Deylaud réagit au départ de Ramos et confirme les problèmes du Stade Toulousain avec le Salary Cap

Deylaud réagit au départ de Ramos et confirme les problèmes du Stade Toulousain avec le Salary Cap

Le jeudi 6 août 2026 à 19:48 par David Demri

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Le départ de Thomas Ramos vers le Racing 92 continue de faire réagir les anciennes figures du Stade Toulousain. Contraint de quitter le club en 1999 après avoir marqué l’histoire des Rouge et Noir, Christophe Deylaud estime toutefois que les deux situations n’ont rien de comparable.

L’ancien ouvreur évoque également le rôle du salary cap et reste convaincu que Toulouse saura rebondir.

« Le rugby d’aujourd’hui n’est plus le même »

Pour Christophe Deylaud, le transfert de Thomas Ramos s’inscrit avant tout dans l’évolution du rugby professionnel.

L’ancien international rappelle dans Midi Olympique que les joueurs disposent aujourd’hui d’opportunités qui n’existaient pas à son époque :

« C’est le rugby d’aujourd’hui. Les joueurs sont dans un club et peuvent basculer assez rapidement vers autre chose, avec d’autres moyens. Il dit que c’est un nouveau défi… On peut le considérer comme ça, mais tout le monde n’est pas dupe. On sait que ce nouveau défi n’est pas attractif uniquement sur le plan sportif : il l’est aussi sur d’autres plans. Il est peut-être plus avantageux pour une fin de carrière, même si Thomas est encore jeune. »

Une comparaison qu’il refuse totalement

Depuis l’annonce du départ de Ramos, certains ont établi un parallèle avec celui de Christophe Deylaud à la fin des années 1990.

L’ancien numéro 10 balaie cette idée.

Selon lui, les contextes économiques sont incomparables :

« Pour les contrats à la baisse, je ne sais pas. En tout cas, il ne faut pas comparer avec ce que j’ai vécu il y a presque trente ans. Nous, on touchait une misère, malgré tous nos titres, et même par rapport à ce que proposaient les autres clubs français. Aujourd’hui, les joueurs sont millionnaires. Nous, on travaillait à la mairie. Il n’y a donc rien de comparable. »

« Je suis parti de moi-même »

Christophe Deylaud tient également à revenir sur les circonstances de son propre départ.

Contrairement à Thomas Ramos, il assure que l’argent n’a jamais été au cœur de son choix.

Il raconte les tensions qui avaient fini par provoquer son départ :

« Quant à mon cas personnel, les choses n’ont vraiment rien à voir : mon départ à Agen n’avait rien à voir avec une question financière. Ce départ était lié aux tensions qui existaient avec Guy Novès. Deux mois avant que ces prétendues histoires ne se déclenchent, c’est vrai, Guy Novès m’avait proposé d’entraîner à ses côtés. Puis, les aléas d’une saison et les complications d’un groupe ont fait qu’il fallait un bouc émissaire. On a voulu mettre en opposition Guy Novès et Christophe Deylaud en pensant que Novès allait virer Deylaud. Mais il n’y a pas eu besoin de me virer : je suis parti de moi-même. »

L’ancien Toulousain rappelle d’ailleurs qu’il avait déjà arrêté sa carrière lorsqu’il a finalement rejoint Agen.

Il poursuit :

« C’est dans un deuxième temps que Christian Lanta m’a contacté pour rejoindre Agen. Je rappelle d’ailleurs qu’il m’avait déjà sollicité auparavant, quand il entraînait Trévise, pour que je joue et que j’entraîne avec lui. »

Le salary cap a forcément pesé

S’il refuse la comparaison avec son propre parcours, Christophe Deylaud estime malgré tout que les difficultés financières du Stade Toulousain ont largement influencé le dossier Thomas Ramos.

Pour lui, le contexte actuel a facilité cette séparation :

« Bien sûr. Il ne faut pas être naïf. L’histoire du Salary Cap a posé des problèmes, et aujourd’hui, ça oblige le Stade à dégraisser. Les deux parties ont sauté sur l’occasion pour passer à autre chose. »

Il imagine également que Ramos a reçu certaines garanties pour la suite de sa carrière.

L’ancien ouvreur explique :

« Je suis Toulousain : je serais resté au Stade s’il n’y avait pas eu ces problèmes. Les circonstances ont fait que l’on ne m’a pas conservé, car on a créé cet incident diplomatique avec Guy Novès. Guy est tombé dans le panneau, alors que j’étais le seul à le soutenir. Mais j’ai toujours dit que j’étais Toulousain, et non stadiste. Je suis né à Toulouse, j’ai joué au Stade, mais au Stade, je n’étais que de passage. Dans ce club, on a notre temps à faire, et moi, je l’avais fait. Pour en revenir à Thomas Ramos, il a peut-être l’ambition d’entraîner. Mais pour l’instant, il est dans le présent. Et je pense qu’on a dû lui proposer certaines choses. »

Toulouse saura rebondir

Malgré l’importance de Thomas Ramos dans les succès récents des Rouge et Noir, Christophe Deylaud ne se montre pas inquiet pour l’avenir du club.

Il salue le recrutement réalisé par le Racing tout en rappelant la capacité du Stade Toulousain à renouveler ses générations :

« Oui, c’est un meneur. Je pense que le Racing ne se trompe pas en le recrutant, mais je pense aussi que le Stade s’en remettra. Les jeunes issus de la formation ou les nouvelles recrues le remplaceront, comme on a tous été remplacés. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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