« J’espère que ça va s’arrêter là, qu’il n’y aura rien d’autre », un Toulousain dépité par les blessures à répétition
« J’espère que ça va s’arrêter là, qu’il n’y aura rien d’autre », un Toulousain dépité par les blessures à répétition
Le mercredi 17 juin 2026 à 10:37 par David Demri
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À l’approche des phases finales du Top 14, Pierre-Louis Barassi a accepté de revenir sur une saison marquée par plusieurs alertes liées aux commotions cérébrales.
Le centre du Stade Toulousain ne cache pas que cette situation a parfois été difficile à vivre, même s’il assure avoir retrouvé toutes ses sensations.
Le Toulousain explique dans Midi Olympique avoir traversé des périodes plus compliquées cette saison.
« Oui, ça se passe bien pour moi. Une saison, c’est comme une carrière et comme une vie. Il y a des hauts, il y a des bas. Il y a des moments où on est un peu moins vigilant, d’autres où on l’est un peu plus. C’est compliqué de garder cette constance. Mon objectif, et je dirais même que c’est mon métier, c’est d’être toujours aussi motivé, de bosser toujours autant pour que de belles choses arrivent. Pour cette équipe et pour moi. »
Si son niveau de jeu n’a jamais réellement été remis en cause, les blessures ont une nouvelle fois freiné son élan.
« Avant, dans ma carrière, c’est souvent le corps qui m’a freiné. Aujourd’hui, c’est la tête. J’espère que ça va s’arrêter là, qu’il n’y aura rien d’autre. Moi, je suis concentré tous les jours pour ça. Je travaille au quotidien pour donner le meilleur et que ça se passe du mieux possible. »
Sa sortie prématurée lors du huitième de finale de Champions Cup contre Sale a forcément ravivé certains souvenirs.
« Non, j’ai rapidement senti que ce n’était pas grand-chose, cette fois. Mais forcément, ça interroge. Ça frustre même, parce que j’aurais aimé pouvoir aider l’équipe dans la campagne européenne, pour ce huitième de finale et aussi lors du quart de finale à Bordeaux. »
L’élimination européenne reste d’ailleurs un véritable regret pour l’international français.
« Oui. Et ça, pour moi, c’est une grande frustration, notamment parce qu’on s’est aussi arrêté en demi-finale de Champions Cup l’an dernier. J’aurais vraiment voulu participer à cette épopée européenne si elle s’était mieux passée. Mais bon, c’est mon histoire. J’ai aussi un passé qui est le mien… Et je sais que gagner quelque chose, que ce soit une Champions Cup ou un Brennus, c’est incroyable. Je me lève tous les matins pour ça. »
Désormais, toute son attention est tournée vers le championnat.
« Oui, c’est le grand objectif. Le seul, en fait. »
Un travail spécifique pour éviter une rechute
Pour limiter les risques, Pierre-Louis Barassi a mis en place un programme de travail adapté.
« Il y a plein de choses à faire. Mais cela relève davantage de l’extra-rugby, avec beaucoup de renforcement cervical, pas mal de travail neurocognitif aussi. »
Un travail qu’il effectue chaque semaine, même s’il reconnaît ne pas y prendre beaucoup de plaisir.
« Non, c’est hebdomadaire. Chaque semaine. Bon, j’avoue que ce sont des trucs que je n’aime pas du tout faire (sourire). Mais je sais que je n’ai pas le choix. Si je ne veux pas me refaire mal et surtout si je veux avancer dans les meilleures dispositions, il faut se renforcer et être sérieux sur cet aspect. »
Aucune appréhension sur le terrain
Malgré les commotions à répétition, le centre toulousain refuse de modifier son engagement.
« Honnêtement, je n’ai pas trop d’appréhension. Mais, vous savez, mon jeu, c’est de m’engager justement. Je pense que c’est la raison pour laquelle je n’ai pas vraiment d’appréhension. Si je ne m’engage plus à 100 %, je ne serai plus le même joueur. »
Pour lui, cette agressivité fait partie intégrante de son identité de joueur.
« C’est ce volet-là de mon rugby qui m’a amené où je suis aujourd’hui, qui m’a permis d’être le joueur que je suis devenu. Je suis conscient que, si je venais à être un peu moins concerné sur ce plan, cela serait très compliqué pour moi de réaliser de bonnes performances. Donc, je ne me pose pas trop cette question. »
Un retour en Bleu qui a fait du bien
Après cette période délicate, son retour en équipe de France durant le Tournoi des Six Nations lui a apporté beaucoup de satisfaction.
« Franchement, j’ai vraiment apprécié que l’on me fasse confiance. Après, c’est triste pour Nico parce qu’il s’est blessé en Écosse et je pense qu’il aurait logiquement dû démarrer le dernier match contre l’Angleterre. »
Le Toulousain y voit même une forme de clin d’œil du destin.
« Quelque part, c’est un petit clin d’œil de la vie puisque, l’an dernier, j’avais fait tout le Tournoi titulaire et je me suis blessé pour le dernier match. Là, j’ai réintégré l’aventure en cours de route et j’ai commencé la dernière rencontre. J’étais assez content du chemin… Certains ne sont pas faciles et là, j’ai quand même traversé un truc compliqué. »
Une trajectoire cabossée qui a renforcé son caractère.
« Oui. Parfois, il faut aller chercher les choses. Je crois que j’ai la tête dure. Et quand je me mets quelque chose dans le crâne, en général, je fais tout pour y arriver. Au moins, je n’ai aucun regret. »
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