« Si on est fatigués pour une demie, il ne fallait pas monter dans l’avion ! » balance Patrice Collazo
« Si on est fatigués pour une demie, il ne fallait pas monter dans l’avion ! » balance Patrice Collazo
Le vendredi 19 juin 2026 à 8:30 par David Demri
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À la veille de retrouver le Stade Toulousain en demi-finale du Top 14 au stade Vélodrome, Patrice Collazo a affiché une confiance mesurée mais assumée. Le manager du Racing 92 refuse toute idée de lassitude et estime que son groupe est prêt pour relever l’immense défi qui l’attend face au triple champion de France en titre.
Collazo ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme à l’idée de retrouver Toulouse dans un tel contexte.
« Si ça, c’est pas la classe, alors, qu’est-ce qu’il faut de plus ? », sourit-il. « C’est toujours le même sentiment. C’est sûr qu’on est très contents d’être en demie. Et comme je l’ai dit, on est très contents d’affronter le Stade Toulousain aussi. »
Durant la semaine, les Franciliens ont surtout travaillé sur eux-mêmes et sur les détails stratégiques.
« L’énergie, on la garde pour le match. Après, on s’est concentrés sur nous, comme on fait depuis de nombreux mois maintenant. Et après, on a fait beaucoup de technique, beaucoup de stratégie. Sachant qu’après, au vu de l’adversaire qu’on joue, qui a quand même une palette assez large, on ne peut pas tout voir. En plus, c’est une semaine qui est assez courte, donc on a été à l’essentiel. On a senti des joueurs qui étaient déjà focus sur le match. »
Le Racing refuse toute forme de surconfiance
Malgré une série de victoires convaincante, le manager francilien assure que son équipe garde les pieds sur terre.
« Non, on n’est pas en surconfiance. On sait où on met les pieds demain. On sait contre qui on joue. On va surtout essayer d’être nous-mêmes, d’être en adéquation avec ce qu’on a fait ces derniers temps. Tenir compte aussi de tout ce qu’on a traversé toute la saison. Quand on arrive dans le money time, c’est souvent la synthèse de tout ce qu’on a fait de bien, de moins bien, de très bien. Donc on va essayer d’être le plus précis possible, mais il faut surtout être soi-même et ne rien inventer. »
Interrogé sur les résultats obtenus récemment face aux Toulousains, Collazo refuse tout excès d’optimisme.
« On ne peut pas avoir la prétention de dire que l’on réussit face à Toulouse. Si on comptabilise tout, ce sont quand même des fossoyeurs. Donc, il ne faut pas s’emballer non plus. »
Puis il rappelle que les précédentes confrontations ne peuvent pas servir de référence absolue.
« Là, on est dans une autre config. Ils seront en formule inclusive. Il y aura tout le monde. Nous aussi, on aura tout le monde, donc j’espère qu’il y aura un beau match. Mais comme je l’ai dit, nous, d’où on vient, on ne sera jamais favoris. On s’est qualifiés en dernier, on est passés par les barrages, mais ce n’est pas un truc qui nous dérange. Au contraire, je trouve que ça nous arrange plutôt. »
« Quand Toulouse ferme les écoutilles, ça veut dire qu’ils se préparent »
Ces dernières semaines, certains observateurs ont évoqué une baisse de régime du leader de la saison régulière. Patrice Collazo n’adhère absolument pas à cette analyse.
« Ça, ce sont les médias qui ont dit ça. J’étais rassuré parce qu’ils ont refait surface un peu aujourd’hui dans les médias. Ça fait deux semaines qu’ils étaient dans les eaux profondes. Et pour connaître un peu la maison, quand ils ferment les écoutilles et qu’ils descendent en eaux profondes, ça veut dire qu’ils se préparent. »
Il poursuit :
« Je vous laisse interpréter la saison de Toulouse. Je n’ai pas la prétention de l’interpréter. Surtout, j’ai encore moins la prétention de dire qu’ils sont moins bons. Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont au rendez-vous des finales chaque année. Ils ont un taux de réussite sur les finales de 100 %. Quand ils jouent une finale, ils ne la perdent jamais. Donc on ne va pas avoir la prétention de dire qu’ils sont moins bons qu’avant ou un peu en dedans. »
Un attachement particulier à Toulouse
Ancien joueur du Stade Toulousain, Patrice Collazo conserve un lien fort avec le club haut-garonnais.
« J’ai fait trois saisons à Toulouse, quatre finales, ce n’est pas trop mal dans une carrière. C’est un club qui m’a marqué en tant que joueur et j’ai encore beaucoup d’affinités avec les personnes de ce club. J’ai plaisir à y retourner, Ugo m’a souvent invité aussi à venir passer des semaines pour échanger quand je n’étais pas en poste. »
Le manager francilien se réjouit également de retrouver le stade Vélodrome.
« Je suis content de revenir au Vélodrome. Pour moi, c’est l’un des plus beaux stades de France. Je trouve que c’est un endroit rêvé pour jouer au rugby, pour faire de grands matchs. À cet instant de la saison, c’est the place to be. »
Collazo balaie totalement la question de la fatigue
C’est sans doute le passage le plus marquant de son intervention.
Alors que le Racing dispute son troisième match couperet consécutif, Collazo refuse catégoriquement d’évoquer une quelconque usure physique.
« Il n’y a pas de fatigue, pas d’usure. Il n’y a rien. Si on est fatigués pour une demie, il ne fallait pas monter dans l’avion ! »
Le technicien détaille ensuite le travail effectué tout au long de la saison.
« On a managé les mecs avec le staff. On a de la chance d’avoir des responsables de pôle, que ce soit sur la haute performance et sur le médical, des personnes de très haut niveau qui ont un vécu de fou, qui connaissent les joueurs, qui connaissent les hommes. Plus l’expérience du staff. On n’a aucun joueur à 2 000 minutes. On a procédé à beaucoup de turnover. »
Avant d’ajouter :
« Je ne suis pas inquiet sur la fraîcheur et l’enchaînement des matchs qu’on a eus. C’est vrai qu’on est en mode phases finales. On a attaqué un peu en mode 32e ou 64e de finale. On est partis de loin, mais je n’ai pas senti de lassitude chez les joueurs. Je sens beaucoup d’impatience. Après, il faut gérer la charge émotionnelle. »
Enfin, Collazo conclut en rappelant que son équipe n’a pas l’intention de se préoccuper des statistiques.
« Nous, on n’est pas là pour déjouer les pronostics. On est là pour jouer, pour être nous-mêmes. C’est surtout ça. Il faut qu’on soit nous-mêmes et qu’on soit fiers de ce qu’on représente, qu’on soit fiers de ce maillot qu’on porte, c’est une certitude. Mais qu’on soit nous-mêmes demain, ça suffira. »
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