« Même en Afrique du Sud, des Ramos il n’y en a pas beaucoup » : Vincent Moscato impressionné par le Toulousain

« Même en Afrique du Sud, des Ramos il n’y en a pas beaucoup » : Vincent Moscato impressionné par le Toulousain

Le samedi 7 novembre 2026 à 8:45 par David Demri

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Le XV de France pourrait présenter un visage offensif sensiblement différent face aux Fidji. En l’absence de Thomas Ramos, remplacé à l’arrière par Théo Attissogbe, l’organisation habituelle des Bleus devrait évoluer. Dans le Super Moscato Show, le journaliste Julien Landry, Vincent Moscato et Denis Charvet ont analysé les conséquences tactiques de ce changement. Et selon eux, Antoine Dupont pourrait notamment retrouver un rôle beaucoup plus important dans l’animation offensive française.

Depuis plusieurs saisons, le système offensif du XV de France repose notamment sur la présence d’un deuxième ouvreur capable de prendre le relais de Romain Ntamack. Thomas Ramos et Matthieu Jalibert ont régulièrement occupé cette fonction depuis le poste d’arrière. Mais avec Théo Attissogbe, dont le profil est différent, le staff tricolore devra trouver d’autres solutions.

« On verra nettement plus Antoine Dupont animateur »

Dans le Super Moscato Show, Julien Landry a détaillé l’évolution du système offensif français entre les deux mandats de Fabien Galthié.

Le journaliste rappelle que le rôle d’Antoine Dupont a considérablement évolué dans l’organisation des attaques tricolores :

« Au début du premier mandat de Fabien Galthié, l’équipe de France attaquait avec Antoine Dupont. Il portait le ballon et il avait autour de lui trois porteurs de balle : l’attaque en tank. L’animation s’enchainait ensuite avec l’intervention du 10. Depuis le deuxième mandat de Fabien Galthié, l’équipe de France attaque avec une importance capitale pour le 10 et Dupont plus passeur. Autour du 10, il y a une cellule de quatre joueurs avec option intérieur, extérieur, à hauteur ou dans le dos. »

Dans cette organisation, le joueur positionné à l’arrière joue également un rôle essentiel pour assurer la continuité des mouvements offensifs.

Julien Landry explique pourquoi la présence d’un deuxième ouvreur constitue un élément important du dispositif français :

« Quand Ntamack se retrouve bloqué, l’animation suivante était souvent pilotée par Ramos ou Jalibert qui ont le numéro 15 mais qui ont le rôle de deuxième ouvreur, eux qui ont été formés à ce poste avec un vrai rôle de suppléant. Pour comprendre l’importance de ce rôle, l’année dernière contre l’Angleterre, Ramos avait fait cinq fois plus de passe que son homologue anglais. »

Théo Attissogbe possède un profil très différent

La titularisation de Théo Attissogbe à l’arrière devrait donc obliger les Bleus à modifier certaines habitudes.

Contrairement à Thomas Ramos, le joueur palois n’a pas été formé au poste d’ouvreur et possède davantage un profil d’ailier ou d’arrière capable de faire des différences ballon en main.

Julien Landry estime que cette particularité pourrait conduire Antoine Dupont à reprendre davantage de responsabilités dans la construction du jeu :

« Mais Théo Attissogbe ne fait pas vraiment cela en club. Il n’occupe pas ce poste de 10. Il joue parfois ailier et arrière mais il n’a pas la formation de 10. Patrick Arlettaz a d’ailleurs annoncé qu’il allait falloir s’adapter avec la présence d’Attissogbe à l’arrière. Donc contre les Fidji, on verra nettement plus Antoine Dupont animateur avec des cellules différentes dans l’animation offensive et avec de la variation dans le jeu. »

« Même en Afrique du Sud, des Ramos il n’y en a pas beaucoup »

Vincent Moscato partage ce constat, tout en rappelant le caractère exceptionnel du profil de Thomas Ramos.

Pour l’ancien international français, il serait difficile de demander à Théo Attissogbe de reproduire exactement les mêmes mouvements que le Toulousain.

Vincent Moscato souligne la rareté des qualités de Thomas Ramos, tout en estimant que les Bleus doivent apprendre à fonctionner autrement :

« Ramos, il n’y en a pas beaucoup d’équipes qui ont Ramos. Même en Afrique du Sud, des Ramos il n’y en a pas beaucoup. Donc il faut s’habituer avec un autre de la même façon si Ramos n’est pas là. Peut-être pas aussi bien mais il le ferait quand même. »

L’ancien talonneur imagine notamment une animation davantage tournée vers les qualités de franchissement du jeune arrière.

Il propose une autre manière d’utiliser Théo Attissogbe dans le dispositif offensif :

« Ou alors avec Attissogbe, un mec qui rentre avec des appuis, qui te fait gagner 15 mètres, qui reconstruit ensuite une cellule derrière et Ntamack qui relance le jeu ensuite. L’animation en attaque, c’est attaquer, faire des passes, te positionner de manière dangereuse, soit en rentrant soit en balançant une sautée. Tu n’es pas obligé de faire des passes. Nous, on cherche tout de suite le deuxième ouvreur en faisant des passes alors que pas forcément, ça peut aussi être un joueur d’impact. »

« Il a les qualités pour faire des différences »

Denis Charvet se montre également confiant concernant la capacité de Théo Attissogbe à s’intégrer dans cette organisation.

L’ancien trois-quarts centre du XV de France estime que le jeune joueur dispose des qualités nécessaires pour apporter une dimension différente à l’attaque tricolore.

Denis Charvet considère que Romain Ntamack et Théo Attissogbe peuvent trouver de nouvelles solutions offensives malgré l’absence de Thomas Ramos :

« Romain Ntamack est un grand attaquant. Je pense qu’Attissogbe va s’adapter. Ca ne sera pas exactement comme avec Ramos, ce sera un peu plus dans le désordre, mais il a les qualités pour faire des différences. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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