu. En appel, les débats sont souvent longs et nourris et cet incident de procédure explique le retard pris par l’audience. »

Pour cette nouvelle étape judiciaire, la défense a sorti l’artillerie lourde avec l’arrivée de ténors du barreau, dont Jean-Yves Le Borgne.

La défense mise tout sur l’innocence et l’absence de contrainte

L’examen des personnalités a occupé l’essentiel de cette première journée, mais les lignes de défense se dessinent déjà.

Maître Denis Fayolle, nouveau conseil de Rory Grice, a clairement annoncé la couleur :

« Nous plaidons pour un homme qui clame son innocence depuis la première heure de sa garde à vue. Nous demanderons donc l’acquittement. Ce n’est pas un dossier caricatural ni manichéen. Le rôle de chacun doit être examiné avec précision. S’agissant de monsieur Grice, il est question de quelques minutes, et ce sont ces éléments précis qui seront au cœur des débats ».

De son côté, l’avocate de Denis Coulson, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, s’appuie sur l’état d’ébriété général de la soirée pour contester toute notion de force :

« Tous étaient alcoolisés et ne l’ont jamais contrainte à rien, c’est toute la difficulté du dossier ».

La défense compte notamment sur une vidéo de 55 secondes filmée lors des faits, censée montrer une jeune femme active et coordonnée, affirmant avec force : « Ceci n’est pas l’affaire Pelicot. »

Le huis clos : Un rempart ou une stratégie ?

La plaignante, aujourd’hui âgée de 30 ans, a de nouveau obtenu le huis clos pour protéger son intimité. Une mesure qui, selon ses avocats, pèse sur son moral après neuf années de procédure. « La dizaine de jours qui s’annoncent vont être intenses, » a prévenu Maître Gaessy Gros.

L’avocat bordelais porte d’ailleurs un regard critique sur ce silence imposé par la loi :

« Je vais vous dire les choses franchement. Notre cliente, elle en a marre parce que ça fait 9 ans qu’elle subit cette procédure. Et 9 ans, c’est presque un tiers de sa vie. Elle a 30 ans, notre cliente. »

Il estime par ailleurs que « ce huis clos protège davantage les accusés que notre cliente du point de vue de l’opinion publique, puisque ça permet également de laisser ce qui se dit dans l’enceinte judiciaire, dans le feutré de cette même enceinte judiciaire et ensuite de dire un petit peu ce qu’on veut dans la presse. »

Une victime face à une épreuve « éprouvante »

Pour Victoria Nauche, l’enjeu des prochains jours sera de confronter la réalité des faits à la fragilité de sa cliente.

« Notre cliente est là, avec nous et on sent que cette audience sera éprouvante pour elle. Cette affaire, c’est quelque chose qui pèse énormément sur son existence. Et dans les jours qui viennent, on va s’y plonger de façon très concrète. »

Le procès doit déterminer si les accusés étaient en mesure de percevoir l’éventuelle inconscience de la jeune femme lors de cette nuit tragique.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

0 Commentaire