La nouvelle règle qui entre en vigueur ce week-end représente un véritable calvaire pour les arbitres du Top 14
La nouvelle règle qui entre en vigueur ce week-end représente un véritable calvaire pour les arbitres du Top 14
Le mardi 3 novembre 2026 à 22:44 par David Demri
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Une nouvelle règle va entrer en application dès ce week-end en Top 14 et en Pro D2. World Rugby a décidé d’interdire le plaquage pivotant, une technique particulièrement dangereuse qui a provoqué plusieurs blessures graves ces derniers mois. Si cette mesure destinée à protéger les joueurs fait globalement consensus, son application suscite déjà des interrogations. Clément Poitrenaud, entraîneur de l’attaque du Stade Toulousain, redoute notamment des difficultés importantes pour les arbitres.
Cette interdiction intervient en pleine saison, alors que les joueurs et les staffs techniques doivent rapidement adapter leurs habitudes. Au-delà de la volonté de réduire les risques de blessures, la question de l’interprétation des gestes pourrait devenir un véritable sujet de débat lors des prochaines journées de championnat.
Clément Poitrenaud prévient les arbitres
Le plaquage pivotant consiste notamment, pour un défenseur poursuivant un adversaire, à le saisir par derrière avant de laisser tomber son poids sur les membres inférieurs du porteur de balle.
Cette technique peut exercer une pression importante sur les articulations, particulièrement les genoux et les chevilles, et provoquer des blessures sérieuses.
Clément Poitrenaud soutient le principe d’une réglementation plus stricte, mais s’interroge sur la capacité des officiels à distinguer les gestes délibérément dangereux des situations accidentelles.
L’entraîneur toulousain accueille favorablement cette mesure tout en adressant un avertissement aux arbitres :
« Mais bon courage pour arbitrer ça. »
Il explique que certaines actions pourraient donner lieu à des interprétations différentes selon les circonstances :
« Certaines situations seront difficiles à arbitrer parce qu’elles seront soumises à interprétation. »
Cette difficulté pourrait notamment apparaître lorsque le défenseur perd l’équilibre ou se retrouve entraîné dans la chute de son adversaire sans avoir volontairement cherché à exercer une pression sur ses articulations.
Des gestes dangereux, mais parfois involontaires
L’ancien international français estime qu’il sera essentiel de différencier les plaquages volontairement dangereux des situations dans lesquelles les joueurs ne peuvent plus réellement contrôler leurs mouvements.
Une distinction qui pourrait s’avérer délicate à effectuer en temps réel, même avec l’assistance de la vidéo.
Clément Poitrenaud insiste sur la complexité de certaines situations de jeu et sur les difficultés auxquelles les arbitres seront confrontés :
« Il y a des plaquages volontairement faits pour blesser, qui peuvent être vraiment très dangereux. Il y en a d’autres où les joueurs se retrouvent dans ces situations et ne peuvent malheureusement pas forcément faire autrement. […] Ce sera arbitré, mais cela risque d’être très difficile pour les officiels. »
L’entraîneur du Stade Toulousain ne remet donc pas en cause la nécessité de protéger les joueurs, mais souligne les difficultés pratiques que pourrait entraîner cette nouvelle réglementation.
Plusieurs blessures graves à l’origine de l’interdiction
La décision de World Rugby intervient après plusieurs incidents ayant entraîné des blessures importantes.
L’ailier néo-zélandais Leroy Carter a notamment été victime d’un plaquage de ce type face à l’Australie, au moment où il inscrivait un essai. Blessé lors de cette action, le joueur des All Blacks a dû subir une intervention chirurgicale et devrait manquer plusieurs mois de compétition.
Ces blessures ont renforcé la volonté des instances internationales de limiter les gestes susceptibles de provoquer des lésions importantes aux membres inférieurs.
Clément Poitrenaud rappelle d’ailleurs la gravité des conséquences observées ces derniers mois :
« Il y a eu de très graves blessures. »
Quelles sanctions pour les joueurs ?
World Rugby a précisé au début du mois d’octobre que le plaquage pivotant serait désormais sanctionné au minimum d’une pénalité.
Mais les modalités exactes d’application avaient suscité des interrogations au sein de l’arbitrage français.
Mathieu Raynal, responsable de la cellule haute performance de l’arbitrage, avait notamment regretté le manque de précisions disponibles au début du mois d’octobre :
« À ce jour (9 octobre, NDLR), nous n’avons pas reçu de cadre suffisamment précis sur les sanctions attendues pour ce type de plaquage. »
Cette incertitude pourrait compliquer l’harmonisation des décisions, notamment lorsqu’il faudra apprécier le caractère volontaire ou non d’un geste.
Une entrée en vigueur en pleine saison qui interroge
Le calendrier choisi par World Rugby constitue une autre source d’interrogation.
Habituellement, les modifications importantes des règles sont introduites pendant l’intersaison ou à l’occasion de la fenêtre internationale estivale, afin de laisser aux joueurs et aux entraîneurs le temps de s’adapter.
Cette fois, l’interdiction entre en application alors que les championnats de Top 14 et de Pro D2 sont déjà bien engagés.
Les défenseurs devront immédiatement modifier certains gestes techniques, notamment leur placement, leurs appuis et la manière dont ils accompagnent le porteur de balle au sol.
Un changement d’autant plus important que ces plaquages étaient encore autorisés lors des rencontres disputées le week-end précédent.

