Comment le CERS est devenu la référence de la rééducation dans le rugby

Comment le CERS est devenu la référence de la rééducation dans le rugby

Le dimanche 9 août 2026 à 18:24 par David Demri

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Chaque saison, des centaines de sportifs professionnels franchissent les portes du Centre Européen de Rééducation du Sportif (CERS) de Capbreton. Véritable référence en France et en Europe, l’établissement accueille près de 3 200 patients par an, dont environ 250 joueurs issus du Top 14 et de la Pro D2. Ici, l’objectif n’est pas simplement de guérir une blessure, mais de permettre aux sportifs de retrouver leur meilleur niveau.

Anthony Jelonch, Léo Banos, Marceau Marzullo, Joshua Brennan ou encore Mathis Castro-Ferreira font partie des Toulousains qui y poursuivent actuellement leur rééducation.

Une approche qui dépasse largement le simple soin

Au CERS, la blessure n’est jamais traitée uniquement sous l’angle médical.

Dès leur arrivée, les sportifs bénéficient d’un programme entièrement personnalisé élaboré par une équipe composée de médecins, kinésithérapeutes, préparateurs physiques, psychologues, diététiciens et spécialistes de la réathlétisation.

Le médecin de Rééducation Fonctionnelle et du Sport, Éric Laboute, résume cette philosophie via Midi Olympique :

« Le médecin pilote le projet thérapeutique avec le patient. Nous prenons en charge le sportif dans sa globalité. »

L’aspect psychologique occupe désormais une place essentielle.

Le spécialiste insiste d’ailleurs sur son importance dans la récupération.

« Nous avons montré scientifiquement l’importance des facteurs psychologiques dans la récupération. Aujourd’hui, nous accompagnons le sportif aussi bien sur le plan physique que mental. »

Le véritable secret du CERS n’est pas la technologie

Le centre dispose pourtant d’équipements de pointe : AlterG, Biodex, VertiMax, pressothérapie ou encore appareils isocinétiques.

Mais, pour son directeur Vincent Delcros, la différence se situe ailleurs.

Selon lui, la réussite du CERS repose avant tout sur les femmes et les hommes qui accompagnent les sportifs.

« Bien sûr, nous utilisons des technologies de pointe (…) mais l’innovation, c’est avant tout l’humain. Nous avons des équipes compétentes qui travaillent ensemble avec un seul objectif : faire revenir les patients le plus vite possible, mais surtout dans les meilleures conditions de sécurité pour éviter les rechutes. »

Aujourd’hui, la majorité des prises en charge concernent d’ailleurs la réathlétisation, alors que le centre était historiquement davantage tourné vers le post-opératoire.

Une intensité qui surprend même les internationaux

Les journées sont particulièrement exigeantes.

Durant plusieurs heures, les joueurs alternent mobilité, renforcement musculaire, travail spécifique lié à leur blessure, cardio puis récupération.

Anthony Jelonch, qui effectue déjà son quatrième séjour à Capbreton après son opération de l’épaule, connaît parfaitement le fonctionnement du centre.

Le troisième ligne toulousain retrouve un environnement qu’il apprécie malgré la difficulté des séances.

« C’était la deuxième journée ici pour moi. Marcelo a été un peu dur, mais c’est ce qu’on aime ici. On est là pour ça. Je commence à connaître les lieux et j’aime toujours autant y revenir. Les rééducations se passent toujours super bien et ça nous change de notre quotidien de club même si on en bave. »

Même ressenti chez Léo Banos.

Le Toulousain ne cache pas la difficulté des séances imposées par Marcelo Pereira da Costa.

« Ce matin, on en a bavé avec Marcelo. Il nous pousse dans nos retranchements, mais c’est le but. Personne n’a vomi… on a juste tout donné. »

Marceau Marzullo partage ce constat.

Pour le jeune joueur rouge et noir, cette exigence constitue la meilleure façon de revenir rapidement au plus haut niveau.

« Les entraînements sont assez intensifs, forcément on en bave un petit peu. Mais c’est le but pour revenir en forme et au meilleur niveau. »

La force du groupe accélère aussi la reconstruction

Au CERS, la rééducation se fait rarement seul.

Les sportifs travaillent quotidiennement ensemble, quel que soit leur club ou leur discipline. Une proximité qui crée naturellement une forme d’émulation.

Maxime Larbaigt observe que cette dynamique profite directement à la progression des joueurs.

« Le fait de travailler en groupe crée une vraie émulation. Il y en a toujours un qui entraîne les autres. Quand l’un est un peu moins bien, il suit le rythme du groupe. Ils discutent de leur métier, de leurs difficultés, de leurs réussites entre sportifs de différents horizons. Ça les aide énormément. »

Anthony Jelonch joue naturellement le rôle de grand frère auprès des plus jeunes.

Marceau Marzullo apprécie particulièrement son expérience.

« Il nous donne quelques petits tuyaux sur certaines choses. C’est pas mal d’être avec lui. »

Dupont, Jelonch… des réussites devenues des références

Les équipes du CERS ont accompagné de nombreux internationaux au cours des dernières années.

Parmi leurs plus grandes satisfactions figure le retour express d’Anthony Jelonch avant la Coupe du monde.

Maxime Larbaigt garde ce souvenir comme l’un des plus marquants.

« Une de nos plus grandes fiertés a été de remettre Anthony Jelonch sur pied pour qu’il puisse disputer la Coupe du monde après sa blessure au genou. C’est un énorme travailleur. »

Le passage d’Antoine Dupont a également laissé une forte impression.

Éric Laboute se souvient d’un joueur totalement investi dans sa reconstruction.

« Antoine Dupont, lorsqu’il est venu en 2018, était entièrement concentré sur sa récupération. Il construisait son programme de rééducation avec la même détermination que lorsqu’il joue au rugby. »

Au CERS, les rugbymen ne viennent donc pas uniquement soigner une blessure. Ils y reconstruisent progressivement leur corps, leur confiance et, souvent, la suite de leur carrière.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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