Affaire Aramburú : Comment les caméras ont filmé une véritable « traque de commando » en plein Paris
Affaire Aramburú : Comment les caméras ont filmé une véritable « traque de commando » en plein Paris
Le jeudi 19 mars 2026 à 15:38 par David Demri
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Quatre ans après l’assassinat de Federico Martín Aramburú, l’image d’une simple rixe nocturne qui aurait dégénéré vole en éclats.
Les éléments de l’enquête, basés sur la vidéosurveillance et des témoignages inédits, dessinent le contour d’une expédition punitive méthodique menée par deux militants d’extrême droite dans les rues de la capitale.
Le journal Sud-Ouest révèle des précisions très importantes quant à l’assassinat de Federico Martin Aramburu.
Un acharnement qui dépasse la bagarre de bar
Tout commence devant le bar Le Mabillon, sur le boulevard Saint-Germain. Si les coups sont échangés, c’est l’attitude de Loïk Le Priol qui frappe les témoins par sa violence verbale et sa détermination.
« Mon attention a particulièrement été attirée par l’un des protagonistes qui semblait vraiment déterminé. Il hurlait et insultait un seul individu », raconte Mathilde, une riveraine.
Elle rapporte avoir entendu plus de quinze fois l’insulte « pute » ainsi que des menaces de mort explicites : « ta mère la pute, je vais te retrouver ».
Alors que les vigiles interviennent, le duo ne décolère pas. Le Priol va jusqu’à exhiber un brassard de police et manipuler le barillet de son arme devant un agent de sécurité pour l’intimider. Sa rage est froide, calculée : « Pourquoi vous les avez laissés partir, on voulait les niquer », lance-t-il aux employés du bar alors que les deux rugbymen ont déjà quitté les lieux en taxi.
La traque : un mode opératoire de « commando »
Ce qui suit n’a plus rien d’une dispute fortuite. Après une concertation de quatre minutes, Le Priol se lance à la poursuite d’Aramburú et de son ami Shaun Hegarty. Son comportement, capté par les caméras, trahit son passé militaire.
« Tel un commando, arme à la ceinture, l’ancien militaire arrête sa course à chaque intersection du boulevard Saint-Germain pour regarder discrètement dans la rue, avant de repartir en courant ».
Pendant ce temps, Romain Bouvier patrouille en voiture avec Lyson Rochemir, la compagne de Le Priol. Ils finissent par intercepter les deux sportifs à la sortie d’un hôtel où ils étaient venus chercher des glaçons pour soigner leurs blessures.
Deux tireurs, six balles et une exécution
Le drame se joue en deux temps, avec une violence rare :
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Le premier assaut : Romain Bouvier descend de la Jeep et fait face à Aramburú. À seulement quatre mètres, il vide son pistolet de type poivrière. « Fede » est touché au flanc et à la cuisse.
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L’assaut final : Alerté par les détonations, Le Priol rapplique. Après un corps-à-corps au sol et malgré l’intervention de Shaun Hegarty, il sort son Colt New Pocket et tire six fois.
Face aux juges, les versions des tireurs tentent de minimiser l’intention : Bouvier affirme avoir voulu « viser le sol » par peur, tandis que Le Priol invoque un « réflexe » lié à un stress post-traumatique.
« Ce n’est pas une simple bagarre qui a mal tourné »
Pour les parties civiles, l’analyse des faits ne laisse place à aucun doute sur la préméditation. Maître Yann Le Bras, avocat de la famille Aramburú, souligne le caractère exceptionnel de cette traque : « Là, il y a eu une concertation entre les tireurs, puis une chasse à l’homme. C’est rare. C’est aussi très rare d’avoir deux armes et deux tireurs qui vident leur chargeur à bout portant ».
L’avocat de Shaun Hegarty, Me Christophe Cariou-Martin, abonde dans ce sens : « Le fait que Federico et Shaun soient partis après la bagarre aurait normalement dû apaiser les tensions. »
Au lieu de cela, le duo a choisi la poursuite systématique, transformant une altercation nocturne en un crime qui sera jugé aux assises du 7 au 25 septembre prochain.
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perpète c’est des tueurs