Patrick Arlettaz en roues libres : « On fait au pif, on met tous les noms dans un chapeau et puis, hop, on en tire deux, trois noms »
Patrick Arlettaz en roues libres : « On fait au pif, on met tous les noms dans un chapeau et puis, hop, on en tire deux, trois noms »
Le mardi 3 mars 2026 à 20:35 par David Demri
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Le moins que l’on puisse dire, c’est que Patrick Arlettaz n’a pas perdu son sens de la répartie. À quelques jours d’un déplacement à Murrayfield qui s’annonce aussi bouillant que décisif, l’entraîneur de l’attaque des Bleus a abordé la conférence de presse avec une franchise et une pointe d’humour qui font du bien.
Voici une synthèse.
Un effectif au complet après une trêve salvatrice
Les nouvelles sont rassurantes sur le plan médical. Les cadres qui avaient inquiété le staff avant la pause sont désormais opérationnels.
Concernant l’état de Moefana, Depoortere et Jalibert, Arlettaz a été laconique :
Ils vont très bien. Ils ont suivi l’entraînement normalement, sans souci (ce mardi). Tout s’est bien passé, je ne peux pas vous en dire plus…
Sur le plan physique et mental, cette coupure a été bénéfique pour régénérer le groupe, l’entraîneur insistant sur le fait que :
L’énergie est essentielle dans notre sport, encore plus dans ce type de compétition.
Écosse : Un défi de taille et un jeu « latin »
Pour Arlettaz, pas question de tomber dans le piège de la facilité.
Il voit en cette équipe d’Écosse une formation capable de tout, soulignant leur profil atypique :
Ils aiment tenir le ballon, ils ont une paire de centres de haut niveau (Sione Tuipulotu et Huw Jones) et Blair Kinghorn apporte beaucoup d’incertitudes. On les qualifie parfois de plus latins des Anglo-Saxons, avec un jeu offensif et peu stéréotypé.
Il réfute d’ailleurs l’idée qu’il y ait des « pièges » particuliers, préférant parler d’obstacles à franchir avec vigilance face à une équipe qui joue le titre.
La gestion des centres et le « champignon » tricolore
C’est sans doute le moment le plus savoureux de l’interview.
Interrogé sur le choix cornélien des centres — un poste longtemps en pénurie et désormais saturé de talents — Arlettaz a ironisé sur le processus de sélection :
On fait au pif, on met tous les noms dans un chapeau, on prend une main innocente et puis, hop, on en tire deux, trois, suivant ce qu’on veut faire sur la feuille de match…
Il a poursuivi avec une image mémorable sur l’abondance actuelle des joueurs :
On a eu pendant un petit moment une pénurie à ce poste-là. Là, c’est comme les champignons : parfois vous n’en trouvez pas un et puis le lendemain, il en pousse partout, même sous votre lit. Parfois même sur les pieds, mais c’est plus désagréable !
Jeu aérien et la gestion des « stars »
Sur le plan tactique, Arlettaz reste exigeant.
S’il est satisfait des pourcentages de gain en touche, il a été très clair sur la manière de capter les ballons :
Les claquettes, j’aime ça à la plage, pas au rugby.
Enfin, sur l’imbroglio tactique que pourrait représenter la charnière à trois (Dupont, Jalibert, Ramos), il a préféré l’humour noir pour souligner l’importance capitale de son capitaine :
Antoine ne nous sert à rien, que dalle. Maintenant qu’on a Matthieu et Thomas, on est emmerdés, il est en plein milieu !
Une manière comme une autre de rappeler que le numéro 9 des Bleus reste, de l’avis de tous, un atout dont il cherche encore les limites.
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