Clermont prépare une révolution : 60 % de son équipe professionnelle formée à l’ASM d’ici 2030

Clermont prépare une révolution : 60 % de son équipe professionnelle formée à l’ASM d’ici 2030

Le jeudi 3 septembre 2026 à 13:58 par David Demri

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L’ASM Clermont ne veut plus simplement sortir ponctuellement quelques pépites de son centre de formation. Depuis l’été 2025, le club auvergnat a mis en place une stratégie beaucoup plus ambitieuse : parvenir, à l’horizon 2030, à constituer 60 % de son effectif professionnel avec des joueurs passés par sa formation. Un an après le lancement du projet, les premiers résultats sont déjà particulièrement encourageants.

Sur les 45 éléments qui composent actuellement le groupe professionnel élargi, 21 sont issus de la formation clermontoise, soit environ 47 %. Et derrière eux pousse une génération championne de France Espoirs qui a déjà commencé à se faire une place auprès de Christophe Urios.

Une dizaine de jeunes ont déjà découvert les professionnels

La saison dernière a considérablement accéléré le processus. Une dizaine de jeunes Clermontois ont disputé leurs premières rencontres chez les professionnels, parfois à la faveur des nombreuses blessures rencontrées par l’équipe première.

Mais ils ont surtout su profiter des opportunités offertes.

Yoann Jendrzejczak, directeur du centre de formation, reconnaît dans les colonnes de La Montagne que leur arrivée aussi rapide n’était pas forcément programmée :

« La conjoncture de l’équipe professionnelle, avec le “jeu des blessures”, a fait qu’ils ont pu frapper à la porte. Christophe leur a fait confiance et ils ont su saisir cette chance. On ne s’attendait pas à ce qu’ils soient aussi nombreux à découvrir le monde pro dès la saison dernière, même si on savait qu’on avait des jeunes qui avaient été champions de France Crabos l’année d’avant, qu’un certain nombre d’entre eux avaient représenté l’ASM dans les équipes de France jeunes et que ce sont des garçons qui ont toujours été dominants dans leur catégorie d’âge. On savait donc que le potentiel était là, mais on ne savait pas quand est-ce que cela allait s’enclencher. »

Les Frisach, Ez Zahouany, Michaux, Veschambre, Vermeulen, Montilla, Frier ou Guillaud ont désormais un autre défi : confirmer.

Pour certains, le staff attend même davantage qu’une simple apparition occasionnelle.

Deux joueurs doivent notamment devenir de véritables membres de la rotation cette saison :

« Cette année, Mathéo Frisach fait partie des trois piliers gauches de l’effectif professionnel. Il a deux ans d’expérience en Top 14, il sort d’une solide Coupe du monde U20 avec l’équipe de France. Maintenant, il doit franchir un cap. Même s’il n’a découvert le Top 14 que l’an dernier, Axel Guillaud est un peu dans le même cas parce que ça fait deux ans qu’il fréquente le groupe pro. Cette année, ils doivent faire partie de la rotation. »

Clermont planifie ses besoins jusqu’à sept ans à l’avance

Pour atteindre les fameux 60 %, l’ASM ne se contente pas d’observer ses Espoirs.

Le club a créé un « plan de succession » sur sept années glissantes, allant des moins de 14 ans jusqu’aux moins de 21 ans. L’idée consiste à anticiper très tôt les besoins futurs de l’équipe professionnelle.

Aurélien Rougerie explique comment ce système influence désormais le recrutement :

« Cela nous permet d’avoir une vision globale et assez précise de chaque catégorie d’âge du club et donc d’identifier les carences que l’on pourrait avoir à certains postes plus tard chez les pros. En ce sens, on peut déjà commencer à cibler notre recrutement chez les plus jeunes. »

Le travail ne porte pas uniquement sur les postes ou les qualités rugbystiques. Clermont cherche également à identifier ses futurs leaders dès les moins de 14 ans, avec notamment l’intervention du préparateur mental Antoine Couhert et des différents staffs de jeunes.

Une méthode qui a particulièrement marqué Christophe Urios.

Le manager de l’ASM considère ce travail sur le leadership comme une force considérable :

« Il y a vraiment un gros travail effectué par Antoine Couhert et les staffs des équipes jeunes. Notamment autour des leaders. Tous nos leaders sont identifiés dès les moins de 14 ans. On suit leur évolution, on les accompagne. Et ça, je ne l’avais jamais vu ailleurs. Quand tu arrives à avoir des leaders forts, à des postes clés et qui, en plus, sont issus de ta formation, il ne peut rien t’arriver. »

Reste ensuite à leur ouvrir réellement la porte. L’ASM entend donc intégrer son plan de succession à sa politique de recrutement afin de ne pas bloquer artificiellement ses meilleurs jeunes.

Rougerie insiste sur cette nécessité de leur laisser une véritable perspective :

« Il faut qu’on montre la voie aux générations qui vont suivre. Ce plan de succession ne doit pas être un cul-de-sac et ne jamais aboutir à l’équipe première. On ne fait pas de promesses, mais en tout cas on se doit de faire de la place aux jeunes quand elle doit être faite. »

Plusieurs nouveaux noms pourraient ainsi émerger cette saison. Matthieu Palmier a déjà obtenu du temps de jeu pendant la préparation face au Stade Français.

Mais l’une des principales attractions de l’été a été Yanis Brosset. À seulement 18 ans, l’ailier avait déjà participé au titre des Espoirs en étant surclassé la saison dernière. Il a surtout frappé fort durant la préparation avec trois essais et des qualités de vitesse particulièrement impressionnantes.

Entre les jeunes qui doivent désormais intégrer la rotation et ceux qui commencent seulement à frapper à la porte, Clermont dispose déjà d’une base solide pour tenter de faire passer la part de joueurs formés au club de 47 % aujourd’hui à 60 % en 2030.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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4 Commentaires

  1. Patvil34 3 septembre 2026 at 14h- Répondre

    On forme de très bons jeunes maintenant à l’ASM, c’est un tournant très positif mais il va falloir élaborer aussi un plan pour les conserver quand ils performent à haut niveau.

    • Dranix 3 septembre 2026 at 15h- Répondre

      D’où l’intérêt d’instaurer dans le règlement une mesure selon laquelle les salaires des joueurs formés au club ne seraient pas intégralement comptabilisés dans le sc (par exemple 50%)
      Mais quelqu’un a-t-il au moins fait un jour cette proposition parmi nos têtes pensantes du rugby ?

  2. Trollo 3 septembre 2026 at 14h- Répondre

    Complètement illusoire s’ils veulent maintenir une équipe compétitive sur tous les postes.

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    • Danslaverte 3 septembre 2026 at 15h- Répondre

      Revenons à un championnat 100% tourné vers la formation française et on verra beaucoup moins de turnover. 2 non JIFF par club maxi, un budget global plafonné à 20 M€ pour tous les clubs et là il n’y aura plus besoin de mécènes pour renflouer, plus besoin de surenchère, etc… mais ça c’est utopique et infaisable dans cette course en avant…