« À Bayonne, on a essayé de m’enterrer » : Teiva Jacquelain règle ses comptes
« À Bayonne, on a essayé de m’enterrer » : Teiva Jacquelain règle ses comptes
Le lundi 14 septembre 2026 à 22:37 par David Demri
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Quatre ans après son dernier match professionnel, Teiva Jacquelain n’a toujours pas digéré la manière dont son aventure à Bayonne s’est terminée. L’ancien ailier du Rugby Club Toulonnais estime avoir été écarté sans véritable justification malgré des performances convaincantes.
Recruté par Yannick Bru, le joueur originaire de Tahiti avait participé à la remontée de l’Aviron en Top 14. Bayonne avait décroché le titre de Pro D2 un an après avoir perdu son barrage d’accession contre le Biarritz Olympique.
Tout bascule après le changement de staff
Le départ de Yannick Bru et l’arrivée d’un nouvel encadrement ont profondément modifié la situation de Jacquelain. Dès ses premiers échanges avec Grégory Patat et Gerard Fraser, l’ailier affirme avoir senti que sa place était fragilisée.
Des blessures à son poste lui avaient néanmoins permis de commencer la saison. Jacquelain estime alors avoir livré les meilleures performances de sa carrière professionnelle, notamment lors d’un premier match forcément particulier à Toulon.
La situation bascule brutalement après une victoire obtenue à Jean-Dauger. Convoqué dans le bureau de Grégory Patat, le joueur s’attend à recevoir une nouvelle positive concernant son avenir. Le manager lui annonce finalement qu’il ne correspond pas au projet de jeu.
Lors d’un entretien accordé à itsrugby, Teiva Jacquelain raconte comment tout a basculé du mauvais côté :
« Une fois dans le bureau, il me dit que je ne rentre pas dans le plan de jeu. Je ne m’y attendais absolument pas. Quand tu es mauvais sur le terrain, tu le sais. Tu n’as besoin ni d’un coach, ni des médias, ni des supporters pour te le dire. Là, ce n’était pas le cas. J’ai vraiment pris un coup sur la tête, d’autant que c’était flou comme justification, et que c’était faux. »
Des comparaisons avec Cheslin Kolbe
L’ancien Toulonnais affirme avoir ensuite vécu des échanges particulièrement difficiles avec le staff. Selon son récit, Grégory Patat lui expliquait régulièrement que certains joueurs se trouvaient devant lui dans la hiérarchie.
Il cite notamment le nom de Victor Hannoun, qui ne comptait alors aucune apparition chez les professionnels. Gerard Fraser aurait, de son côté, comparé les performances et les objectifs de Jacquelain à ceux de Cheslin Kolbe, malgré des profils très différents.
L’ailier considère que ces remarques avaient pour effet de le fragiliser.
« Il a souvent essayé de me briser comme ça. Je me disais qu’il se trompait et je restais positif. Mais quand tu n’as plus le soutien de ton coach, tu finis par pédaler dans le vide. »
Jacquelain assure avoir continué à travailler et à se montrer irréprochable. Un autre membre de l’encadrement serait même venu régulièrement lui rapporter ce qui se disait à son sujet afin de l’aider à traverser cette période.
« Je méritais mieux »
Le joueur de 32 ans estime que son investissement dans la remontée de l’Aviron aurait dû lui permettre d’obtenir davantage de considération. Il assure qu’il aurait accepté un rôle secondaire et une prolongation limitée à une saison.
Teiva Jacquelain livre un constat extrêmement dur sur la fin de son passage au club.
« À Bayonne, on a essayé de m’enterrer. Certaines personnes là-bas se reconnaîtront. J’ai beaucoup donné pour ce club. Je méritais mieux. J’ai fait partie de ceux qui ont redonné de la fierté à Bayonne après la défaite face à Biarritz, qui avait fait mal à toute la ville. On est remontés en Top 14, l’objectif était atteint. »
L’ailier aurait notamment accepté de participer aux rotations ou de disputer la Challenge Cup sans réclamer une place de titulaire :
« Si le club n’avait pas besoin de moi en tant que titulaire, je l’aurais compris et je n’aurais pas fait de vagues, mais s’il avait besoin de faire tourner l’équipe, en Challenge Cup par exemple. Je trouve ça triste. »
Selon lui, une grande partie des joueurs ayant permis au club de retrouver l’élite ont ensuite été poussés vers la sortie. Cette rupture continue aujourd’hui d’alimenter sa volonté de revenir chez les professionnels.
Jacquelain veut désormais transformer cette profonde amertume en force.
« J’étais une graine qui a continué à pousser tout ce temps, même si ça ne se voyait pas. Aujourd’hui, mes racines sont solides, elles sont énormes. Je suis très revanchard, j’ai faim de réussir. »

