Les vérités de Vincent Etcheto sur son départ de Soyaux-Angoulême

Les vérités de Vincent Etcheto sur son départ de Soyaux-Angoulême

16 mai 2023 - 21:09

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Soyaux-Angoulême s’est maintenu en Pro D2 après une saison très compliquée.

C’est forcément un soulagement pour le manager Vincent Etcheto qui ne poursuivra pas sa mission la saison prochaine.

Interrogé via Midi Olympique, ce-dernier a exprimé son soulagement de laisser le club en Pro D2. Extrait:

« L’impression d’avoir accompli ma mission. Le président Didier Pitcho est venu me chercher à l’automne 2020 alors que le club était en crise. J’ai débuté en tant que consultant, et je suis ensuite passé manager alors que je n’en avais pas l’envie au départ. Mais comme je me plaisais au club, je suis tout de même resté trois saisons au sein du SAXV et avec ce maintien, je termine sur une excellente note. Monter de troisième division et se maintenir l’année qui suit en deuxième, c’est tout de même un exploit puisque ce n’était plus arrivé depuis 2018, c’était Provence Rugby à l’époque. »

Il précise ne rien avoir dit à ses joueurs à l’issue du dernier match. Extrait:

« Rien. On s’est tout dit sur la pelouse. Parfois, il n’y a pas besoin de mots. Il y a eu énormément d’embrassades après le coup de sifflet final. On s’est simplement rendu compte qu’on l’avait fait, tous ensemble. Avec Matthieu Ugalde, nous avions les larmes aux yeux puisque c’était notre dernier match à chacun au sein du SAXV. On ne pouvait pas finir tristement notre aventure en violet. Un peu plus tard dans la soirée, il y a eu quelques « cul sec » dans le bus et dans le bar d’Oyonnax qui a eu la gentillesse de nous accueillir. On n’a pas beaucoup parlé mais on a énormément chanté. C’était une vraie troisième mi-temps à l’ancienne. »

Il avoue avoir passé une saison assez délicate. Il explique pourquoi. Extrait:

« La pression, c’est le staff qui l’a. Il y a parfois le président qui appelle, par exemple… Notre période dans la zone rouge aura également agrandi les brèches qui existaient déjà au sein de l’encadrement technique.

On a souvent été en désaccord dans le staff, mais on a essayé de ne pas trop le montrer devant le groupe. Pour vous faire une image, c’était un peu comme lorsque deux parents se séparent, on ne le montre pas trop pour protéger les enfants. C’était un peu pareil. Je me suis trompé lors de la dernière intersaison en prenant un entraîneur des avants jeune mais qui n’est pour moi pas aguerri pour le Pro D2. De ce fait, cela a parfois été très difficile de travailler ensemble. »

Il explique s’être parfois disputé avec ses adjoints, lui qui a une vision du jeu assez particulière. Extrait:

« Partout où je suis allé, et partout où j’irai, j’essaierai d’apporter cette touche de folie. Le pragmatisme, ça m’ennuie donc je ne veux pas faire passer un message auquel je ne crois pas. Nous avons énormément souffert en conquête cette année donc je savais qu’en faisant des ballons portés, on n’y arriverait pas, en plus de s’emmerder. Je suis resté fidèle à ma philosophie et les joueurs m’ont facilement suivi. Ils ont pris du plaisir et savaient qu’à tout moment, on pouvait marquer un essai de quatre-vingts mètres. Ce style de jeu m’a parfois valu des engueulades avec mes collègues. Je n’ai pas voulu faire machine arrière en plein milieu de la phase régulière en réduisant notre volume de jeu et en jouant tous les ballons au pied. J’ai été têtu, peut-être, mais quitte à mourir, je voulais mourir avec mes convictions. On ne joue jamais trop. Parfois, on ne joue pas bien, mais on ne joue jamais trop. »

Une chose est sûre : il quitte le club. Extrait:

« Il y a quelques mois, j’avais déjà prévenu le président que je ne retournerais pas en Nationale. Je n’en avais simplement pas l’envie. Je ne voulais pas sacrifier les années d’entraîneur qu’il me reste, même si la Nationale est un très beau championnat. Une fois que j’avais expliqué mes intentions, j’aurais aimé que la direction me dise que si on restait en Pro D2, elle me gardait, chose qu’elle n’a pas faite. On m’a fait attendre jusqu’à ce que j’annonce mon départ. De plus, je souhaitais remanier mon staff en vue de la saison prochaine, avec notamment l’arrivée d’un entraîneur des avants au niveau et expérimenté, chose qu’on m’a refusée. Je ne suis pas un manager qui fait de la politique : ce qui m’intéresse, c’est le terrain, rien de plus. J’aurais aimé maîtriser le recrutement de A à Z, par exemple, ou la façon de gérer les plannings de l’équipe… Je ne voulais plus fonctionner dans l’à peu près. »

Il indique ne pas savoir de quoi sera fait son avenir. Extrait:

« Je ne sais pas. Après mon titre de champion de France de Pro D2 avec Bayonne (2020), je voulais couper pendant plusieurs mois. Pourtant, j’avais craqué dès que Didier Pitcho m’avait appelé pour venir au SAXV. Désormais, je ne ferme plus de porte. J’ai besoin de travailler, déjà. Je n’ai que 54 ans et l’âge du départ à la retraite a été repoussé… (il sourit) Et puis il faut écouter toutes les propositions. Quand je vois les parcours de Patrice Collazo, Jérémy Davidson ou encore Xavier Garbajosa, je me dis qu’on a tous droit à une seconde chance et une rédemption. Je suis parti de l’UBB après une qualification en Champions Cup, j’ai quitté Bayonne sur un titre de champion de France et là j’ai réussi à maintenir Soyaux-Angoulême en Pro D2. Je ne suis pas si pourri que ça. J’ai bien sûr encore des progrès à faire, mais le bilan n’est pas trop mal.

Mes deux agents savent depuis plusieurs mois que je veux changer d’air et je leur avais demandé de me mettre sur le marché. Me viennent aux oreilles des noms d’entraîneurs qui veulent travailler avec moi, d’autres qui ne veulent pas mais pour l’instant il n’y a rien de concret. Je ne suis pas forcément inquiet pour mon avenir dans le rugby. Et puis au pire, j’ai cotisé donc je serai chômeur. »

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